Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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JOUR DE DISTRIBUTION DES NOUVEAUX UNIFORMES À L'ÉCOLE DE NABAKISHALAY À SONATIKARI SUR L'ÎLE KULTALI - WEST BENGAL - INDIA - MARS 2024

jeudi 5 avril 2012

MEHARAJOT , UN VILLAGE AU FOND DU DÉSERT – ECOLES DE LA TERRE À JAISALMER ET DANS LE DÉSERT DU THAR !



CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,

Il m’a fallu parcourir 80 kilomètres pour atteindre Meharajot, l’un des 4 villages qui envoient ses enfants à « Uttam Aadarsh School », car tel est le nom de notre cinquième et dernier établissement scolaire construit par Ecoles de la Terre au Rajasthan ! En réalité, nous nous occupons des élèves depuis le mois de juillet 2010, et cela grâce à la bienveillance de quelques habitants de Meharajot qui, jusqu’en fin d’année dernière, nous ont mis à disposition 4 petites salles dans deux maisons toutes proches l’une de l’autre.



Nos élèves ont pu rallier le nouveau bâtiment en toute fin d’année dernière, alors même qu’il n’était pas complètement édifié. Il n’est guère aisé d’assurer la continuité d’une construction dans ces lieux isolés, délaissés de tout, abandonnés au sort de la solitude. Aujourd’hui, je peux estimer que l’école est construite à 90 %. Il ne reste que le toit de la véranda longeant le bâtiment, ainsi que le petit bureau de l’école, à terminer.



« Meharajot », ça « sonne » comme une belle pierre du désert, dorée au soleil ; ça sent le sable brûlant que les autochtones de cette région, bouillante entre avril et juillet, ont su dompter à leur façon. Sur place, je veux dire à en ces lieux, la sueur de la peau et sa moiteur présente en permanence me lèguent une transpiration d’une autre saveur, comme une sorte d’effluve salée, capiteuse, épicée par d’imprévisibles effets odorants d’un autre monde.



Hier mercredi 4 avril était un jour un peu spécial. Les élèves et leurs enseignants souhaitaient marquer ma visite. Ils organisèrent une sorte de post-inauguration qui fit d’ailleurs le bonheur de toutes et tous. J’ai goûté au partage « d’étrangers qui se connaissent bien » et qui se retrouvent à un moment de la vie, comme ça, seulement comme ça !



« Bref de trèfle », je veux seulement vous dire que Meharajot est un patelin que j’aime et que je vous présente aujourd’hui sous une facette un brin émotive, affective, un peu trop sensible, c’est sûr ! C’est bien la raison pour laquelle je terminerai ce Blog en vous donnant des infos un peu plus cartésiennes.



Uttam Aadarsh School accueille 130 enfants venant de 4 différents petits villages qui ont pour noms, Karada, Lala, Meharajot et New Karada. Le village le plus éloigné est celui de Lala, distant de 4 kilomètres de l’école.



En parlant distance, je vous dirai que l’un de nos enseignants fait à pieds 9 kilomètres pour atteindre Uttam School chaque matin, 18 kilomètres chaque jour. Avec l’acquiescement d’Abhishek, le responsable d’Ecoles de la Terre ici au Rajasthan, j’ai décidé aujourd’hui même de lui offrir une bicyclette ! « Elle est pas belle la vie ! » ; ici elle toute jolie ! Un « petit rien » peut prend une dimension presque gigantesque ! Une bicyclette neuve, ça coûtera ici moins de 50 francs suisses.



Quatre enseignants assurent notre programme scolaire à Meharajot que Narayan Singh, le principal de l’école, coordonne avec beaucoup de maîtrise et d’habileté. Au cours de cette année scolaire nous avons assuré les programmes de formation pour les niveaux des classes enfantines jusqu’au niveau 7. Et bonne nouvelle, nos élèves de niveau 7 pourront poursuivre leurs études chez nous durant la prochaine année scolaire en classe 8, car nous avons obtenu l’autorisation de pourvoir à l’enseignement de ce nouveau degré !



Chères Amies, Chers Amis, j’ai fait à saut de chameau le tour de présentation de notre école de Meharajot, Uttam Aadarsh ! C’est une Fleur dans le Désert que je suis « juste heureux » de vous avoir présentée ! Je sais que chez Vous en Occident c’est maintenant le temps de la naissance des « fleurs nature » ; ça a commencé par la perce-neige, il y a de cela un moment déjà. Ici c’est la perce-sable et elle tente de s’imposer, avec peine parfois, toute l’année !



Avec mon plus cordial message et mes vœux d’amour et d’amitié à la veille de ce week-end de Pâques, déjà bien lancé dans cette « Sainte Semaine » ! À bientôt !



Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE

mardi 3 avril 2012

CAMIJULI SCHOOL ET SES DEUX NOUVELLES ANTENNES, BANDHA ET MANJIBIGHA – BIHAR INDIA , MARS 2012

TRÈS CHÈRES AMIES, TRÈS CHERS AMIS,



C’est avec bonheur et enchantement que je vous présente, une fois de plus, Camijuli School, inaugurée dans le village d’Itra, à une trentaine de kilomètres de la ville de Gaya, le 31 janvier 2001. Elle est devenue davantage qu’une école ; c’est un véritable complexe scolaire que je vous présente aujourd’hui.



Nous fêtions donc ses 10 ans en début d’année dernière. Avec Rajesh, nous nous sommes dit que l’espace de notre bâtiment d’école se faisait de plus en plus petit, vu le nombre croissant de demande d’inscriptions. Ainsi nous est-il venu à l’idée de décentraliser l’enseignement pour les plus jeunes enfants dans certains villages bénéficiaires de nos services, au total ceux-là sont plus d’une dizaine.



Aujourd’hui, deux petites succursales de l’école principale fonctionnent et assurent déjà pour les premiers villages l’enseignement aux élèves des classes maternelle, enfantine et de niveau I ; il s’agit de l’antenne de « Bandha » et de celle de « Manjibigha ». Pour information, je signale qu’une troisième antenne est en voie d’ouverture à " Pachannma ". Ces 3 dernières appellations représentent en fait les noms de 3 villages bénéficiaires de notre école principale de Camijuli.



Décentraliser les classes des plus petits représente un premier avantage, celui de la distance, donc des déplacements quotidiens. Certaines agglomérations se situent à plusieurs kilomètres de Camijuli School, ce qui pour les plus jeunes représente un handicap certain. Il permet également de rapprocher l’école des villages et d’impliquer ainsi davantage ses habitants et les familles des élèves dans l’éducation de leurs rejetons. Enfin, l’augmentation constante du nombre de demandes d’immatriculation de la part des familles, nous permettra de mieux gérer et occuper l’espace de notre bâtiment central, Camijuli.



Notre objectif est d’ouvrir le nombre d’antennes nécessaires pour décentraliser l’enseignement de tous les jeunes enfants de ces villages pour les degrés de classe que je vous citais ci-dessus. Une antenne rassemblera en fait les jeunes élèves des communautés les plus rapprochées. Je pense que cette opération sera définitivement réalisée à la fin de l’année scolaire 2012-2013, soit en mars/avril de l’année prochaine. 4 à 5 antennes devraient suffire à couronner cette action de décentralisation.



Pour clore cette présentation générale, je compléterai en vous disant qu’à Camijulij School nous accueillons 760 élèves, à Bandha School 135 élèves et à Manjibigha School 156 élèves, soit un total pour l’année scolaire 2011-2012 de 1'051 élèves.



CAMIJULI, L’ÉCOLE PRINCIPALE



Elle comprend à ce jour comme vous le savez un effectif de 760 élèves, de 18 enseignants et de 2 auxiliaires. Elle dispose de 14 salles de classe, de 2 vérandas et d’une salle d’ordinateurs. Au cours de ces 11 dernières années, Camijuli a vu son nombre d’élèves s’accroître régulièrement. Tous les niveaux de classes y sont enseignés, soit jusqu’au niveau 10, moment où certains de nos élèves peuvent entrer au collège. Du fait que nous continuons de soutenir nos collégiens, ce dernier sujet devra donc faire l’objet d’un prochain Blog.



Camijuli, notre premier établissement « Ecoles de la Terre » au Bihar, est une sorte d’exemple dont nous essayons de généraliser son développement à l’ensemble de nos autres écoles. Je peux vous affirmer qu’il nous faut du temps et des circonstances favorables. Lorsque celles-ci sont assemblées, tout s’enchaîne favorablement ; les programmes de base fonctionnent et d’autres viennent s’y ajouter. Pour Camijuli School je citerai notre programme santé qui s’est développé à un tel point qu’un dispensaire y a été construit. Là aussi un prochain Blog est nécessaire pour le présenter. J’ajouterai encore nos sessions d’apprentissage à l’intention des jeunes filles des villages, les campagnes de planning familial, etc…



L’ANTENNE DE BANDHA SCHOOL



J’ai visité cette petite école en février et mars dernier et je suis tombé sous le charme d’une petite maison perdue dans la campagne où le chant des oiseaux s’entremêlait parfois aux clameurs et aux exclamations de nos plus petits élèves. Un vrai bonheur, un gros espoir aussi !



La raison de l’existence de Bandha School qui porte le nom du village où elle se trouve, vous la connaissez maintenant. Les 135 enfants sont répartis entre les classes suivantes, maternelle, enfantine I, enfantine II et classe niveau primaire I.



Trois enseignants assurent le fonctionnement de l’école. Le nombre d’élèves peut vous paraître énorme en rapport au petit nombre d’enseignants ; c’est en effet le cas, nos classes enfantines pouvant – je devrais dire devant – accueillir parfois près de 50 enfants, parfois davantage.



Il y a une chose inédite et particulière dont je tiens à vous parler au sujet de nos deux nouvelles antennes que sont Bandha School et Manjibigha School ; il s’agit de nos enseignants, de leur origine, de leur formation, de leur compétence. Mais comme je veux garder quelques mots inattendus pour vous présenter l’antenne suivante de Manjibigha, alors je vous en parlerai au chapitre qui suit.



L’ANTENNE DE MANJIBIGHA SCHOOL



Comme pour la précédente école, j’ai visité l’antenne de Manjibigha School en février et mars dernier. Si le village de Bandha n’est pas si éloigné de l’école centrale de Camijuli – environ 2 kilomètres – celui de Manjibigha l’est davantage, à savoir plus de 4 kilomètres.



Une toute petite maison cossue de la municipalité accueille en plein village 156 enfants et 3 enseignants. La véranda entourant le bâtiment est indispensable pour faire asseoir tout ce petit monde. Manjibigha est un village typique de la campagne biharie ; des animaux en pagaille allant de la volaille aux bovins animent la rue principale où nombre d’habitants affluent dès notre arrivée.



Vous allez me dire, quand va-t-il parler des enseignants ! J’y viens pour clore le présent Blog. Aussi bien à Bandha qu’à Manjibigha, un maître confirmé organise le programme scolaire; nous l’appelons ici le « principal ». Mais les 2 autres enseignants sont d’anciens élèves de Camijuli qui actuellement étudient au Collège. C’est la « trouvaille » que Rajesh responsable d’Ecoles de la Terre Bihar et moi-même avons dénichée. Les premiers résultats sont remarquables, pour ne pas dire admirables.



Nos collégiennes et nos collégiens savent bien "d'où ils viennent" et sont heureux d’enseigner aux plus petits ; ils sont proches d’eux et au bénéfice d’une pédagogie naturelle qui plaît aux enfants. Nos enseignants collégiens bénéficieront bien entendu d’un suivi pédagogique ; mais je peux d’ores et déjà vous dire que cette nouvelle approche, pour ne pas dire cette nouvelle formule, rencontre le plus vif intérêt chez tout le monde.



Chères Amies, Chers Amis, en amorçant ce Blog je ne savais pas vraiment par quel bout commencer ! J’espère seulement avoir su, ou pu, vous transmettre l’essentiel de ce qu’est aujourd’hui Camijuli School ainsi que ses deux antennes que sont Bandha School et Manjibigha School, deux petits bijoux perdus dans la campagne. Nous espérons et souhaitons développer cette nouvelle approche d’enseignement partout ailleurs où cela s’avérerait possible et souhaitable. Je vous remercie infiniment pour votre patience et votre soutien et je vous souhaite le meilleur dans votre doux printemps d’Occident.



Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE

dimanche 1 avril 2012

BAHERADI OU L’APPRENTISSAGE DE LA PATIENCE ET DE LA PERSÉVÉRANCE – UNE HISTOIRE À RACONTER !

BONJOUR À VOUS TOUTES ET TOUS, CHÈRES ET CHERS,



« Baheradi School » dont le bâtiment actuel fut inauguré au cours de l’année scolaire 2010-2011 est un bon exemple pour expliquer un engagement soumis à plein de pressions d'un milieu et d'une politique locale encore et toujours contaminés par cette indécrottable corruption, cette saleté qui gâche la vie des êtres humains.



Pour illustrer cela, il me faut vous parler de notre précédente école de « Nilamati » que nous ouvriions en avril 2005 pour quelques villages de la région de Mokari, situé à une quinzaine de kilomètres de Bodhgaya, en pleine campagne.



Le responsable du panchayat de Mokari – assemblée organisant la vie de plusieurs villages – nous mettait à disposition, à cette époque, un petit bâtiment à bien plaire, dans le but d’y organiser la nouvelle école qui allait accueillir les enfants des villages. Les débuts de nos activités à « Nilamati » furent plutôt limpides et l’organisation de l’école ne tardait pas à soutenir un rythme des plus satisfaisants.



Cependant, l’idylle et le bel accord pastoral n’allaient pas durer bien longtemps et nous nous rendions compte peu à peu qu’il s’agissait davantage d’un cadeau empoisonné qu'une belle et généreuse action sociale de la part du milieu. Le responsable et ses collègues vautours ne tardèrent pas nous crier famine et nous réclamer cadeaux et récompenses de tous ordres.



Sourds d’oreille durant les deux premières années scolaires, nous décidions toutefois de plier bagages au courant de la troisième, sachant bien que les intérêts des maîtres des lieux n’étaient qu’égoïstes et estampillés « corruption systématique ». Nous quittions ainsi ce malheureux endroit afin de nous établir ailleurs tout en voulant rester dans les environs, puisque les enfants de ces villages devaient bien poursuivre leur éducation.



Ce sont ces circonstances qui nous amenèrent à nous installer à quelques deux kilomètres de notre précédente école de « Nilamati » et d’y préparer l’implantation de la nouvelle école dont nous voulons vous parler aujourd’hui. Il s’agit de l’école de Baheradi, nom d’un des villages d’où viennent nos élèves de la région.



La première année à Baheradi - année scolaire 2008/2009 -fut parmi les plus austères et les plus laborieuses que nous avions connues depuis les débuts d’Ecoles de la Terre. Deux petites pièces servant de salle de classe dans une cabane en terre ne suffisaient bien évidemment pas à recevoir tous les enfants. Nous décidions ainsi de tenir classe sous l’immense arbre centenaire de la place jouxtant la cabane.



L’année suivante – 2009/2010 – allait être la dernière à vivre dans ces conditions. Grâce à mon ami William et à sa fondation, nous allions pouvoir acquérir un terrain à quelques centaines de mètres de Baheradi et surtout construire la nouvelle école que nous avons pu occuper au cours de l’année scolaire suivante.



Baheradi School compte aujourd’hui 210 élèves avec 4 salles de classe et 4 enseignants. Elle est toute jeune et demande forcément un peu temps afin d’être complètement organisée. Elle représente un peu le dénouement et l’aboutissement d’une histoire à la fois belle et douloureuse.



C’est malheureusement comme cela que ça se passe, lorsque les à peine lettrés du coin, « politicards » de surcroît, s’impliquent davantage dans l’arithmétique de leur porte-monnaie que dans les belles lettres de leur histoire ! Corruption, quand tu nous tiens, il faut bien se battre et sortir becs et ongles afin de faire valoir les droits les plus élémentaires, les droits humains, les droits des enfants !



Baheradi est aujourd’hui bien sur ses rails. Avec les responsables du Bihar, avec mes collègues de Genève, avec Vous je l’espère, je me dis bien que la patience et la persévérance sont à l’école ce que le sel est à la terre !



Au Bihar les 40 degrés sont de retour, juste salaire pour un classique baromètre d’avril. À Genève, le joyeux printemps semble avoir posé ses valises; je suis vraiment content pour Vous ! Les miennes viennent d’être déposées à Jaisalmer, aux portes du désert du Thar au Rajasthan. Le décompte du baromètre est à peu de chose près le même qu’au Bihar, 38 à 40 degrés !



Un peu décalé dans mes Blogs, comme vous le savez déjà, il me reste demain, lundi 2 avril, à vous présenter les dernières écoles du Bihar ; précisément, celle de Camijuli et de ses deux dépendances ! Vous verrez, c’est sympa et c’est une nouvelle trouvaille d’Ecoles de la Terre.



Chères Amies, Chers Amis, merci sincèrement de nous suivre. Puissiez-vous prendre un peu de bon temps, ou plutôt un autre temps, à lire ces aventures et épisodes d’un autre monde ! C’est toujours une plaisance et une aubaine que d’être le porte-parole de toutes celles et ceux qui travaillent pour les enfants d’Ecoles de la Terre.



Je vous adresse mon plus chaleureux message et je vous souhaite le meilleur dans votre vie. Que celle-ci vie vous bénisse de votre présence, douce et apaisée, mais à la fois gaie et enjouée !



Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE



NB : à l'exception des deux dernières photos de ce Blog, toutes les autres sont celles de mon séjour 2012 à Baheradi, petit village de la campagne biharie ! Martial