Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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JOUR DE DISTRIBUTION DES NOUVEAUX UNIFORMES À L'ÉCOLE DE NABAKISHALAY À SONATIKARI SUR L'ÎLE KULTALI - WEST BENGAL - INDIA - MARS 2024

samedi 14 mars 2015

AIDER LES FAMILLES AU MOYEN DU MICRO CRÉDIT POUR SOUTENIR L’ÉDUCATION DANS LES VILLAGES ET LUTTER CONTRE L’EXODE RURAL ! VOILÀ TOUT UN PROGRAMME !


PETIT HISTORIQUE


Sous sa forme actuelle, c’est en début d’année 2010 que notre Programme de Micro Crédit a démarré ici dans les îles des Sundarbans, comme d’ailleurs dans le district de Gaya, au Bihar et de Jaisalmer, au Rajasthan. Aussi bien sur notre site internet que dans nos précédents  blogs consacrés à ce sujet, vous pouvez consulter l’historique du blog, vous y trouverez nombreux détails sur la méthodologie du programme et le processus d’octroi de prêts aux mères de famille nécessiteuses.


Toutefois, je rappelle dans les grandes lignes l’essentiel des règles de notre programme qui a aussi valeur de témoignage. Notre objectif est de soutenir le plus de familles possibles, de sélectionner les zones les plus déshéritées, à savoir les villages ou les quartiers pauvres. Cette première démarche revêt une grande importance. Opérer une bonne sélection consiste à rendre visite aux familles, leur parler, leur présenter clairement notre système de prêts, s’assurer qu’elles sont réellement intéressées à s’investir dans la création d’une micro entreprise.


RAPPEL DE LA PROCÉDURE


Les mères que nous appelons « borrowers / emprunteuses » doivent s’engager à former des groupes de 5 personnes, toutes solidaires ; elles doivent habiter le même quartier ou le même village et être disposées en tant que personne et en tant que groupe à suivre nos directives. À ce moment-là seulement elles participeront aux premières rencontres d’information qui aboutira à l’octroi des prêts.


Une originalité de ce système, comme nous le signalons ci-dessus, consiste en le fait que les membres d’un groupe doivent être du même lieu de résidence et faire partie du même tissu économique. Cette particularité est essentielle si l’on veut stimuler l’évolution micro économique du village ou du quartier et améliorer ainsi le niveau de vie moyen de la zone choisie.


De la première visite aux familles jusqu’au dernier meeting précédent l’octroi du crédit, les étapes sont nombreuses et doivent aboutir à l’assurance du succès pour l’activité économique proposée par la future emprunteuse; j’en cite ici quelques-unes parmi les principales ; expertise des ménages, analyse de la zone, meetings d’information, test de connaissance, test d’aptitude, faisabilité du projet proposé, etc …


VOLUME D’ACTIVITÉ


À la fin du mois de février 2015, le nombre total des crédits accordés depuis janvier 2010 se montait à 12'581. Chaque opération se chiffrant à 5'000 roupies indiennes, le volume total des prêts octroyés a atteint la somme de 62'905'000 roupies. À un taux de change moyen de 58,00 [58 roupies indiennes pour 1 franc suisse], cela correspond à un montant de 1'084'570 francs suisses [1'048'417 francs suisses pour un taux moyen de 60,00].


Nous profitons de cette occasion pour rappeler que ces opérations ont été à 100%  menées à bien ; que l’intégralité des crédits ont été remboursés, de même que les intérêts versés, dans les temps impartis et aux conditions prévues par les directives du programme. Parlant d’intérêts, ils ont été entièrement affectés à notre compte « Ecoles de la Terre Welfare Society » à Delhi afin de financer le fonctionnement de nos programmes « Ecoles & Santé » comme le stipule nos directives internes.


Au cours de notre dernier meeting qui a eu lieu à Calcutta les 28 février, 1er et 2 mars dernier [voir notre blog du 5 mars 2015 intitulé « Meeting Ecoles de la Terre en Inde »], il a été décidé de porter tout nouveau prêt accordé à 7'500 roupies indiennes [5'000 roupies jusque-là] dès le 1er avril 2015. Cela représente une augmentation de volume de 50% pour toute nouvelle opération effectuée dès cette date.


SITUATION EN MARS 2015


En ouverture de ce dernier chapitre, je rappelle que notre programme vise conjointement deux objectifs majeurs. Le premier est celui d’aider les familles les plus pauvres à quitter le cercle de la pauvreté dans lequel elles sont enfermées depuis trop longtemps. Le deuxième consiste à dégager de ces opérations un bénéfice d’intérêts qui est à 100% destiné à financer une part des frais de fonctionnement des écoles. Ces deux objectifs sont bien sûr liés à notre souhait de donner aux villages la possibilité de se sortir de leur isolement et de contrecarrer l’exode rural qui vide les villages de sa substance vitale et crée une misère urbaine qui n’a cessé de s’amplifier au cours de ces 20 à 30 dernières années.


Afin de vous donner une image la plus concrète possible des opérations de microcrédit et leur incidence sur l’activité micro-économique des familles de 17 villages du district de « 24 South Parganas » des îles Sundarbans, je liste ci-après la répartition de 800 petites entreprises exploitées et gérées, aujourd’hui 14 mars 2015, par les mères de famille bénéficiaires de notre programme selon leur type ou genre [17]. Vous trouverez les noms de ces villages au bas du présent blog.


(1)                 Etals et "shops" de fruits du marché : 10 clientes/entreprises – ci-après C/E
(2)                Fabrication de "Gotegappa", spécialité nourriture locale : 15 C/E
(3)                 Transport & service Auto Rickshaw – taxi indien : 12 C/E
(4)                Fabrication du riz, processus complet : 215 C/E
(5)                 Salons "shops" de thé : 20 C/E
(6)                 Fabrication de sari, tissus, « Jari Work » : 150 C/E
(7)                 Transport service personnes & marchandises "Motor Van" – camionnage    local : 75   C/E
(8)                Commerce de gros en riz, blé et autres céréales, etc.. : 30 C/E
(9)                Commerce d’articles, aluminium, fer, ustensiles, etc.. : 40 C/E
(10)            Fabrication de cigarettes indiennes [bidies] : 55 C/E
(11)            Fabrication d’emballages : 15 C/E
(12)            Etals et "shops" de poissons du marché : 25 C/E
(13)            Etals et "shops" de légumes du marché : 27 C/E
(14)            Fabrication de "Muri", spécialité nourriture locale : 5 C/E
(15)            Ateliers de réparation chaussures : 2 C/E
(16)            Fabrication de vêtements, couture & broderie : 44 C/E
(17)             Fabrication de filets de pêche : 60 C/E


800 petites entreprises sont aujourd’hui en train de faire vivre ces villages plus décemment et laissent entrevoir un avenir un peu plus serein pour ces communautés rurales. Je ne trouve pas les bons mots ici pour exprimer ma satisfaction et mon optimisme. Ce dont je suis certain, c’est que nous poursuivons nos efforts dans cette voie afin d’accroître encore notre soutien aux enfants et leurs familles et de le conjuguer avec nos autres programmes, école, apprentissage, santé, eau & hygiène que nous vous présenterons dans nos prochains blogs.


Merci infiniment à tous Toutes et Tous de nous suivre en nous accordant votre temps précieux ! Merci infiniment pour votre soutien ! Je vous envoie mes plus chaleureuses pensées des îles Sundarbans.


Martial Salamolard
Pour ECOLES DE LA TERRE



Note : les villages où Ecoles de la Terre développe son programme de Micro Crédit dans les Sundarbans sont les suivants : (1) Sreefaltala (2) Gayen Para (3) Baidya Para (4) Choudda Rasi (5) Raidighi Uttapara (6) Raidighi Purbapara (7) Raidighi College Colony (8) Mohishgot (9) Kumrapara Ghola (10) Purkait Gheri (11) Mirpara (12) Goyalara (13) Nalgora (14) 4N0 Chouddarasi (15) Das Para (16) Majher Para (17) Uttar Kumrapara

dimanche 8 mars 2015

COMME UN PARFUM DES SUNDARBANS, AVEC UN MÉLANGE DE FRAISES DES BOIS, DES RELENTS DE MANGROVE, DES RENCONTRES AVEC LA MISÈRE & LA RICHESSE ET … QUELQUES STATISTIQUES !

Voir l’Inde d’aujourd’hui



L’Inde brille par ses sens. Odeurs, saveurs, bruits et couleurs vous embrassent de mille feux dès votre arrivée en son sein ! Et si vous ajoutez qu’en matière de toucher, les indiens sont aussi tactiles, vous aurez compris que les sens dansent avec la vie ; celle des jours gris, pas toujours faciles ; celle des grands jours, à tous points subtiles.


Je vous dis deux mots de l’Inde des grands jours ; c’est l’Inde de la fête, de la culture, des grandes traditions et des saris ; celle des « pujas », les cérémonies en l’honneur des dieux, des morts et des vivants ; celle de Gandhi, de Nehru, de l’indépendance ; celle de la démocratie, de l’ouverture au monde et des grands rassemblements. Je pourrais ne pas m’arrêter, tant l’Inde, pays de contrastes et de paradoxes, est grande en tout ; dans ses jours de fête et sur ses lieux de rencontre où ses habitants se déplacent par millions pour chanter la vie, ou alors contester avec véhémence le pouvoir des hommes tout en honorant celui des dieux  !

  
L’Inde a aussi ses jours gris ; c’est l’Inde de la corruption, du fossé entre riches et pauvres ; en définitive c’est l’Inde de la pauvreté. C’est bien sur ce point que je mettrai l’accent dans ce blog ; comme pour vous dire que si je suis ici, c’est donc que je suis là pour ça ! Il ne faut surtout pas que je m’emporte et fasse mon présomptueux ; que je me prenne pour un « réincarné » de la cuisse de Jupiter ou de Vishnou. Non, je ne suis qu’une minuscule goutte d’eau qui est tombée dans une immensité de mer d’humains, chiffrés aux alentours du milliard et trois cent millions, juste derrière la Chine, mais bientôt devant !

Je poursuis ma présentation de l’Inde avec l’envie de la partager avec mes amis. Son 138ème rang sur 187 pays selon l’indice du développement humain [IDH – 2012] ne laisse aucun doute à ce sujet. Le Programme des Nations Unies pour le Développement [PNUD] considère qu’à la même époque, près d’un demi-milliard d’indiens vivent dans la pauvreté, à savoir avec moins de 1,25 dollar par jour. Ces chiffres signifient, mais quelle surprise, que le 40% des pauvres de la planète Terre sont indiens. Cela pourrait bien sûr justifier notre présence en Inde depuis maintenant 18 années ; mais ce n’est pas, comme déjà dit, notre propos !

À travers la vie des Sundarbans

Me trouvant à Raidighi depuis une semaine, une bourgade aux portes des îles Sundarbans, c’est de ce coin de l’Inde dont je souhaite vous parler plus concrètement. Avec Nandalal Baidya, le responsable de nos programmes scolaires, sociaux et économiques de cette région qui se confine au district de « South 24 Parganas », nous avons tenté de faire le point de la situation en ce qui concerne certaines questions telles que (1) la répartition de la population par classes "économiques", (2) le droit d’accès à la propriété de la terre et au monde des affaires et des services (3) la provenance de nos étudiants en fonction de leur appartenance aux classes indiquées ci-dessus. (4) Les différents taux d’alphabétisation en fonction de ces classes. Tout d’abord je vous donnerai quelques chiffres pour situer les îles Sundarbans dans l’Etat de l’Ouest Bengale dont elles font partie à titre de district, South 24 Parganas.


L’Ouest Bengale, l’un des 28 Etats fédérés de l’Inde compte plus de 90 millions d’habitants ; sa densité est d’un peu plus de 1'000 habitants au kilomètre carré et sa superficie de 88'752 kilomètres carrés. Cet Etat de l’Inde est réparti en 19 districts dont celui d’où je vous écris aujourd’hui, South 24 Parganas. Sa population est constituée de 73% d’hindous, de 25% de musulmans et de 2% d’autres religions.

À l’échelle de l’Inde, les pourcentages sont contestés par certains qui prétendent une répartition quelque peu trop optimiste en faveur de la population hindoue ; 80% d’hindous, 15% de musulmans et 5% d’autres. Ce que je peux vous dire de mon côté, c’est que d’un avis unanime, la population musulmane a tendance à croître plus rapidement que la population hindoue ; et cela pour plusieurs raisons dont je relèverai ici la principale, le taux de naissance supérieur chez les musulmans et la réticence de ceux-ci à appliquer le planning familial qui leur est proposé.


Le district de South 24 Parganas,en comparaison de l’Ouest Bengale, a une population d’un peu plus de 8 millions d’êtres ; sa densité est de 800 habitants au kilomètre carré et sa superficie de 9'960 kilomètres carrés. Il est davantage rural, riche de ses forêts et de sa mangrove. Ses habitants sont à 66% hindous, 33% musulmans et 1% autres. Nous notons une plus forte proportion de musulmans comparée à l’ensemble de l’Etat du Bengale et le l’Inde en général, comme nous l’avons vu plus haut.


Revenons maintenant à notre analyse sur le terrain ! Nandalal Baidya me propose de répartir la population des Sundarbans en 3 classes économiques distinctes ; la classe des pauvres, la classe moyenne, la classe des riches. Il est de notoriété ici que les pauvres représentent le 45% du peuple des Sundarbans, la classe moyenne 40% et les riches 15%.


Une petite analyse socio-économique vous est présentée ici. Si l’on considère ces 3 classes en leur attribuant le "droit à la propriété", le droit aux affaires [entendez le droit à l’accès au business] et aux services [entendez le droit à l’accès aux postes de travail du gouvernement], alors nous sommes stupéfaits de constater que la valeur du facteur travail, en terme de produit économique, devient pour la classe des pauvres quasiment "égale à 0" !

C’est bien le comble pour cette catégorie de la population qui ne fait que travailler ; mais elle n’exerce que pour survivre, dans les plus basses besognes de l’économie de la terre possédée par les riches ! Outre son salaire de misère, elle n’en retire aucun profit en termes de valeur ajoutée à son travail. Ainsi ces 3 catégories, en termes de détention de richesse locale [en référence théorique à la richesse nationale] s’établit comme suit ; 0% pour les pauvres, 20% pour la classe moyenne et 80% pour les riches ! Vous avez dit "bizarre" ! Et bien je suis d’accord avec vous, je dis aussi "bizarre" !


D’où viennent nos élèves ? Voilà une question que je pose à Nandalal Baidya. Selon lui, 75% font partie de la  classe des pauvres, 23% de la classe moyenne et 2% de celle des riches. Nous rencontrons quelques enfants de riches familles [quoique très peu] et davantage issus de la classe moyenne. Cela provient du fait que nous travaillons dans des zones particulièrement isolées dont certaines sont des îles qui ne sont accessibles que par bateau ; cela peut suffire à expliquer qu’un très faible pourcentage d’enfants aisés joigne nos écoles ; ce même raisonnement s’applique aussi pour les enfants provenant de classe moyenne.


La question de l’analphabétisme doit bien entendu être traitée par Ecoles de la Terre. Le taux d’alphabétisme indiqué par le gouvernement bengali est de 75%. Un gros problème réside dans le fait qu’il considère un individu comme alphabétisé s’il peut signer et écrire son nom [seulement]. Nous nous apercevons donc que la réalité est toute autre.

Avec Nandalal nous estimons que le taux d’alphabétisation du district  de South 24 Parganas [des Sundarbans] n’est plus de 75% mais de l’ordre de 45% à 50%, si nous considérons que l’alphabétisation est un outil au service du développement économique ; et qu’une personne n’est plus analphabète lorsqu’elle a acquis les connaissances et compétences indispensables à l’exercice de toutes les activités nécessaires pour jouer efficacement un rôle dans son groupe et sa communauté; et dont les résultats atteints en lecture, en écriture et en arithmétique sont tels qu’ils lui permettent de continuer à mettre ces aptitudes au service de son développement propre et au développement de la société dont il fait partie, afin de participer activement à la vie de son pays. C’est exactement l’avis déclaré par l’UNESCO en la matière en 1962.
  
 

En comparaison des exigences du gouvernement indien, la nuance est de taille. Pour illustrer ce tour de passe-passe, nous nous sommes plongés auprès de deux familles de Raidighi afin de mieux nous rendre compte de la complexité des statistiques. Ainsi, pour la famille de Nandalal Baidya composée de 12 membres, le gouvernement considère qu’un individu est analphabète et 11 sont lettrés. Selon l’UNESCO, 3 sont analphabètes et 9 sont lettrés. Pour l’autre famille constituée de 10 membres, celle de Budhiswar Purkait, un enseignant d’Ecoles de la Terre aux Sundarbans, 2 sont considérés comme analphabètes et 8 comme lettrés selon le gouvernement ; selon l’UNESCO le rapport est tout autre, 4 deviennent analphabètes alors que 6 sont lettrés. Nous pourrions multiplier les exemples, dont certains plus frappants encore ; notre but n’est que de soulever ce "lièvre des statistiques".


Chères amies, chers amis, je suis bien conscient d’avoir été long ; comment aurais-je pu faire autrement, si ce n’est que de vous accorder du temps et vous apporter le plus d’informations possibles sur l’expérience que je vis avec Ecoles de la Terre dans les Sundarbans.

Nous y sommes depuis le début de nos activités  en Inde et nous pouvons observer aujourd’hui, dans bien des domaines, que la  roue commence à tourner, que nombre  de  familles des villages s’engagent davantage pour l’éducation de leurs enfants et s’investissent toujours mieux dans la création de petites entreprises afin d’accroître leur autonomie et préparer de meilleures conditions de vie pour leurs enfants.


Avec mes pensées les plus chaleureuses.

Martial Salamolard

Pour ECOLES DE LA TERRE

jeudi 5 mars 2015

MEETING ECOLES DE LA TERRE EN INDE – LES 28 FÉVRIER, 1ER ET 2 MARS À CALCUTTA



Nous nous sommes retrouvés pour cette rencontre de début de séjour 2015 à Calcutta, à la Guest House Down Town, précisément à Bakultala dans le quartier de Kasba, au Sud-Est de la ville. Étaient présents à cet important meeting, nos 3 principaux responsables des branches indiennes d’Ecoles de la Terre, Abhishek Vyas, président, Rajesh Kumar, secrétaire général et Nandalal Baidya, trésorier. Dr Pradip Har de la société Creditwatch de Calcutta et moi-même, ont joué leur rôle d’animateur et de coach tout au long de ce meeting qui s’est déroulé sous la forme d’un « workshop » ou rencontre de travail.

  
Le corps de sujet de ces trois journées a consisté à mettre en relation directe la notion de « Projet » et de celle de ses « coûts opérationnels » engendrés. Un nouveau projet ne représentant pas un réel actif si les charges de fonctionnement ne pas ou peu assurées, la question s’est posée de savoir si Ecoles de la Terre India était capable et disposée à développer une véritable structure de « fundraising » propre  à couvrir les coûts de fonctionnement.

C’est sous la forme du brainstorming que les trois responsables ont planché sur cette question durant des heures. La nécessité de solliciter les ressources locales fut d’abord débattue, puis pleinement acceptée. J’avais préalablement présenté la situation économique du moment afin de bien faire comprendre aux responsables indiens d’Ecoles de la Terre [lisez Ecoles de la Terre Welfare Society] que les ressources provenant de l’étranger étaient forcément limitées, surtout dans le contexte économique actuel.

  
Plusieurs sources de revenus possibles ont ainsi été retenues, puis analysées dans la perspective d’entrées de fonds au profit des écoles et des centres. Dans le but de ne pas faire trop long dans le présent blog, je me propose donc de les énumérer, tout simplement. Je vais donc les lister au paragraphe suivant de la manière suivante.

(1) Demander aux parents qui ont la capacité de le faire, de participer pour une partie aux frais d’écolage de leurs enfants (2) développer le suivi scolaire, moins cher, en collaborant davantage avec les écoles gouvernementales (3) Prendre contact avec les « grosses » ONG indiennes afin de trouver des aides substantielles dans différents domaines (4) Bénéficier du soutien du gouvernement afin de toucher les subventions existantes pour le secteur de l’agriculture (5) Construire une « école privée – au niveau maternel – à l’intention de populations aisées afin de générer des revenus substantiels (6) Construire, puis gérer une haute école payante – Technical College – afin de bénéficier du subventionnement du gouvernement et bénéficier aussi de ressources supplémentaires importantes (7) Demander le soutien aux grandes entreprises et/ou groupes entrepreneurials dans le cadres du CSR [Corporate Social Responsability] (8) Mettre sur pied un véritable service de « Fundraising » avec l’engagement d’un professionnel de recherche de fonds, puis lancer le programme de recherche d’aide en Inde.

Les possibilités sont diverses mais l’important est de lancer le processus de recherche de fonds dès à présent.  L’action auprès des parents est orchestrée immédiatement et, selon les responsables de nos branches, elle devrait apporter une contribution annuelle de l’ordre de 400'000 roupies indiennes. Notre budget se montant à 12'000'000 de roupies, cela représenterait une participation locale de l’ordre de 3,5% de notre budget total des dépenses de fonctionnement.

Je saisis l’occasion de dire ici que nous bénéficions déjà d’entrées de plus en plus importantes de fonds locaux par le biais de notre programme de « microcrédit ». Compte tenu du plan de financement dudit programme et du relèvement du montant des prêts octroyés aux mères de familles [les prêts passant de 5'000 roupies à 7'500 roupies dès le 1er avril 2015], nous prévoyons pour les mois qui viennent des ressources en terme d’intérêt, s’élevant à un montant annuel de 2'300'000 roupies indiennes, soit 19,20 % de nos charges totales de fonctionnement.

L’effort est notoire et la mise en œuvre dès à présent du plan de ressources locales présenté ci-dessus nous laisse envisager l’avenir avec confiance. L’objectif, je le répète, est de pouvoir assumer le plus vite possible les dépenses de fonctionnement [operating cost] de tous nos programmes au moyen de recettes locales et/ou financées par des sources indiennes.

À celles et ceux qui ont lu ce rapport, même s’il peut paraître un peu long il demeure néanmoins bref, je leur dis « merci » pour leur intérêt et leur patience, et aussi « merci » pour leur soutien ! Je leur donne rendez-vous ces prochains jours pour nos retrouvailles avec les îles des Sundarbans, où je me trouve en ce moment. Avec mes pensées les plus chaleureuses.


3 élèves de Calcutta - bidonville de Jaldharmath


Martial Salamolard
Pour ECOLES DE LA TERRE