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lundi 11 février 2013

LA CAMPAGNE REVISITÉE DE NAIN BIGHA



À emprunter les « routes » caillouteuses de cette région rurale du district de Gaya, qui ressemblent  davantage à des pistes de jungle à peine carrossables, je me demande bien si quelque chose à changé depuis ma première visite au printemps 2003, puis la construction de l’école de « Jolibigha » en avril 2004, rebaptisée « Matijoli » depuis l’année dernière. Sise au milieu de jardins potagers, de champs de riz et de céréales, l’école a fière allure comparée aux quelques baraques que nous pouvons voir alentours.


Toujours la même architecture, des maisons de terre séchée, parfois de briques nous rappellent qu’il y a bien de la vie dans cette contrée sauvage. Il faut battre la semelle pour s’en aller visiter les villages que l’on distingue à peine en arrivant ici par la fameuse piste.

 
Et pourtant, nos élèves de « Matijoli » viennent de 7 petits villages avoisinants et parcourent plusieurs kilomètres pour se rendre chaque jour à l’école, du lundi matin au samedi à midi. Certains élèves ne peuvent rentrer chez eux à l’heure du « break » de demi-journée et emmènent leur déjeuner dans un petit bidon à étages que les parents leur ont soigneusement préparés.


Cette région est entièrement à vocation agricole, à tel point que nous tentons de mettre au point, depuis quelque temps déjà, un « programme  d’initiation à l’agriculture » à l’intention des élèves les plus âgés. La ferme pédagogique « Rita » a pour mission de mettre sur pied ce programme constitué de « modules de formation » destinés à les familiariser aux différentes étapes des cultures.


Diverses plantations céréalières et jardins potagers sont aujourd’hui exploités et permettent de retirer un revenu substantiel destiné au développement de la ferme. Une initiation intelligente et raisonnée d'un projet de ce genre pourrait à plus ou moins long terme maîtriser l’exode massif des jeunes vers les villes et les grands centres urbains, un fléau que la terre entière connaît depuis plus de 50 ans.


Au-delà de l’aspect purement pédagogique que nous évoquons ci-dessus, c’est une sorte d’académie agronome que nous souhaiterions installer à Nain Bigha. Nous n’avons pas observé un soutien notoire offert aux agriculteurs locaux qui exploitent leurs terres dans des conditions matérielles désuètes et avec des moyens techniques encore ancestraux. Sans nier leur ingéniosité et leur capacité à produire au mieux selon leurs moyens, il y a fort à parier qu’une aide matérielle et un soutien de formation à des techniques de production plus modernes, tout en demeurant naturelles, augmenteraient sensiblement la productivité de leur travail et leur volume de production.


Cette parenthèse agricole close, je reviens à l’école ! Celle de « Matijoli » accueille aujourd’hui 610 élèves, répartis en 290 filles et 320 garçons. En ces lieux où les traditions sont encore bien présentes, nous avons dû nous battre tout au long de ces dernières années afin de favoriser l’accueil des filles, en essayant de faire comprendre aux familles que l’accession des filles à l’éducation était devenue une nécessité primordiale de l’Inde moderne. Nos meetings avec les parents, destinés avant tout à les sensibiliser sur cette importante question, commence à porter ses fruits.


12 enseignants, qui vivent tous dans cette région du Block de Shergati, assurent le programme jusqu’au niveau de classe 9. Je ne vous cacherai pas que l’éloignement de cette contrée rurale n’est pas sans nous poser quelques soucis du point de vue pédagogique. Nous devons être particulièrement attentifs sur la qualité de l’enseignement et l’aptitude à enseigner. Le soutien  régulier de professionnels venant de Bodghaya et de Gaya imprime petit à petit un bien meilleur niveau de formation des professeurs.


Je me plais à rappeler dans ce Blog notre vocation à aider non seulement les plus pauvres mais encore ceux qui pour des raisons géographiques et politiques sont la plupart du temps oubliés, car exclus des sentiers battus par les instances gouvernementales et les organisations non gouvernementales. Pour Ecoles de la Terre, la diffusion de l’éducation doit aller jusque dans les zones les plus reculées, là où est la vie qui ne demande qu’à s’épanouir et à demeurer telle, dans sa ruralité et son ordre naturel !


Chères Amies, Chers Amis, vous qui nous suivez dans notre périple à travers nos écoles et nos centres, j’ai  à cœur de vous informer au mieux. Je vous remercie de votre intérêt et je me réjouis de poursuivre avec vous cet échange à travers la toile.


Avec mes plus chaleureuses pensées.
Martial Salamolard



Pour ECOLES DE LA TERRE


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