Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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NOUS DÉDIONS CETTE IMAGE À LA FONDATION COROMANDFEL, NOTRE FIDÈLE SPONSOR À QUI NOUS EXPRIMONS NOTRE PROFONDE RECONNAISSANCE !

jeudi 28 mai 2020

CYCLONE AMPHAN ET COVID19 OU L’EFFET MULTIPLICATEUR DE LA DESTRUCTION " RECONSTRUCTION


Cette 22ème semaine est celle du bilan pour les victimes d’Amphan, le dévastateur cyclone qui a ravagé les villages, détruit les maisons, anéanti les récoles, abattu les arbres, dévasté la flore et brutalisé la faune des îles des Sundarbans et du Bengladesh. Cela s’est passé les mercredi et jeudi 20 et 21 mai derniers. Et aujourd’hui, tout en reprenant son souffle, l’heure est à l’estimation des dégâts.

 
Le Covid19 nous empoisonne la vie depuis la mi-mars ; avec le surgissement du cyclone Amphan nous pouvons dire que les malheurs se sont enchevêtrés sur les terres des Sundarbans, pourtant déjà bien pauvres et démunies. 

À l’obligation de maintenir l’éloignement social des uns et des autres est venue s’ajouter celle de devoir s’amasser subitement et brutalement dans les abris et les collèges afin de se protéger du monstre. Comment donc éviter ces deux fléaux qui exigent des comportements et des postures absolument incompatibles ! Nombre de familles n’ont pu retourner chez elles, leurs habitats, trop fragiles, ayant été détruits, parfois pulvérisés, sous l’effet du cyclone.

 
Les premières estimations des dégâts matériels sont à l’ordre du jour et les perspectives de réparation ou de reconstruction sont envisagées avec plus ou moins d’optimisme ou de pessimisme par les uns ou par les autres. Hormis quelques blessures plus ou moins bénignes, les communautés gravitant autour de nous ont cette chance de ne compter aucune victime ; sur l’ensemble des territoires dévastés, nous en dénombrons plus de 100.

Ecoles de la Terre compte de gros dégâts et nous sommes en train de chiffrer les travaux de réparation de nos bâtiments d’école et de nos installations de purification d’eau. Deux de nos écoles sont en grande partie détruites, deux autres ayant vu leur toit se déchirer. À ce jour nous soutenons 3582 familles nécessiteuses dans le cadre du Covid19, dont 1200 dans la région sinistrée des Îles Sundarbans du Golfe du Gange. Nous sommes comme tant d’autres à l’affût des nouvelles nous annonçant un hypothétique déconfinement.

 
Aux aides venant de l’extérieur s’ajouteront celles de la solidarité locale. Dans la région sinistrée par Amphan dans l’Ouest Bengale, près de 2000 mères de famille tentent de s’organiser avec les équipes d’Ecoles de la Terre afin de préparer la reprise de leurs petites entreprises dès que le gouvernement aura donné le « feu vert ». Au Bihar et au Rajasthan 2500 familles en font de même, avec ce privilège de ne pas avoir connu de cyclone destructeur.

Avant même de pouvoir chiffrer exactement les dégâts causés par Anpham et de finir de ramasser les débris du cyclone, la reconstruction s’organise. C’est juste le bon moment pour souligner le courage, la dignité et la détermination de cette population sinistrée qu’Ecoles de la Terre a la chance et le bonheur de pouvoir soutenir, à sa mesure.


Avec nos chaleureuses pensées ; et merci de nous avoir lu !

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre


La dernière photo, la course aux abris : Stringer/Reuters

mercredi 29 avril 2020

LE CHÔMAGE EN INDE, DES CHIFFRES QUI FONT PEUR !




CHRONIQUE DU 29 AVRIL 2020

Après mes derniers échanges avec le Dr Pradip Har, docteur en économie, de Calcutta, je livre ci-après des chiffres stupéfiants. L'Inde a perdu plus d'emplois au cours des deux dernières semaines que tout ce qui a été "enregistré" dans l'histoire économique contemporaine du pays. 

L'Inde compte actuellement une population d'environ 137 crore (1 milliard et 370 millions de personnes). Sur ce nombre, environ 103 crore (1 milliard et 30 millions) sont en âge de travailler, c'est-à-dire âgés de plus de 15 ans.

Nous prenons la définition la plus large de l'emploi pour y inclure tout type de travail rémunéré, formel ou informel - salaire, salaire journalier ou travail indépendant de toute sorte. En utilisant cette définition, en février 2020, avant la pandémie de coronavirus et le verrouillage national, environ 40,4 crore d’indiens (404 millions) étaient employés, selon le rapport du CMIE (*) pour le mois. À fin février 2020, 3,4 crore de personnes (34 millions) étaient au chômage. (*) Le CMIE est le Centre de surveillance de l’économie indienne (Centre for Monitoring Indian Economy).

La CMIE estime que seulement 27,7 % de la population en âge de travailler (103 crore) avait un emploi dans la semaine qui a suivi le début du lock-out. Cela correspond à 28,5 crore (285 millions de personnes). Ainsi, en deux semaines, le nombre d'actifs est passé de 404 millions de personnes employées à 285 millions, soit une baisse de 119 millions (11,9 crore).

Près de 120 millions de personnes ont perdu leur emploi au cours des deux premières semaines de confinement (lockdown). Supposons que 8 crore d'entre eux (80 millions) soient les principaux ou les uniques soutiens de famille. Ainsi, un tiers des 25 crore de ménages (250 millions de ménages) du pays (données gouvernementales de 2011) pourrait être confronté à une crise des moyens de subsistance.

Toujours selon les sources du Dr Pradip Har, au cours de la même période, le chômage aux États-Unis a fait la une des journaux parce que près de 10 millions d'Américains (soit 1 crore) ont demandé des allocations de chômage". Et nous parlons ici de 120 millions pertes d'emplois en Inde au cours de la même période. Dont acte !

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre

SUR LA PROPAGATION DU COVID19 AU SEIN D'UNE COMMUNAUTÉ


CHRONIQUE DU 26 AVRIL 2020


Calcutta/Ouest Bengale/ Inde – Durant ma dernière conversation avec le Dr Pradip Har, un ami, activiste social de Calcutta, j’ai noté que certains districts de l’Ouest Bengale à dominance musulmane n'ont pas enregistré beaucoup de personnes infectées par le coronavirus. Il me parle du district de Nadia qui compte une importante population musulmane et qui n'a signalé aucun cas au cours des 14 derniers jours. Contrairement à la propagande des médias sociaux du parti au pouvoir, BJP -RSS, la communauté musulmane ne semble effectivement pas être très touchée ; elle n'est pas le principal porteur du virus au Bengale occidental comme semble vouloir le prétendre ledit parti.

Certains considèrent que leurs pratiques sociales expliquent cette moindre incidence ; d’autres personnes affirment que les musulmans pauvres ont une immunité plus élevée parce qu'ils sont exposés à des risques environnementaux plus importants et qu'ils renforcent ainsi cette immunité dans leur métabolisme. Selon le Dr Pradip Har, nous devons analyser plus précisément et très sérieusement la propagation du virus au sein d’une communauté quelle qu’elle soit. Dont acte !

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre