Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

dimanche 7 juin 2020

TOURBILLONNE LA VIE COMME DES ROSES AU VENT !



DES NOUVELLES DU VILLAGE DE KAUTALA EN INDE !


Kautala est une agglomération des îles Sundarbans, l’un des quelques 40 villages soutenus par Ecoles de la Terre dans cette région. Elle fait partie de la circonscription [block] de Mathurapur. Distant d’une quinzaine de kilomètres de Raidighi, petite ville où se situe notre centre principal pour l’Ouest Bengale, Kautala a subi les affres du cyclone Amphan les 20 et 21 mai derniers, comme partout dans les îles des Sundarbans de même qu'au sud de l'Etat du Bengladesh.


D’un côté il a fallu se tenir à distance pour contourner le Covid19, mais de l’autre tout le monde pourchassé et envahi par le cyclone a dû s’entasser dans les abris, comme des sardines ; un drôle de paradoxe, une désagréable et dangereuse contradiction dont ses habitants se seraient bien gardés de vivre ! Tel est le récent passé de ce coin de terre.


Depuis le 16 mars dernier le Covid19 a confiné les familles chez elles et paralysé toutes les activités agricoles, artisanales et commerciales, leur causant les pires tourments et faisant naître bien des peurs.
Les mamans cheffes d’entreprise, qui s’efforcent à sortir de la misère, ne peuvent poursuivre leurs tâches d’entrepreneuses et faire ainsi tourner la marmite de leur business pour la survie de leurs familles. Elles sont toutes suspendues à l’annonce d’un dé-confinement qui leur permettrait de relancer leurs activités ; elles sont toutes dans cette palpitante attente, comme nous.


Aujourd’hui 6 juin 2020, tout un chacun espère un assouplissement des mesures de confinement ; seulement voilà, le nombre de cas de coronavirus explose dans les campagnes ; et l’on peut se demander pourquoi !


Depuis un mois des millions de travailleurs journaliers, n’ayant d’autre choix que de rentrer chez eux, ont fui les villes indiennes à l’arrêt, emportant avec eux le coronavirus dans des zones rurales qui n’étaient jusque-là pas touchées.


C’est exactement ce qui se passe depuis quelques jours à Kautala. Sept hommes, âgée de 27 à 39 ans, travailleurs journaliers à Mumbai [Bombay], fraîchement rentrés à Kautala, viennent d’être testés positifs au Covid19 ; Ils ont tous été déplacés dans un hôpital voisin, mais l’entier du village, entouré d’un cordon de police, se retrouve aujourd’hui en quarantaine.


Ce sont les dernières nouvelles du village de Kautala. Ce flash est un bouillant hommage aux habitants de Kautala. Parmi eux 130 mères de famille font partie du programme de microcrédit d’Ecoles de la Terre.
Les quelques photos que nous publions ci-dessous, celles des mères, de leurs enfants, de leurs entreprises, de leur village, datent de quelques mois ; elles ont été prises lors de notre dernière visite dans ce village que nous chérissons.


Chaque jour nous prenons de leurs nouvelles et demandons à Nandalal Baidya, le responsable vivant à Raidighi, de leur faire parvenir en dépit des obstacles dus à la quarantaine et aux difficultés de communication, il n’y a plus d’électricité dans les Sundarbans, notre amitié et l’assurance de notre volonté de poursuivre notre soutien.


With Love.


Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre


jeudi 28 mai 2020

CYCLONE AMPHAN ET COVID19 OU L’EFFET MULTIPLICATEUR DE LA DESTRUCTION " RECONSTRUCTION


Cette 22ème semaine est celle du bilan pour les victimes d’Amphan, le dévastateur cyclone qui a ravagé les villages, détruit les maisons, anéanti les récoles, abattu les arbres, dévasté la flore et brutalisé la faune des îles des Sundarbans et du Bengladesh. Cela s’est passé les mercredi et jeudi 20 et 21 mai derniers. Et aujourd’hui, tout en reprenant son souffle, l’heure est à l’estimation des dégâts.

 
Le Covid19 nous empoisonne la vie depuis la mi-mars ; avec le surgissement du cyclone Amphan nous pouvons dire que les malheurs se sont enchevêtrés sur les terres des Sundarbans, pourtant déjà bien pauvres et démunies. 

À l’obligation de maintenir l’éloignement social des uns et des autres est venue s’ajouter celle de devoir s’amasser subitement et brutalement dans les abris et les collèges afin de se protéger du monstre. Comment donc éviter ces deux fléaux qui exigent des comportements et des postures absolument incompatibles ! Nombre de familles n’ont pu retourner chez elles, leurs habitats, trop fragiles, ayant été détruits, parfois pulvérisés, sous l’effet du cyclone.

 
Les premières estimations des dégâts matériels sont à l’ordre du jour et les perspectives de réparation ou de reconstruction sont envisagées avec plus ou moins d’optimisme ou de pessimisme par les uns ou par les autres. Hormis quelques blessures plus ou moins bénignes, les communautés gravitant autour de nous ont cette chance de ne compter aucune victime ; sur l’ensemble des territoires dévastés, nous en dénombrons plus de 100.

Ecoles de la Terre compte de gros dégâts et nous sommes en train de chiffrer les travaux de réparation de nos bâtiments d’école et de nos installations de purification d’eau. Deux de nos écoles sont en grande partie détruites, deux autres ayant vu leur toit se déchirer. À ce jour nous soutenons 3582 familles nécessiteuses dans le cadre du Covid19, dont 1200 dans la région sinistrée des Îles Sundarbans du Golfe du Gange. Nous sommes comme tant d’autres à l’affût des nouvelles nous annonçant un hypothétique déconfinement.

 
Aux aides venant de l’extérieur s’ajouteront celles de la solidarité locale. Dans la région sinistrée par Amphan dans l’Ouest Bengale, près de 2000 mères de famille tentent de s’organiser avec les équipes d’Ecoles de la Terre afin de préparer la reprise de leurs petites entreprises dès que le gouvernement aura donné le « feu vert ». Au Bihar et au Rajasthan 2500 familles en font de même, avec ce privilège de ne pas avoir connu de cyclone destructeur.

Avant même de pouvoir chiffrer exactement les dégâts causés par Anpham et de finir de ramasser les débris du cyclone, la reconstruction s’organise. C’est juste le bon moment pour souligner le courage, la dignité et la détermination de cette population sinistrée qu’Ecoles de la Terre a la chance et le bonheur de pouvoir soutenir, à sa mesure.


Avec nos chaleureuses pensées ; et merci de nous avoir lu !

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre


La dernière photo, la course aux abris : Stringer/Reuters

mercredi 29 avril 2020

LE CHÔMAGE EN INDE, DES CHIFFRES QUI FONT PEUR !




CHRONIQUE DU 29 AVRIL 2020

Après mes derniers échanges avec le Dr Pradip Har, docteur en économie, de Calcutta, je livre ci-après des chiffres stupéfiants. L'Inde a perdu plus d'emplois au cours des deux dernières semaines que tout ce qui a été "enregistré" dans l'histoire économique contemporaine du pays. 

L'Inde compte actuellement une population d'environ 137 crore (1 milliard et 370 millions de personnes). Sur ce nombre, environ 103 crore (1 milliard et 30 millions) sont en âge de travailler, c'est-à-dire âgés de plus de 15 ans.

Nous prenons la définition la plus large de l'emploi pour y inclure tout type de travail rémunéré, formel ou informel - salaire, salaire journalier ou travail indépendant de toute sorte. En utilisant cette définition, en février 2020, avant la pandémie de coronavirus et le verrouillage national, environ 40,4 crore d’indiens (404 millions) étaient employés, selon le rapport du CMIE (*) pour le mois. À fin février 2020, 3,4 crore de personnes (34 millions) étaient au chômage. (*) Le CMIE est le Centre de surveillance de l’économie indienne (Centre for Monitoring Indian Economy).

La CMIE estime que seulement 27,7 % de la population en âge de travailler (103 crore) avait un emploi dans la semaine qui a suivi le début du lock-out. Cela correspond à 28,5 crore (285 millions de personnes). Ainsi, en deux semaines, le nombre d'actifs est passé de 404 millions de personnes employées à 285 millions, soit une baisse de 119 millions (11,9 crore).

Près de 120 millions de personnes ont perdu leur emploi au cours des deux premières semaines de confinement (lockdown). Supposons que 8 crore d'entre eux (80 millions) soient les principaux ou les uniques soutiens de famille. Ainsi, un tiers des 25 crore de ménages (250 millions de ménages) du pays (données gouvernementales de 2011) pourrait être confronté à une crise des moyens de subsistance.

Toujours selon les sources du Dr Pradip Har, au cours de la même période, le chômage aux États-Unis a fait la une des journaux parce que près de 10 millions d'Américains (soit 1 crore) ont demandé des allocations de chômage". Et nous parlons ici de 120 millions pertes d'emplois en Inde au cours de la même période. Dont acte !

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre