Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
NOUS FAISONS UN CLIN D'OEIL À LA FONDATION COROMANDEL QUI NOUS SOUTIENT POUR TOUS NOS PROGRAMMES DEPUIS TANT D'ANNÉES. NOUS SOMMES ICI À SUNBEAM PRIMARY SCHOOL AUX PORTES DU DÉSERT DU THAR AU RAJASTHAN ET NOUS LUI TÉMOIGNONS DE TOUTE NOTRE GRATITUDE. ECOLES DE LA TERRE LE 8 OCTOBRE 2018

lundi 26 mars 2012

JOLIBIGHA, UNE ÉCOLE DU BIHAR, DANS UNE RÉGION LOINTAINE, SAUVAGE, OÙ L’ÉLECTRICITÉ N’EST PAS ARRIVÉE, OÙ LE POIDS DES TRADITIONS EST ENCORE PRÉSENT !

CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,



Combien de fois vous ai-je présenté « Jolibigha School », sise au village de Naian Bigha dans l’Etat du Bihar ? À peu de chose près, chaque année depuis mars/avril 2004, soit au printemps de son inauguration. Si Chloé, notre ancienne volontaire, sa maman Loulou et son papa Alain lisent ce Blog, ils se souviendront à n’en pas douter doute de leurs escapades dans cette campagne lointaine et sauvage et de la journée d’ouverture de l’école ! Ils verront aussi à travers ces photos l’évolution de « Jolibigha » depuis ses débuts il y a de cela 8 ans.



Aujourd’hui je vais tenter de faire preuve d’un peu d’originalité en vous présentant « Jolibigha » autrement ! Auparavant, je vous rappelle rapidement quelques chiffres concernant l’école ; au programme de l’année 2011-2012, elle compte un effectif de 650 élèves, 12 professeurs, 7 salles de classes et 2 vérandas. Les photos du présent Blog les représenteront donc en bonne partie ! Durant ces dernières années, les demandes d’inscription de la part des familles des villages alentours furent telles, que nous avons dû ajouter 2 nouvelles annexes au bâtiment d’origine. Nous avons pu réaliser ces constructions grâce aux financements – donations – de deux généreuses Fondations genevoises.



C’est une joie de pouvoir dire ici que dans cette région rurale particulièrement pauvre et orthodoxe dans ses traditions locale, où l’électricité n’est pas encore arrivée dans les foyers, 47% de l’effectif de nos élèves est constitué de filles. Ce fut une condition sine qua non imposée aux familles, et cela dès nos débuts, que de scolariser les filles à hauteur des garçons ! Ceci est presque chose faite, ce qui n’est pas une gageure dans ces régions de traditions, de coutumes et de légendes, où malgré la renommée de « Saraswati », déesse des Arts et de l’Education, pour ne citer qu’Elle, tout ne va pas dans le meilleur des mondes pour les femmes et les filles !



Naian Bigha, comme les villages voisins d’où viennent nos élèves, où la pratique « naxaliste » est encore bien présente, l’éducation représente à nos yeux le meilleur moyen de sortir cette région de la précarité, de l’instabilité sociale et de la pauvreté. En évoquant cette pratique « naxaliste », nous voulons parler de ces mouvements sociaux, presque toujours d’origine rurale, qui se sont multipliés depuis l’indépendance indienne contre le pouvoir en place, la ségrégation sociale, les abus de pouvoir des hautes castes, la généralisation de la corruption au niveau gouvernemental, et j’en passe !



Naian Bigha et les autres villages voisins font partie d’une zone de district – en l’occurrence le district de Gaya – zone qui se nomme « Panchayat », en l’état, celui de Shergati ! La structure socio-politique de l’Inde n’est pas simple à présenter, loin s’en faut ! Françoise Frossard, membre d’Ecoles de la Terre, travaille aussi sur ce sujet dans l’optique d’un prochain livre.



Le Bihar est au cœur de l’ancien Empire Gupta et son histoire est grande. Elle est d’ailleurs une grande fierté pour nombre de ses habitants. Depuis l’arrivée du nouvel homme fort Nitish Kumar en 2005, en tant que nouveau chef du gouvernement bihari, les choses semblent enfin évoluer dans le bon sens. Nitish Kumar a mobilisé les femmes ainsi que les Dalits – dits aussi les Intouchables ! Il s’est attaqué au manque d’infrastructures dans l’Etat du Bihar, par la construction de routes, d’écoles et de centres de santé !



Il est de notoriété publique que Nitish Kumar a réussi un premier tour de force pour le Bihar, une région de l’Inde encore réputée pour sa corruption, son sous-développement et ses violences inter-castes. Mais le travail est gigantesque et il faudra du temps pour enterrer les mauvaises habitudes du prédécesseur de Nitish Kumar, Lalu Prasad, qui dirigea l’Etat du Bihar de 1990 à 2005.



J’ai pu observer moi-même au cours de ces dernières années les progrès enregistrés par la politique du nouveau gouvernement, particulièrement en ce qui concerne le réseau routier, les grands axes notamment. Je dis « les grands axes » car, en ce qui concerne les routes secondaires et les petites routes de campagne, tout ou presque demeure à réaliser ; mon pauvre dos de soixante huitard, jadis à l’affût des pentes les plus folles de nos blanches vallées alpestres, pourrait vous le confirmer !



Pour nous rendre à Naian Bigha, donc à l’école de « Jolibigha », nous devons emprunter sur plusieurs kilomètres une piste tout juste praticable pour des véhicules tout terrain.



Nous avons eu l’occasion de dire souvent dans la présente tribune qu’Ecoles de la Terre devait avoir pour mission de contribuer à l’éducation des enfants nécessiteux, là où ils se trouvent, en évitant la facilité qui consiste à aider en fonction de la situation géographique et des facilités de communication. L’humanitaire ça n’est pas vraiment cela ; c’est plutôt de se déplacer, au péril du confort, là où le besoin existe, plutôt que soulager sa conscience en périphérie des grands centres faciles d’accès.



C’est à l’occasion d’une visite parmi d’autres de la campagne biharie que j’ai eu l’occasion de découvrir, en compagnie de Marina Dupuis,, membre d’Ecoles de la Terre depuis ses débuts, la région de Naina Bigha au printemps de l’année 2003. Sans doute se souvient-elle de notre coup de cœur pour cette région sauvage que nous avons découverte sous une chaleur torride d’avril. Plein de petits villages disséminés à la ronde, plein d’enfants qui surgissaient de partout afin de découvrir notre blancheur de peau, étonnante en ces lieux !



Il ne nous a pas fallu longtemps pour décider de faire quelque chose, là-bas à Naian Bigha, en faveur de tous ces enfants au sourire large, à l’allure indomptée, aux gestes naturels, à l’attitude spontanée ; tout cela pour dire « sauvage », mais tellement « humain » !



Nous avons du « battre la campagne » afin de trouver des enseignants susceptibles d’assurer un programme décent. La première année fut, comme toujours dans ce genre de projet, une période test ! Quelques enseignants de l’école voisine de « Camijuli » sont venus prêter main forte aux premiers instituteurs de « Jolibigha School ». Le résultat fut si encourageant que l’expérience s’est renouvelée l’année suivante, et « Jolibigha » est devenue, dès la 2ème période scolaire, un établissement indépendant et déjà bien organisé.



L’équipe Ecoles de la Terre, en place à Bodhgaya à partir du printemps 2000, et expérimentée depuis l’ouverture de notre première école de « Camijuli » en janvier 2001, a fait un super travail d’organisation et d’intégration à Naian Bigha, sous la férule de Rajesh Kumar, l'inamovible responsable pour le Bihar.



« Jolibigha » est aujourd’hui solidement implantée dans le paysage socio-culturel de cette région. Nul doute que l’école demeure à ce jour le seul espace associatif complètement ouvert aux familles des villages qui envoient leurs enfants dans notre école. J’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion de participer à des rencontres de parents d’élèves ; j’ai également reçu dans l’enceinte de « Jolibigha » quelques notables du coin ! J’ai perçu la curiosité et l’intérêt de ces gens pour l’école, dans ce qu’elle représente pour leurs enfants et pour eux-mêmes.



Ce blog est une occasion de parler d’Ecoles de la Terre à travers cette présentation de « Jolibigha School » dans un contexte un peu plus large de l’Inde, et du Bihar en particulier ; pour ne pas dire de Shergati, la région dont fait partie le village de Naian Bigha. Pour ce qui me concerne, je vis depuis bientôt 15 années les soubresauts du premier choc socio-culturel de mon tout premier long séjour en Inde, entamé en fin d’année 1997. Sept années plus tard, à Naian Bigha, le nouveau soubresaut ne fut pas des moindres.



À peu près rien ou presque ne pourra remplacer l’expérience du terrain, les mois et les années passées à vivre au plus près des joies et des peines des autochtones au quotidien. Un petit peu fort de cela, je perçois un peu mieux la culture indienne en regard de ces longs moments partagés dans un quartier de mégapole, dans une bourgade ou un village. Rester, un peu, beaucoup, pour mieux sentir la vie ; rester, un peu, beaucoup, pour mieux l’apprivoiser, mieux la comprendre de l’intérieur.



C’est une circonstance unique, une opportunité exceptionnelle que de pouvoir en parler en pleine vision intestine et d’écarter quelque peu le livre d’histoire, le condensé de géographie ou le traité d’économie sociale. Tout cela, c’est aussi l’envie de donner des informations du dedans, de dire que la vie sociale commence au chant du coq et s’endort au bal des étoiles. C’est encore le désir de coupler le besoin de présenter les choses méthodiquement, tout en leur adjoignant un zeste de poésie, comme un sourire ou une histoire drôle viendrait enjoliver un exposé rigoureux qui endormirait les corneilles sans ce zeste d’honnête légèreté, empreinte de saisissement et d’émotion.



Et puis vient la cerise sur le gâteau, je veux parler du contact avec les enfants, ces longs moments d’école et de récré, ces éternels au-revoir, tous parachevés de perpétuels retours, pour revoir les enfants, une tête en plus, une classe en plus ! Au fil des ans le « kid » devient un « teenager » », la « fillette » est devenue une « adolescente » ! Tous ces enfants, tous éduqués avec le but avoué d’inverser le taux d’analphabétisme qui caractérise tous ces villages.



Nos actions de scolarisation, mais encore celles de la formation professionnelle, du suivi médical et du soutien socio-économique aux familles, ce dont je vous parlerai dans mes prochains Blogs, peuvent être une façon de suivre l’évolution socio-culturelle et le développement économique d’un milieu de vie donné. Parlant du Bihar, et de ses régions rurales en particulier, vous savez déjà qu’il y a bien des choses à faire afin d'assurer un niveau de vie minimal et décent pour une grande partie de sa population.



Oui, au niveau national l’école est devenue en Inde depuis l’année 2010 une prestation obligatoire pour l’ensemble de sa population ! Encore oui, au Bihar le taux d’alphabétisation semble monter légèrement depuis ces 10 dernières années. Ces dispositions sont bien réelles mais cependant elles demeurent encore à l’état de projet et les chiffres publiés par les officines du gouvernement sont à prendre avec autant de précaution que de circonspection. Nous nous réjouissons de cette nouvelle tendance qui reste à se vérifier dans la réalité. Je vous le dis de l’intérieur, depuis les nombreux villages dans lesquels je passe l’essentiel de mon temps.



De plus, le fossé entre la classe moyenne et les populations les plus pauvres est en train de s’accroître dangereusement. Je l’observe carrément, obstinément et indubitablement depuis ces dernières années. Ce fossé, dont je crains qu’il puisse se transformer en abîme, est à analyser dans l’affrontement et l’antinomie du couple « ville – campagne », entre la contradiction et l’opposition de la vie urbaine et de la vie rurale ; tel est le constat que je peux porter pour un pays tel que l’Inde, sachant bien qu’un tel bilan peut se dresser dans quasi tous les continents de notre planète.



Vous avez bien remarqué qu’à Naian Bigha nous vivons dans l’environnement et l’atmosphère de l’Inde rurale, profonde, traditionnelle, orthodoxe, coutumière. Nous cherchons ainsi à développer nos programmes en fonction du milieu culturel, social et économique de cette région. C’est pour cela que nous avons pensé pouvoir et devoir créer une ferme pédagogique. Pourquoi ?



Parce que Naian Bigha et sa région est d’un point de vue économique essentiellement de nature agricole. Avec Rajesh Kumar, le responsable d’Ecoles de la Terre pour le Bihar, nous avons estimé que l’intérêt de ce monde agraire pouvait bien rejoindre nos préoccupations dans le contexte de la région. Autrement dit, sensibiliser nos élèves aux activités de leur milieu économique pourrait être un bon moyen d’ouvrir l’école au monde extérieur, de créer des liens avec l’économie locale en leur montrant notre intérêt, en nous faisant connaître aussi.



De là est née notre ferme « Rita », du nom de notre généreuse donatrice qui a financé l’acquisition d’un vaste terrain et la construction des bâtiments nécessaires à l’exploitation. Nos élèves des classes les plus élevées sont régulièrement conviés à suivre l’évolution des cultures. Ils participent également à quelques petits travaux, histoire de découvrir et évaluer le métier autrement ! Aujourd’hui nous préparons l’aménagement et l’installation d’un deuxième secteur de la ferme, à savoir le domaine de l’élevage.



À Jolibigha School cette expérience est considérée comme une expérimentation pilote qui pourra, nous l’espérons, se développer dans d’autres zones rurales où nous gérons nos écoles. L’objectif à court terme est d’organiser une structure de formation professionnelle à l’intention des élèves sortant de l’école et désireux de se lancer dans le métier, mais également à l’intention des jeunes gens des villages qui n’ont pas suivi de scolarisation mais se sont lancé dans cette profession.



Chères Amies, Chers Amis, je suis heureux de vous avoir présenté « Jolibigha School » sous cette forme, multisectorielle, multidimensionnelle, multidisciplinaire, en tenant compte de plein de facteurs qui, dans l’environnement et l’atmosphère qui sont les nôtres peuvent permettre d’enrichir les prestations de l’école, créer des liens avec la population locale et construire ainsi les bases nécessaires à l’amélioration des conditions de vie de cette communauté pauvre et besogneuse.



Avec mes meilleures pensées et mes vœux de renouveau, avec des fleurs et du soleil, en ces premiers jours de printemps !

Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE

Note finale : toutes les photos de ce blog sont de « Jolibigha School » et de ses environs immédiats, prises en mars 2012 !

mercredi 21 mars 2012

OH ! BHARTI SI TU SAVAIS ! PETITE FILLE DE KUSUMBARA !



CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,



J’ai déjà pas mal de retard avec mes blogs, présentation des écoles, des programmes, et tout et tout ! Alors que je suis sur le point de quitter bientôt le Bihar pour le Rajasthan, via Delhi, je dois encore vous présenter nos autres écoles de Gaya District au Bihar, l’école de Camijuli et ses deux succursales de Bandha et de Manjibigha, celle de Jolibigha et celle Willibigha ! Je dois aussi vous parler de nos Centres d’apprentissage, de notre Ferme Rita et de notre Service de Micro Crédit ! Vous voyez le programme ! En tous les cas, c’est promis, vous le verrez ce programme ! Et cela tout bientôt, à savoir dans les 10 jours qui suivent !



La journée de ce 21 mars 2012 que je viens de vivre vaut bien une petite rallonge de retard ! La faute à Françoise Frossard, membre d’Ecoles de la Terre, qui m’offrait en fin d’année dernière une livre intitulé « Mon école sous le Manguier » ! C’est l’histoire d’une petite fille dont je vous rapporte ci-dessous son résumé que j’ai publié en fin décembre dernier dans notre site www.ecolesdelaterre.ch dans la rubrique « Articles – En Librairie ». LE VOICI !



********** ********** ********** **********



« LORSQU’UNE ENFANT DE 12 ANS DEVIENT INSTITUTRICE »



Une jeune fille traverse Kusumbara, un village indien éloigné du Bihar, et d’un pas décidé se dirige vers de jeunes enfants réunis à l’ombre d’un manguier. À son arrivée, tous se taisent, sortent leur craie et leur ardoise. La leçon peut commencer. La jeune maîtresse se prénomme BHARTI KUMARI, elle a 12 ans et une destinée troublante. Abandonnée quelques minutes après sa naissance dans une gare du Bihar, l’État le plus défavorisé de l’Inde, elle a été sauvée par un couple de paysans qui l’ont adoptée. Bien que pauvres et membres de la caste des Intouchables, ils offrent à l’enfant un foyer aimant. La mère adoptive de BHARTI refuse les traditions tribales, valeurs prônées par le reste de la famille, car elle sait que sa fille est vouée à un avenir autre que le travail aux champs ou les tâches domestiques. Elle ne s’est pas trompée. Tous les jours BHARTI se bat contre la fatalité de sa condition. Elle part étudier dans une école à trois kilomètres de son village et à son retour, elle transmet son savoir à ceux qui n’ont pas la chance d’être éduqués. Malheureusement, sa mère adoptive meurt brûlée vive dans l’incendie de leur village ! De terribles moments l’attendent, son étoile de mère vient de s’éteindre et des jours terribles se profilent devant elle ! Ce n’est qu’une enfant, mais elle a décidé de changer son destin et celui des autres.



Vous trouverez tout cela dans « BHARTI KUMARI, Michel Lafon, 2011, 174 pages »
Et j’ajoutais ceci dans l’article de décembre dernier ! C'est un très beau livre que Françoise Frossard d'Ecoles de la Terre m'a offert l'automne dernier ! Grâce à Elle, une passionnée de librairie et de bibliothèque, je pourrai rendre visite à BHARTI en février 2012. Pour pousser la belle histoire, j'ajouterai que je connais déjà la région où vit BHARTI. Au mois de mars 2011, je me suis rendu à Dehri-On-Son, là où BHARTI est née ; nous y avons depuis peu un programme d’apprentissage pour les jeunes filles de Derhi-On-Son, ville pauvres parmi les plus pauvres. Mais personne là-bas ne m'avait raconté cette histoire ! Le village Kusumbara se trouve à plus de 120 kilomètres environ de Bodhgaya où se trouvent les bureaux d'Ecoles de la Terre pour le Bihar !



********** ********** ********** **********



Je n’ai pas pu remonter jusqu’aux auteurs de ce Livre ; mais je les remercie, comme Françoise qui me l’a offert et d’avoir ainsi pu voir BHARTI KUMARI ! Je n’ai pu finalement rendre visite à BHARTI qu’aujourd’hui 21 mars ! Aujourd’hui est le plus beau jour de mon séjour indien 2012 ! Imaginez le jour, tous les précédents ayant été également beaux ! Ce n’est sans doute pas pour rien que je reviendrai chez BHARTI le 8 avril prochain pour inaugurer la nouvelle école de son village qu’Ecoles de la Terre a décidé aujourd’hui d’ouvrir à ce moment-là ! Elle s’appellera « BHARTI SCHOOL », accueillera BHARTI et ses nombreux camarades non scolarisés du village ! BHARTI pourra continuer de s’occuper des plus petits en dehors des heures de classe, comme elle le fait encore aujourd’hui ! Elle organisera le « follow up » - le suivi – des maternelles !



Et BHARTI, comme elle va ? Je la ressens comme une jeune fille de 13 ans qui est née près d’un rail de chemin de fer, accueillie peu après par sa mère adoptive qu’elle a perdue beaucoup trop tôt, comme vous le savez; oui, sa nouvelle mère, la seule qui l’aimait et la soutenait vraiment ! BHARTI est très perturbée, à la fois maltraitée par sa famille adoptive qui lui reste, et mise en avant par des étrangers qui sont venus là pour raconter son histoire, certes émouvante et bien intentionnée, mais n’ont plus guère laissé de traces, hormis une invitation pour l’Europe, ce dont elle a refusé ! Oh combien je la comprends ! Je leur fais confiance pour les éventuelles royalties qui pourront un jour tomber dans l'escarcelle de BHARTI !



BHARTI veut devenir « Madam », c’est-à-dire institutrice ! J’ai beaucoup parlé de cela avec Elle aujourd'hui ! Je lui ai dit qu’elle devait continuer de poursuivre sa scolarisation ! Seulement voilà, avec la désapprobation de ce qui lui reste comme famille, de même que de son entourage, eux tous illettrés, l’école devient une galère, ceci d'autant plus que la distance qu’elle doit parcourir pour y aller est trop longue, et personne ne veut l’y amener, ni l’aider dans les charges scolaires !



Alors, de deux choses l’une, soit je lui dis « courage BHARTI » et je m’en vais, soit je décide autre chose ! Et l’autre chose est faite ! Avec Rajesh d’Ecoles de la Terre, Sashi du Centre d’apprentissage de Dehri-On-Son, Kamalesh, le journaliste de la région qui sert de liaison dans cette histoire, Vinay un autre ami journaliste de Bodhgaya, et le Panchait représentant le gouvernement, je décide d’ouvrir l’école près du manguier – qui soit dit en passant n’est pas un manguier mais un banian ! Ils m’aideront à ouvrir le 8 avril prochain l’école de Kusumbara ! Là près du banian, nous aurons à disposition un tout petit bâtiment, 3 petites salles, qui nous sera mis à disposition par le gouvernement – vous pouvez le voir sur une des photos insérées dans ce blog !



« BHARTI » n’a pas besoin aujourd'hui d’hypothétiques royalties qui pourraient tomber un jour ou l’autre ! « BHARTI » a besoin d’école comme les milliers d’autres « BHARTI » à travers l’Inde, à travers l’Asie, à travers le Monde ! Elle a aussi besoin d’amour, de considération et de tendresse, comme tous les autres enfants du monde ! Alors là, c’est un honneur pour Ecoles de la Terre de lancer cette nouvelle école ! Et quelle école ! Vous le savez, elle s’appellera « BHARTI PUBLIC SCHOOL » ! Je me réjouis de revenir au Bihar le 8 avril prochain pour son inauguration ! Il fera chaud, il fait déjà chaud, mais il fera beau !



Amitiés à Vous toutes et à Vous Tous ! Grâce à BHARTI j’ai une sacrée dose d’affection, de détermination et de motivation à vous transmettre ! Ne vous en faites pas, ces choses là ne mangent pas de foin et ne donnent pas non plus de boutons ! Elles n’offrent qu’action et émotion ! Et je suis bien content de les partager avec Vous ! MERCI DE NOUS LIRE, MERCI DE NOUS SUIVRE ET DE NOUS SOUTENIR !!



Martial pour ECOLES DE LA TERRE



Un grand merci à Vinay Ji, le journaliste de Bodhgaya, pour la prise de toutes ces photos, aujourd’hui le 21 mars 2012 à Kusumbara, chez BHARTI !

mercredi 14 mars 2012

LE BLOG DE SAVIANA - CHEZ "ECOLES DE LA TERRE" DURANT SIX SEMAINES !

BONJOUR À TOUTES ET À TOUS,



Après des mois, des semaines de réflexion et d’organisation, ça y est me voilà enfin en Inde et pour 6 semaines. Je l’ai vraiment voulu et attendu ce voyage et je ne réalise pas que je suis en train de réaliser un petit rêve. 6 semaines loin de chez moi à découvrir un pays, une culture, des personnes, des écoles et encore tellement de choses.



Delhi, Kolkata, Raidighi, Bodhgaya et Jaisalmer, ça en fait des choses à voir, mais quel bonheur. Immersion totale et immédiate et ça me plait énormément. Chaque village, chaque paysage, chaque personne, tout est différent, quelle diversité.



Raidighi me fait penser à ces villages que l’on voit dans le dessin animé «Le livre de la jungle » quel dépaysement. Les écoles sont magnifiques, je reçois un super accueil à chaque visite. Première expérience de teaching, j’ai vraiment beaucoup aimé, les enfants sont tellement curieux d’apprendre, avides de connaissances. Petit pincement au cœur de devoir quitter ce magnifique village.



Kolkata, une sacrée ville, une grande ville. Du trafic, du monde partout, mais une ambiance bien particulière. Il y a en Kolkata quelque chose d’intrigant. J’ai eu l’occasion de visiter une école. J’ai eu un vrai coup de cœur, les profs, les enfants ont été adorables, souriants, accueillants, un vrai moment de partage et de bonheur.



Pour me rendre à Bodhgaya, j’ai pris le train (il fallait bien le vivre une fois ) pour une durée de 5h, heureusement que Martial m’accompagnait, mais je dois avouer que le voyage a passé rapidement. En arrivant à la gare de Gaya, j’ai eu un très bon feeling, je me suis sentie bien. Que dire sur Bodhgaya. Tout m’a plu, les gens, la ville, l’ambiance (il faut quand même dire que c’est l’endroit sacré du Bouddihsme), je m’y suis sentie parfaitement à l’aise, un peu comme chez moi d’ailleurs. Beaucoup de visites d’écoles, sur des routes parfois un peu chaotiques, mais cela fait partie du voyage. J’ai vraiment profité de ces 2 semaines.



Jaisalmer. Le Fort, le désert, que de découvertes. Cela ne ressemble à aucun autre endroit que j’ai visité et c’est vraiment magnifique. Safari dans le désert à dos de dromadaire, couché du soleil sur les dunes de sable, nuit sous la tente durant la pleine lune, une expérience extraordinaire. Visites d’écoles dans le désert, dans les villages, un sourire, un « Namaste», une photo et les enfants sont heureux, c’est vraiment touchant.



J’ai vécu à l’intérieur du Fort de Jaisalmer, là où tout le monde sait et connaît tout de tout le monde, ce qui a quand même un côté rassurant et surtout ça permet de se sentir tout de suite à l’aise.



Déplacement à Delhi dans peu dans temps pour le retour à Genève. Ces 6 semaines ont passé très vite, c’est bien la preuve que j’en ai bien profité. Une expérience unique. Voilà le résumé de ce que j’ai pu vivre tout au long de mon séjour. J’ai fait de magnifiques rencontres, ce sont de belles personnes. J’ai vu des choses, des paysages, des endroits magnifiques.



Ce que je retiendrai de ces quelques semaines passées en Inde, c’est que rien n’est acquis et l’on en apprend tous les jours. J’en ai pris plein les yeux, je me suis imprégnée de tous ces moments vécus avec les indiens, les enfants ou alors toute seule. Je crois vraiment que j’ai vécu mon expérience comme je devais la vivre et j’en suis très heureuse.



Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui ont pu faire que ce petit rêve devienne réalité, qui m’ont aidée, soutenue et encouragée. Et un grand merci à Martial pour le travail qu’il fait chaque jour pour « Ecoles de la Terre ». Il y a une phrase qui résume assez bien ce que j’ai vécu au quotidien en Inde « Ces personnes n’ont rien et donnent tout » A bon entendeur et à l’année prochaine !



Saviana Francioso - Mars 2012 - pour ECOLES DE LA TERRE