Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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lundi 29 avril 2019

MON DIEU LE DÉSERT ! EN VOIS-TU ? EN VOILÀ !



La vie dans le désert est rude, une évidence mille et une fois répétée dans le concert des reportages et autres narrations de voyages ou de séjours dans ces immenses espaces. En plus de la rudesse des conditions de vie du désert [du Thar], il y a bien sûr les longues distances et les structures particulières des villages à prendre en compte pour ne citer qu’elles.


Ecoles de la Terre exerce ses activités de soutien et de suivi scolaires dans 5 écoles localisées dans le district de Jaisalmer.


Une seule d’entre elles, l’école Satyadev, et ses 200 élèves, se trouve en périphérie de la ville de Jaisalmer.  C’est notre toute première école inaugurée au Rajasthan il y a bientôt 15 ans de cela. Les enfants viennent de Majdoor, Shutar, Darji, Sunar, Chappar, Gandhi Colony, Kallu Ki Hatton et Mochi ; ce sont plusieurs quartiers et petits villages proche de la ville.


Les 4 autres écoles sont à proprement parler des écoles du désert, avec tout ce que cela comporte, en matière d’emplacement,  d’accès, de climat et de sécurité.


L’école de Sunbeam avec ses 200 élèves est certes à quelques 3 kilomètres de la ville, mais déjà aux portes du désert. Les agglomérations de Garfoorbattha, Bheel Basti, Sansi Basti et Baat Street, d’où viennent nos élèves, sont en réalité des quartiers pauvres aux allures de bidonvilles arides et ensablés.


L’école de Nanufuji, avec sa centaine d’élèves des villages de Rataria Ki Dhani et de Magre Ki Dhani, se trouve à 55 kilomètres de Jaisalmer, non loin de la région de Kuri, fleuron des camps touristiques qu’investissent les mille et un hôtels et bureaux de Jaisalmer. Assez proches des dunes célèbres du Rajasthan, l’école demeure néanmoins bien loin des préoccupations mercantiles des commerçants de cette contrée contaminée par leur appât du gain. 


L’école de Vidyasagar Vidyalay se situe en plein désert à près de 15 kilomètres de Jaisalmer. Elle accueille une petite centaine  élèves qui vivent dans les villages de Muslim Tola et Beldar Tola. Cet endroit appelé Gala Khi Dani est une région très aride, dénuée de toute végétation et exposée aux vents les plus changeants et capricieux.


L’école d’Uttam Aadarsh est la plus reculée dans le désert du Thar, à près de 70 kilomètre de Jaisalmer. Elle reçoit 150  élèves vivant dans les villages de Meharajot, d’Achala, de Kadra et de New Achala. C’est la plus récente. Organisée à souhait, elle représente pour nous la perle de la pampa, loin des touristes amateurs de dunes, de nuits ensablées et de camps du désert.


La configuration géo-spatiale des villages de ces territoires ne nous facilite pas la tâche, loin s’en faut. Ces localités sont clairsemées et perdues sur un territoire aride, décharné et infertile ; en résumé, sur cette pauvre terre, maigre et desséchée ; moins de 200 habitants au kilomètre carré occupés pour une bonne partie à la quête de l’eau. Ces conditions nous compliquent à l’extrême la mise en route et le bon fonctionnement de notre réseau [système] scolaire.


Si vous ajoutez à cela l’aspect sociologique et historique des choses, vous comprendrez les difficultés que nous avons à densifier nos classes et à remplir l’une de nos missions premières, celle d’encourager et de galvaniser la scolarisation des filles. Même si la tendance semble s’inverser quelque peu ces derniers temps, le rapport du taux d’alphabétisation entre Femmes et Hommes n’est pas loin d’être du simple au double. Nous touchons là à la mentalité de cette population du Rajashtan et au niveau d’inégalité « hommes-femmes ».


Nous considérons que notre mission est de cibler en priorité les conditions de vie des mères de famille ; ce sera le meilleur moyen d’aider ces populations démunies. En privilégiant nos actions en faveur des mères, nous améliorerons de facto les conditions des petites filles laissées pour compte, au premier chef en matière d’éducation.


Nous avons décidé de créer un comité « Action et Qualité » destiné à fixer les objectifs prioritaires de nos actions et à prendre les mesures nécessaires, à commencer par celles d’urgence. Ce comité, récemment installé pour notre branche du Bihar, sera tout prochainement mis en place au désert du Thar.
 

Les première actions concerneront les rencontres avec les parents de nos élèves, cela dans le but d’instaurer un vrai dialogue ; s’en suivront des meetings de sensibilisation sur les thèmes de la santé, de l’eau et de la scolarisation des filles.  


Pas mal de choses ont été faites au cours de ces 10 dernières années. Mais vous aurez compris que le chantier est grand, pour ne pas dire énorme. Avant de renverser le cours des choses, ce sont les mentalités qu’il faut façonner, de sorte à mettre en valeur les actions qui sont les nôtres, l’éducation pour les filles et les garçons, l’eau potable et la santé pour tous, le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes.


Vous voyez le chantier ! Et c’est toujours mieux de voir un sentier au loin que de ne pas voir le bout du tunnel …. !

Amitiés à Toute et à Tous,
Martial pour ECOLE DE LA TERRE

mercredi 24 avril 2019

LES CAMPS DE SANTÉ DE GARFOORBATTHA DANS LE DÉSERT



Garfoorbattha est une zone habitée très pauvre qui se situe en périphérie de Jaisalmer, une ville touristique aux portes du désert du Thar. C’est là que se trouve notre école de Sunbeam inaugurée il y a une dizaine d’année de cela pour accueillir les enfants les plus nécessiteux de ces quartiers.


Dans un prochain flash je vous rappellerai la position de nos 5 écoles du désert se trouvant dans le district de Jaisalmer. J’évoquerai également à cette occasion quelles sont nos principales préoccupations relatives à l’organisation et à la marche de nos différents programmes, éducatifs, sociaux, économiques.
 

Pour l’heure c’est de la santé dont je veux parler. Pour tous les habitants de ces lieux, inutile de parler d’assurance maladie ou quelque autre prestation de ce genre. La notion de santé, aurais-je tendance à dire, est quelque chose de tabou dans la façon même d’en parler. Comme si la notion était intouchable, interdite, prohibée parce qu’inatteignable, presque inimaginable ; comme une vieille tradition de misère véhiculée en silence de génération en génération.

 

Je me suis trouvé une partie de ce mois d’avril à chercher des solutions en matière de mise à disposition d’eau potable en faveur des zones les plus pauvres. Avec la participation de Carmine Graziano, venu spécialement à Jaisalmer depuis Genève pour analyser les possibilités de mise en service de stations de traitement d’eau, nous espérions installer une première unité de purification. Pour le coup ce ne fut pas possible, trop de conditions tant matérielles que professionnelles et relatives aux aptitudes et aux capacités des personnes, n’étant pas remplies. Aujourd’hui, nous nous demandons comment faire pour remettre l’ouvrage sur le métier. Je ne doute pas que nous le ferons.
 

Pour revenir plus directement sur la question de la santé, je dirai que c’est la loi du silence qui s’est incrustée dans la misère des populations les plus pauvres ; je veux parler du silence d’un destin qui semble s’acharner sur les conditions de vie misérables de familles qui me semblent parfois ne plus attendre grand-chose de la vie, hormis quelques petits plaisirs çà et là récoltés au gré d’une éventualité ou d’une bonne fortune tombée du ciel.
 

Le niveau de santé des familles de nos élèves et de leur communauté est à mon sens déplorable. J’ai pu m’en rendre compte lors de 2 camps de santé organisés et financés gracieusement par Saviana Francioso de Genève, une volontaire d’Ecoles de la Terre de longue date ; ces camps se déroulaient justement à Garfoorbattha, dans les locaux de notre école Sunbeam. Merci infiniment Saviana.
 

Au total 151 patients, parents et enfants, ont été auscultés par le Dr Gordon de Jaisalmer. L’action est formidable et a permis de réduire, éliminer parfois peut-être, la douleur de bien des personnes. Ces camps sont appelés à être renouvelés ; mais pour l’heure ils me font l’effet d’actions d’urgences en faveur de personnes venues de partout et nulle part, à pas lents et en silence. Ils doivent déboucher sur des interventions plus conséquentes et systématiques auxquelles il faudrait intéresser les autorités de la région et d'autres groupes de soutien. Nous essaierons de le faire.


À l’issue de telles interventions nous nous rendons mieux compte des mauvaises et affligeantes conditions de vie qui habitent et touchent ces zones de pauvreté. Et c’est bien sur le thème de l’eau qu’il nous faudra, comme évoqué plus haut, remettre l’ouvrage sur le métier. Car dans ces régions désertiques, où toutes les poussières du monde sont maîtresses et omniprésentes, c’est la gestion de l’eau qui doit être reprise en compte. Parlant de la gestion de l’eau, je veux parler tout autant de son approvisionnement que de son traitement ; ici plus qu’ailleurs, l’un n’allant pas sans l’autre.


Amitié et bonne santé à Toutes et à Tous


Martial pour ECOLE DE LA TERRE