Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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samedi 30 mars 2013

LES BANCS D’ÉCOLE DE RACHEL POUR NOS ÉCOLES DE "SUJATA" ET DE "SARASWATI"


CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,

Si je vous dis que cette année Rachel a remis le couvert, cela ne vous dira peut-être rien, mais nombreux la reconnaîtront ; et bien entendu je ne tairai pas son nom, elle s'appelle Rachel Philippoz, cela même si je ne lui ai pas demandé la permission de publier ce message !


C’était déjà l’année dernière [2012] lors de son passage au Bihar, lorsqu'une envie lui vint de proposer à nos élèves de s’asseoir autrement, plus confortablement, plus agréablement ! Les élèves de l’école de "Camijuli" se sont ainsi retrouvés assis dans leur classe, pupitre à la clé !


Rachel a cette marotte d’offrir de meilleures conditions d’études aux enfants ! Alors « Bienvenue » à Ecoles de la Terre. D'ailleurs l’année d’avant [2011] elle eut l’idée d’offrir un uniforme tout neuf, tout clean, à nos élèves du Rajasthan ; et bien oui, elle réalisa son idée ! Elle ne pouvait donc demeurer en reste cette année 2013; elle offrait ainsi bancs et pupitres pour nos écoles de "Sujata" et de "Saraswati", au Bihar. Rachel est une grande voyageuse "humanitaire" !


Je reviens maintenant commenter les quelques photos de ce présent blog, interpréter son violon d’Ingre, mais aussi la remercier pour ses belles initiatives et sa détermination à les mettre en pratique, avec la participation de sa famille et ses amis ! Oui c’est vrai, nos élèves ont jusqu’à tout récemment travaillé à même le sol, assis en lotus, une coutume familière en Inde, comme dans bien d’autres pays du monde.


Les conditions matérielles offertes aux enfants de nos écoles indiennes sont sans commune mesure comparables à celles attribuées aux élèves des écoles de Suisse et de la plupart des pays européens. Les institutions publiques indiennes, responsables des programmes scolaires, n’ont pas pu [je souhaiterais dire encore] couvrir tous les besoins en ce domaine, loin s’en faut !


C’est bien-sûr pour cela que nous sommes ici pour aider les enfants à suivre et à poursuivre une formation scolaire décente. Et vous avez déjà bien compris que d’autres manquements s’ajoutent dans l'organisation et la gestion des programmes d’éducation ; organisation des écoles publiques en bidonville et en campagne, niveau d’enseignement dans ces mêmes établissements, présence insuffisante des enseignants, corruption de responsables impliqués à tous les niveaux de l’enseignement officiel, et j’en passe, sont autant d’entraves qui privent à ce jour beaucoup trop d’enfants à exercer leur droit fondamental à l’éducation.


Toujours est-il que les bancs de Rachel m’auront permis de vous adresser ce message, comme une déclaration d’avenir, toute tournée vers ce que nous pouvons entreprendre pour ces enfants privés de leurs droits essentiels, ici en Inde et encore dans trop de pays du monde. Ce n’est pas le « trop et le pas assez » qui est exécrable, mais bien l’incapacité de l’humain à pouvoir réguler dans une meilleure proportion les ravages de cet ignoble déséquilibre qui touche les "Enfants" !


Chères Amies, Chers Amis, je vous remercie de m'excuser pour ces propos quelque peu impétueux que je tiens aujourd'hui ; je suis à l’heure qu'il est comme une horloge indienne qui fonctionne au rythme suisse. À tout bientôt, à la bonne heure, avec mes plus cordiales pensées et mes sentiments chaleureux !


 Martial pour ECOLES DE LA TERRE  

mardi 26 mars 2013

UNE BONNE PART DU MOIS DE MARS « TAMBOUR BATTANT » !




CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,

Je vous ai quittés le 6 mars dernier avec mon dernier blog et notre arrivée au Bihar. Nous étions revenus de Calcutta pour rejoindre Bodhgaya et entamer notre deuxième périple avec Françoise Frossard. Le 7 mars fut consacré à la préparation de notre événement du lendemain, le « Women’s Day – Journée de la Femme ». Ecoles de la Terre organisait une épatante et belle fête pour la 13ème fois de son histoire. Françoise qui en fut l’hôte d’honneur, avec une professeure de l’université Magadh de Gaya, eut l’occasion de vous narrer cette magnifique journée lors du précédent message.



Le lendemain, samedi 9 mars, je me rendais avec Françoise, Saviana Francioso et Rajesh Kumar à Dehri-On-Sone, cette moyenne ville du Bihar – dans le district de Jothas – où nous avons un centre d’apprentissage pour les jeunes filles de cette ville. Et pour moi, depuis l’année dernière, aller à Dehri-On-Sone c’est aussi me rendre à Kusumbara, le petit village où vit Bharti Kumari, cette jeune fille courage de 13 ans dont je vous ai parlé abondamment et si souvent au cours de ces derniers mois.



C’était ma deuxième rencontre de cette année 2013 avec Bharti, après celle du 18 février dernier. Ces retrouvailles furent encore plus attachantes, plus émouvantes. Nous allions faire les courses en ville afin de nous procurer tout le matériel nécessaire à sa prochaine rentrée à l’internat « Ghandi » en avril prochain. Ayant perdu ses parents, dont son père tout récemment, elle a fini par accepter de rejoindre cet internat géré par le gouvernement et destiné à accueillir les jeunes filles orphelines de cette région.



Le dimanche 10 mars tombait à point nommé pour nous offrir ce que nous appelons ici en Inde le « take rest », la journée de repos. Car dès le lendemain nous entamions avec Françoise et Saviana la visite de nos nombreuses écoles du Bihar. Françoise est venue pour un mois rendre visite à toutes nos écoles et nos centres. Son autre et important objectif était de collecter toutes les informations nécessaires à la rédaction du prochain livre d’Ecoles de la Terre dont elle en est l’auteure. Je vous parle à l’imparfait car à l’heure qu’il est, je vous écris de Jaisalmer et Françoise vient de rentrer sur Genève, le « cœur serré » je crois bien ! Je me retrouve avec Saviana avec qui j’entamerai ma deuxième tournée de nos écoles du désert.



Je termine cette parenthèse pour reprendre notre tournée du Bihar. Le 11 mars fut consacré à la visite de nos deux écoles de « Saraswati » et de « Sujata », pas trop éloignées de Bodhgaya, notre point de chute. 



Le 12, nous nous rendions à Baheradi, un village de la pleine campagne biharie, afin de rencontrer les enfants et les enseignants de l’école Willy Vidalay. Et c’est là dans ce village d’intouchables que nous avons pu partager de délicieux moments avec les parents et les autres habitants de ce lieu si loin de tout, je veux dire du monde !



 Le 13, nous prenions la longue route de Nain-Bigha afin de visiter « Matijoli School » - anciennement appelée « Jolibigha » », une contrée retirée, pour ne pas dire très éloignée des centres économiques et sociaux mineurs de la région. Nous vivions un moment hors du temps et à la fois très engagé avec les nombreuses questions de Françoise. 



Le 14, c’était la visite, je devrais dire les visites, de notre plus grande école de Camijuli et de ses deux satellites Bhanda et Manjibigha – comme aime à le dire Françoise – de la région d’Itra, le village où se trouve Camijuli, avec l’école centrale et notre hôpital de campagne. Ce fut un festival de visite d’écoles et de classes.



Le 15, nous nous rendions en ville de Gaya, la grande cité du district, afin de rencontrer les mères bénéficiaires de notre programme de « Microcrédit » ainsi que les jeunes filles et les jeunes femmes de notre centre d’apprentissage. Nous trouvions juste le temps d’aller visiter une « bookshop » afin de parler avec son manager sur les coûts d’impression d’un livre.



Et le 16, c’était le déplacement à Delhi la capitale. Delhi se trouve à 1'000 kilomètres de Bodhgaya. Pour rejoindre l’une ou l’autre de ces agglomérations, il vous faudra un jour en avion et deux gros jours en train. Nous avons dû choisir l’avion car ce même 16 mars au soir, je devais rencontrer Sanjiv Panday, un journaliste de Chandigarh grand « supporter » d’Ecoles de la Terre.



Le 17, c’était le jour de la « table ronde journalistique » que Sanjiv Pandav avait organisé pour Ecoles de la Terre. Avec Françoise et Rajesh, nous nous retrouvions dans un quartier de Connaught Place, précisément à la « Penjabi House ». J’ai eu l’occasion de présenter notre organisation Ecoles de la Tere à une quinzaine de journaliste de la région de Delhi, puis de répondre à leurs questions. Je consacrerai prochainement un blog sur Sanjiv Panday, ainsi que sur nos relations avec la presse indienne.



Le 18, c’était déplacement pour Jaisalmer, un autre petit millier de kilomètres ; la première partie en avion, la deuxième en « tuc tuc », comprenez en voiture sans suspension. Départ en matinée, arrivée en début de nuit ! 



C'est à cette fin de périple - du 7 au 18 mars - que je vous laisserai ; mais soyez bien sûrs, je reviendrai vous « prendre un peu d’attention » afin de poursuivre le chemin à l’occasion d’un tout « soudain » blog !



Avant de vous quitter, je veux juste vous dire que ce passage en ces lieux a été imprimé par notre présence sur le terrain. Avec les enfants et leurs enseignants, les porteurs d’eau de nos programmes, nous nous sommes grâce à Eux apprivoisés avec ce monde différent du nôtre. Nous avons vécu le plus souvent des moments magiques, parfois difficiles pour notre esprit accroché à notre propre culture … ! Les voyages forment peut-être la jeunesse, mais les séjours façonnent l’image de la Vie.



Avec toute mon amitié,
Martial Salamolard
Pour ECOLES DE LA TERRE


mercredi 20 mars 2013

8 mars 2013, la journée de la femme, une journée particulière !




Une longue file d’écolières en rangs serrés se pressent vers Rudraksha, nous sommes le 8 mai 2013 et Rajesh, le responsable d'Ecoles de la Terre pour le Bihar, a organisé la XIIIe Journée de la Femme. Pour elles, rien que pour elles.


Une fois installées, côte à côte, assises en lotus, c’est comme une mer humaine, au moins 500 têtes brunes, si ce n’est plus, que des filles et quelques jeunes femmes, avec  ici et là un garçonnet qui accompagne sa maman.


C’est comme une fête des écoles, il y a des discours :


des discours de circonstance : une invitée genevoise, Mataji, habillée en sari par les soins des enseignantes du cours d’esthétique, fit le discours introductif :


« La journée de la Femme, c’est l’occasion de rendre hommage à nos mères, à nos grands-mères, à toutes nos aïeules à toutes ces femmes qui ont travaillé, lutté, souffert avant nous, pour nous.

C’est aussi l’occasion de penser à nous à nos aspirations nos combats, nos victoires et nos défaites aussi. C’est reprendre son souffle et son élan pour continuer à aller de l’avant avec courage et détermination vers une vie meilleure.

Quand une femme met au monde une fille elle est à la fois heureuse et triste. Heureuse parce qu’une fille c’est précieux, c’est une semblable à qui transmettre son héritage, tout son patrimoine. Triste car être une femme partout dans le monde c’est plus dur, il faut travailler plus fort, se battre davantage, c’est aussi beaucoup de responsabilités. 

Alors pensons à nos filles, en nous battant pour nous, nous nous battons pour elles. Étudier, faire une formation professionnelle, travailler, dans sa propre entreprise ou ailleurs, c’est non seulement améliorer notre vie et celle de nos familles, mais par ces actes responsables nous prenons notre place dans le monde et ainsi nous améliorons le sort de nos filles … et de nos fils. »


Mais le discours le plus marquant fut celui de Mme Dr Kusum Kumari, Professeur à l’Université Maghad de Bodh-Gaya et directrice du département Education des femmes.

« De nos jours, la condition des femmes est si préoccupante qu’elle devient un sujet d’études. Deux facteurs les déterminent, la position de la femme dans la société et les problèmes qui en découlent, et la nécessité de redonner aux femmes leur juste place, comme quelqu’un d’aussi important qu’un homme.

Malgré notre  glorieux héritage, malgré les Durga, Laxmi, Kali et Saraswati, quelque part l’histoire a dérapé. La femme indienne a perdu son honneur, sa fierté et l’instinct le plus basique de l’existence humaine, la liberté. Les résultats en sont dévastateurs. Comment une nation peut-elle se développer si ses femmes sont encore traitées en inférieures. Voilà un vaste sujet d’études de recherche et de réflexion.


Malgré les efforts continus de notre gouvernement, l’Inde n’a pas atteint ses objectifs en ce qui concerne les femmes et la situation n’est pas saine. Les femmes représentent la moitié de la population mais leur situation en Inde et dans une grande partie du monde reste misérable. C’est aussi le cas au Bihar, l’Etat où nous vivons souffre de nombreuses carences.


Mme Dr Kusum Kumari, énumère ensuite tous les sujets socio-économiques touchant la condition et les droits des femmes qui devraient être étudiés et reconsidérés. Selon elle « Le statut de la femme est déprécié en Inde à cause du taux d’’illettrisme encore trop élevé, qui en est la cause la plus importante,  à cause aussi des mauvaises conditions socio-économiques, du nombre croissant d’avortement de fœtus féminins et de morts pour la dot ». Elle évoque aussi les mariages d’enfants et leurs effets sur la santé de la mère, les violences domestiques, les viols, les kidnapping, et autres crimes contre les femmes.


Enfin elle conclut « Pour faire évoluer les mentalités des masses concernant les femmes, une nouvelle philosophie doit être développée et analysée à la lumière du développement scientifique du XXIe »

Il y eut aussi  une remise de diplômes;



et surtout du spectacle et des attractions, un petit orchestre et un meneur de jeux.


 La presse locale est présente et même quelques notables.



Françoise Frossard
Pour ECOLES DE LA TERRE