Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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jeudi 26 février 2015

NOTRE VISITE À CALCUTTA – JALDHARMATH - VOILÀ DÉJÀ DIX ANS !




CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,


En guise de constat, je lis sur le site internet www.fides.org la citation suivante : « un programme, une école, une vie, au profit de milliers et de milliers d’enfants sans instruction et condamnés à la pauvreté et la misère ». En Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe aussi, ce constat est hélas toujours d’actualité. Depuis près de 20 années nous côtoyons les enfants des bidonvilles dans différentes régions de l’Inde et nous avons le sentiment qu’un malheur sans fin frappe en premier lieu les plus petits êtres humains de cette auguste planète !


Lorsque les chiffres les plus pessimistes fouettent ma raison, j’en deviens presque désespéré ; en d’autres circonstances, et principalement lorsque je rencontre les enfants chez eux, dans leurs quartiers de misère, je reprends des forces et je recommence à croire qu’une amélioration demeure possible. Tout d’abord par la capacité qu’ont ces enfants de rendre la vie joyeuse malgré leur pénible condition de vie ; ensuite, parce que je me dis que nos efforts ne peuvent rester sans lendemain, que nos actions en provoqueront d’autres et se multiplieront comme une traînée de soutien à travers le monde, comme une sorte de contagion essaimant éducation et bonheur en héritage !


Lors de ma dernière visite au bidonville de Jaldharmath à Calcutta, pas plus tôt qu’hier jeudi 26 février, je me suis dit qu’après 10 années passée là-bas, nous pouvions constater avec bonheur que près d’un millier d’enfants avaient usé les tapis de nos salles de classe en maternelle, puis poursuivi leur école dans des établissements gouvernementaux voisins, et cela grâce à notre soutien matériel et notre programme d’accompagnement [suivi scolaire]. En réalité, c’est déjà ça, même si nous voulions faire beaucoup plus.


L’allure du bidonville n’a certes guère changé depuis mon arrivée ici il y a dix ans ; mais je ne m’arrêterai pas à cette considération ; pourquoi ? Parce que nous souhaitons avant tout que nos élèves s’octroient le plus de chance possible à quitter le moment venu leur insalubre Jaldharmath afin de travailler, puis s’établir dans d’autres quartiers plus accueillants de Calcutta.


Les quelques photos de ce blog suffiront, je l’espère, à illustrer la camaraderie, la vivacité et l’envie de vivre de nos élèves ainsi qu’à vous assurer de la joie immense que j’ai et aurai encore à les retrouver.


J’envoie à vous Toutes et Tous plein de bonnes ondes que les enfants de Jaldharmath m’ont offertes sans compter en partage. Puissent-elles vous trouver en bonne santé et heureux d’être ce que vous êtes en cette fin d’hiver ! Avec mes pensées les plus chaleureuses.


Martial Salamolard pour  ECOLES DE LA TERRE


Note : Jaldharmath c’est 65 enfants de maternelle en école de jour et 60 élèves en école gouvernementale, répartis dans des classes de niveau 1 à 11 et qui suivent quotidiennement notre programme de suivi scolaire, appelé ici « follow up programme ».


dimanche 22 février 2015

INTERMÈDE À CALCUTTA



 
À l’époque où j’écrivais le poème ci-dessous, nous n’avions ni mail, ni blog, ni site internet. Nous étions au siècle passé. Je ne résiste pas à l’envie de vous le publier ici à Calcutta, près de 20 ans plus tard ; nous étions alors à la fin des années 90 ! Ce texte n’a aucune prétention, si ce n’est que de décrire une émotion ! Ô Souvenir ! Il s'agit bien d'un intermède, pensant aujourd'hui au futur des enfants des bidonvilles !

 
Ô CALCUTTA !

Ô émouvante ville, gris amers faubourgs !
Laideur grisaille des bidonvilles !
Qu’ont-ils fait les hommes de ce coin de Terre ?

Ô misère, chaleur torride dans la poussière !
La presque mort couchée à même la terre !
Qui laisse gémir de faim les mères et leurs enfants ?

Je rêve que l’amour raisonnable me rende visite et s’attarde au fond de moi. Je rêve du sentiment des désespoirs qui s’effacent ! Je rêve que mon amour pour les enfants des bidonvilles soit une graine de lotus ou de moutarde que Bouddha ou Christ m’auraient donné ! Je rêve que cet amour devienne une fleur immense, un arbre pour que les oiseaux du ciel viennent dans les bidonvilles construire leur nid. Je rêve de vivre comme je rêve !

Au travers de mes lucarnes voilées qui me laissent transparaître des formes nobles et cruelles du quotidien de la Terre, je cherche à comprendre le regard des enfants déshérités, cet autel de douleurs d’une rare beauté !

Je me lève le matin avec l’amour endormi dans sa blanche inconscience et je sais que c’est à moi de le réveiller, quel que soit le pied sur lequel je me suis engagé, quel que soit la couleur du ciel, la consistance de mon petit déjeuner, quel que soit le lieu où j’irai travailler, l’endroit où je vis sur la Terre ! Alors, je pense aux enfants de là-bas, les enfants de la Terre ! Les enfants de Calcutta !

Par la fenêtre du regard, cette irrésistible invitation à voir et être vu, j’observe le monde, j’observe les autres ; j’aperçois dans ma tête les allures guindées d’un défilé, les génuflexions de fidèles en piété, l’empressement d’hommes d’affaires, une stressante fourmilière d’êtres humains ! Et je vois dans mon cœur les enfants dans leurs pauvres quartiers de misère !

Dans tous les regards qui se croisent, je ressens l’essence de l’amour et de la haine entre les hommes, essence subtile, essence invisible chargée d’une myriade de particules qui alimentent des millions de milliers d’instants ; ces instants où la joie et la peine, la compassion et l’ignorance, le calme et le bruit, les rires et les pleurs deviennent un simple résultat, une banale conséquence qui véhiculent la vie dans sa légèreté et sa douleur !

Et puis, je rencontre les Enfants !  De leurs souffrances à leurs cris de jeunesse, d’ici jusqu’à là-bas, d’hier à aujourd’hui, combien de raisons ai-je donc de les aimer ? Ils sont vivants, ils chantent, ils pleurent ! Vers eux, je souhaite aller !

MS/1997

 
Calcutta a changé, comme le monde a changé ; ni plus ni moins, ni oui ni non. Les bidonvilles sont toujours là ; certains ont été rasés, d’autres sont sortis de terre. Les enfants sont toujours dans les gares, la misère rôde dans des quartiers, le bonheur est encore trop loin !


Durant la semaine qui vient, je vous parlerai de Jaldharmath, un bidonville où nous gérons une école.

Avec mes pensées les plus chaleureuses.


Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE
(à Calcutta depuis hier 20 février 2015)


- la 1ère photo est tirée de www.grand-prix-photo-reportage.parismatch.com/2010   
- la 5ème de www.ob.org
- les 3 autres sont d’Ecoles de la Terre - Delhi