Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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jeudi 1 mai 2014

L'ACCÈS À L'EAU ET SA QUALITÉ - SITUATION DANS LES SUNDERBANS - OUEST BENGALE - INDE - LE PROJET D' ECOLES DE LA TERRE 2014



CHÈRES AMIES, CHERS AMIS

Je lis dans l'ouvrage "Réparer la planète de Maximilien Rouer et d'Anne Gouyon [éditions Jean-Claude Lattès - 2007] que nous sommes dans le siècle de l'or bleu et que l'eau est une ressource faussement abondante. À l'échelle de la planète, l'eau est une ressource en ce sens qu'elle "est propre à des usages domestiques (8% de la consommation mondiale), industriels (22%) ou agricoles (70%), des pourcentages qui varient beaucoup selon les pays. L'eau utile doit remplir trois caractéristiques : il faut que ce soit de l'eau douce, qui ne représente que 0,5% du total des réserves mondiales. Ensuite, elle doit être propre - avec des degrés de pureté différents selon qu'elle est destinée à la consommation humaine, à l'agriculture ou à l'industrie. Enfin, elle doit se trouver sous une forme accessible : précipitations, eaux de surface (cours d'eau, lacs et bassins) ou eaux souterraines (nappes phréatiques, sources)". Enfin, nous notons que l'eau est inégalement répartie sur l'ensemble de la planète; 20% de la population mondiale absorbe près de 90% des ressources en eau.




OUEST BENGALE - 24 SOUTH PARGANAS DISTRICT

C'est là qu'Ecoles de la Terre déploie ses programmes de soutien, dans des îles entourées de l'eau salée de l'océan indien. L'eau douce se trouve essentiellement dans les nappes phréatiques. L'accès à l'eau potable est difficile et la population des îles, de surcroît très pauvre, se bat pour réguler la consommation d'eau à des fins agricoles et domestiques. La proximité de l'eau salée de l'océan, qui se mélange à l'eau douce, surtout lors de perturbations cycloniques, n'est pas faite pour arranger les choses. En ce qui nous concerne, c'est  surtout la qualité de l'eau qui nous cause problème. Nous en prenons conscience lors de nos contrôles et consultations organisés régulièrement dans le cadre de notre programme "Santé & Hygiène"; en effet, nous avons bien remarqué qu'un trop grand nombre d'enfants sont en réalité des victimes d'une consommation d'eau manifestement impropre à la consommation.




Ce problème est récurrent pour le Bengale Occidental indien et pour l'Etat du Bengladesh voisin. Il représente un risque manifeste pour la santé de plus de 100 millions de personnes. La présence d'un taux d'arsenic dans une eau "dite potable" est le principal sujet de préoccupation, même si ça n'est pas le seul [métaux et bactéries]. En plus de notre mission première, soutenir les enfants des îles dans leur quête d'éducation, nous nous devons, tel un défis, de leur assurer ainsi qu'à leurs familles de l'eau en quantité suffisante et de bonne qualité.




Si  aujourd'hui nous pouvons vous présenter notre système de traitement d'eau que nous allons installer prochainement près de nos écoles du Bengale [Îles des Sundarbans], c'est grâce à la Fondation Cédric Martin de Genève qui nous sensibilise depuis de nombreuses années à toutes les questions relatives à "l'or bleu"; par le passé, elle nous a déjà soutenu pour le forage et la construction de plusieurs puits, au Bengale, au Bihar et au Rajasthan, de même que pour l'aménagement d'installations sanitaires dans nombre de nos écoles.




UN NOUVEAU SYSTÈME : LES STATIONS DE PURICIATION DE L'EAU

Avec Nandalal Baidya, le responsable "Ecoles de la Terre" pour le Bengale, nous avons contacté un certain nombre d'entreprises indiennes et spécialisées dans le traitement de l'eau. Après contacts, entretiens, analyses et visites, et tenant compte d'un rapport coût - efficacité, notre choix s'est porté sur un système de purification d'eau doté d'un processus d'élimination de l'arsenic, des excès de fluorure,  des métaux et des bactéries contenus dans l'eau destinée à la consommation domestique des habitants des villages [plus particulièrement la "drinking water" comme nous l'appelons là-bas].

Le district de "South 24 Parganas", où se situent nos écoles, est l'une des régions de l'Ouest Bengale reconnue pour être particulièrement contaminées; parmi elles les 5 plus affectées sont les districts de Nadia, Murshidabad, Malda, North et South 24 Parganas. C'est la raison pour laquelle, nous avons décidé d'entreprendre le démarrage de notre nouveau programme de purification dans cette région plutôt qu'une autre, au Bihar ou au Rajasthan.




La description du processus de traitement de l'eau (purification) peut s'expliquer simplement de la manière suivante. L'eau brute en provenance du puits foré passe à travers une "chambre d'oxydation" pour l'adsorption (phénomène physico-chimique) des résidus de métaux présents [dans l'eau]. L'eau est ensuite envoyée au travers d'un filtre de sable à pression afin d'arrêter les éléments solides (niveau de turbidité), rendant ainsi l'eau libre des composants de métaux et des matières en suspension qui la troublent [telles que bactéries, micro-algues, fluorure etc…]. L'eau débarrassée de ces matières [métaux,  bactéries, etc…] passe ensuite dans une nouvelle chambre [colonne Bayoxide] qui a une haute capacité d'adsorption d'arsenic afin d'éliminer complètement les composants d'arsenic solubles présents dans l'eau. L'eau ainsi débarrassée de ses composants d'arsenic passera ensuite à travers une chambre UV [chambre d'exposition au rayonnement ultraviolet] afin de libérer l'eau d'éventuels micro-organismes pathogènes. La dernière étape consiste à nettoyer toutes les unités [chambres ou colonnes] d'oxydation, de filtration de métaux et bactéries, de filtration d'arsenic afin d'éliminer tout résidus et rendant ainsi les filtres les plus performants possibles.




Le début des travaux du nouveau système de purification est prévu pour ce printemps 2014 et se déroulera près de notre nouvelle école de Purba Jata [du nom d'une des îles où nous travaillons] dont la construction est à ce jour sur le point de s'achever. Nos premières colonnes de traitement [selon le Système Bengal Aqua Engineering] seront installées et affectées au nouveau puits annexé à l'école et foré spécialement pour la circonstance. Nous pourrons compter sur un traitement de 2000 [deux mille] litres à l'heure [25000 à 30000 litres par jour pour une utilisation de 12 à 15 heures] et satisfaire ainsi, outre les besoins de l'école, ceux des familles de tous les villages alentours où résident nos quelques 300 élèves. Nous organiserons un système de distribution [structuré et bien élaboré] pour les habitants des villages de Dhaki, d'Haldorpara, d'Hatuarghery, de Mayrapara East, de Mayarapara West, de Mondalpara, de Musalmanpara et de Purkaitpara. Un grand travail d'information, de sensibilisation à la consommation de l'eau nous attend. C'est un "challenge" que nous sommes prêts à relever car il est d'une importance capitale pour la santé des habitants de toute cette région et pour la bonne conduite et le succès de nos programmes d'éducation. Le coût total, pour le forage du puits, la construction des accessoires et l'installation des colonnes du système de purification est de l'ordre de 6 lakhs ou 600000 roupies indiennes [soit l'équivalent de 10000 francs suisses]. La maintenance du système devra retenir toute notre attention. Les habitants bénéficieront d'une eau gratuite; ils se sont déjà engagés à assurer le financement de la maintenance de la station de purification.




Pour conclure cette présentation, j'ai à cœur de souligner l'importance des actions conjuguées qui visent à renforcer notre mission en faveur des enfants et à combiner nos programmes avec les besoins de leurs propres familles et leur environnement.

Avec toute ma reconnaissance pour l'intérêt que vous nous portez et mes pensées les plus chaleureuses, à Vous Toutes et Tous.




Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE

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