Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

vendredi 17 juillet 2020

LA LUTTE CONTRE UN TITAN MICROSCOPIQUE OU LE MESSAGE D’ECOLES DE LA TERRE



Chères amies, chers amis, je ne veux pas vous inonder de messages, seulement vous communiquer, au rythme des saisons, l’essentiel des nouvelles d’Ecoles de la Terre.




LE FLÉAU DE LA TRANSMISSION OU LES 4 MOIS D’UN NAUFRAGE MONDIAL

Le 29 mars dernier je vous disais que nous étions sans doute en début de tempête. Je vous parlais de la pandémie du Covid19 qui étendait ses ailes contagieuses et tentaculaires à travers le monde.



Eh bien voilà une crise qui touche la terre entière. Je ne m’avancerai guère en vous disant que tous les humains sont touchés ; je me dois d’ajouter qu’une part d’entre eux sont des naufragés, occupés à maintenir la tête hors de l’eau alors que d’autres sont déjà coulés.




LE SUBCONTINENT INDIEN OU 17% DE LA POPULATION MONDIALE

L’évolution du Covid19 en Inde est très particulière compte tenu de la dimension démographique, de la situation économique, de la structure sociale et de l’organisation du secteur de la santé du pays.



Avec 1 milliard et 300 millions d’habitants, une croissance économique qui s’effondre, une disparité toujours aussi flagrante entre riches et pauvres et un système de santé qui ne faillit pas à la règle des inégalités sociales, nous pouvons bien comprendre que la crise sanitaire qui sévit depuis mars 2020 non seulement complique la tâche des gouvernants mais encore laisse sur le bas-côté les plus pauvres et nombre de gens déjà fragiles avant ladite tempête.



C’est dans ce cadre peu reluisant que nous œuvrons et tentons de faire face aux événements de ce 1er semestre. À la crise sanitaire qui nous paralyse depuis maintenant plus de 4 mois sont venus s’ajouter, le cyclone Amphan qui a ravagé nos écoles des îles des Sundarbans de l’Ouest Bengale les 20 et 21 mai derniers et l’invasion de criquets pèlerins qui, 10 jours plus tard, anéantissait les récoltes du Rajasthan.




LE GRAND MALHEUR OU LA FATALITÉ DES DÉSHÉRITÉS

C’est la guigne, c’est la déveine, c’est la poisse qui semble persistante et met ainsi en péril plus de 20 ans d’inlassable labeur. Ecoles de la Terre est certes une ONG de moyenne taille, mais elle représente une portion d’eau non négligeable dans l’océan de la misère du monde.



Suite aux décisions des autorités d’imposer un confinement généralisé, "lockdown", dès la mi-mars, les 5000 élèves et apprentis de nos programmes d’éducation se retrouvent disséminés dans leurs petits villages. Les 4000 mères bénéficiaires de notre programme microcrédit ont dû cesser ou mettre en veilleuse leurs activités de micro-entrepreneuses, perdant ainsi leur gagne-pain familial pour un temps indéterminé. Nos usines d’assainissement et de distribution d’eau potable aux îles Sundarbans ont suspendu leur production faute d’électricité à la suite du cyclone de mai dernier. Nombre de familles de nos élèves, œuvrant dans l’agriculture ou l’élevage, voient leurs activités paralysées par l’impossibilité de livrer leur production, tout accès aux marchés des bourgs et villes voisines leur étant interdit.



Nos budgets établis en février dernier pour notre année scolaire 2020-21 ne sont bien entendu plus adaptés à nos besoins. Parmi les 6315 familles liées à Ecoles de la Terre par nos différents programmes de soutien, 4'082 d’entre elles ont eu recours à notre assistance jusqu’à ce jour. L’aide alimentaire, la distribution de masques de protection, la mise à disposition de produits d’hygiène, les prises en charge de cas médicaux extrêmes et le soutien aux familles endeuillées suite au coronavirus représentent nos principales interventions provoquées par cette crise hors du commun.




L’AIDE INCONTOURNABLE OU LA GÉNÉROSITÉ DE NOS AMI/ES

Dans ces moments de grande crise il est de bon ton de rappeler les symboles du "donner" et du "recevoir". Que ferait la pauvreté sans la générosité ? Elle serait encore plus indigente !



La misère et le dénuement, comme la richesse et l’opulence, vivent leur normalité, leur légitimité au rythme du quotidien comme pour titiller la souffrance et le bien-être, jusqu’à ce que des événements de la vie que l’on appelle des crises, viennent encore mettre en évidence leur dissonance au risque d’amplifier la disharmonie, le désordre et le chaos.



J’ai à cœur de souligner ici le fidèle soutien des marraines et parrains, des sponsors et bienfaiteurs, des amies et amis d’Ecoles de la Terre qui, en dépit des limites et des freins provoqués par cette récession, poursuivent leur assistance et leur aide, ajoutant encore du crédit à leurs inestimables donations.




L’ENVIE DE NE PAS TOMBER OU LE MOT DE LA FIN

Notre budget annuel prévoyant quelques 13 millions de roupies, environ 180'000 Francs suisses, devient un plan financier compliqué à l’entrée de cette année scolaire qui a démarré aux premiers jours d’avril dernier. À l’issue du seul 1er trimestre de cet exercice 2020-2021, avril à juin, Ecoles de la Terre Genève a dû financer plus de 2 millions de roupies supplémentaires, 30'000 Francs suisses, afin de couvrir les charges provoquées par le Covid19, celles-ci se rapportant aux aides alimentaires et sanitaires apportées à plus de 4000 familles, aux compensations de recettes indiennes non réalisées suite au confinement, ainsi qu’aux réparations et reconstructions effectuées après le passage dévastateur du cyclone Amphan dans les îles des Sundarbans.



À l’heure où j’écris ces lignes, en Inde, la pandémie n’a pas atteint son pic de contamination. Le confinement vient d’être à nouveau décrété dans l’Etat du Bihar et le district de South 24 Parganas dans l’Etat de l’Ouest Bengale. À peine les affaires reprenaient-elles pour les familles de notre programme de microcrédit, que ce nouveau coup d’arrêt vient contrecarrer nos plans et semer le doute dans nos prévisions !



Toutes nos écoles sont fermées depuis la mi-mars ; les directeurs de nos établissements planifient les visites quotidiennes auprès de nos élèves afin d’assurer un suivi scolaire que nos enseignants conduisent dans les dizaines de villages du Bengale, du Bihar et du Rajasthan. Nous souhaitons dispenser au mieux les programmes éducatifs et préparer ainsi nos prochains tests de connaissance. Nous tenons aussi à maintenir le lien avec les enfants, leurs familles, et faciliter la prochaine reprise des cours qui toutefois demeure bien hypothétique.



En effet, l’incertitude prédomine quant à l’évolution de la pandémie du coronavirus. Aujourd’hui, à mi-juillet 2020, l’Inde s’inquiète de la progression exponentielle du Covid19 et la barre du million de cas confirmés vient d’être franchie. Ces chiffres sont publiés par les instances statistiques gouvernementales et relayées par les médias ; ils sont cependant largement sous-estimés.  



Ce pays est à 75 % rural et la plupart de ses villages sont isolés du monde ; il est de surcroît constellé de bidonvilles sur l’ensemble de son territoire et son système de santé est autant sous-financé qu’inégalitaire. L’Inde peut craindre le pire et jouer à tout moment une course contre la montre, un rallye contre la mort.



C’est dans ce contexte qu’Ecoles de la Terre tente de gérer au mieux ses programmes d’éducation, de santé, d’hygiène et d’assistance. Puisse le ciel nous entendre et nous donner la force de combattre ce satané parasite, ce titan microscopique.




Que Dieu vous bénisse et que la vie vous protège ainsi que vos proches. Amitiés à Toutes et à Tous.

Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE


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