Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

lundi 11 mai 2015

RENCONTRES AVEC LES PARENTS DES ÉLÈVES DE NOS ÉCOLES DE CAMIJULI SCHOOL ET SARASWATI SCHOOL - DEUX ÉTABLISSEMENTS QUI ACCUEILLENT PLUS DE 1500 ÉLÈVES !





Combien de rencontres avec les parents d’élèves avons-nous déjà vécues dans notre branche « Ecoles de la Terre » du Bihar depuis le début de nos activités là-bas, en l’an 2000 ? Des dizaines et des dizaines ! Tout au long de ce message nous vous présentons des photos illustrant nos deux dernières rencontres ; le 1er mai avec les parents des élèves de notre école de Saraswati, le 6 mai avec ceux de notre école de Camijuli.

 
Pour faire un peu d’histoire, il y eut tout d’abord nos premières séances pionnières, riches en discussions sur la question de savoir si nous allions démarrer un projet scolaire en faveur des enfants. Les requêtes de la part des mères et des pères furent insistantes, "ouvrez une école pour nos enfants", "nous voulons envoyer nos enfants à l’école", "aidez-nous" ! C’est vrai qu’il n’y avait rien dans ces régions laissées pour compte et éloignées des centres urbains.


L’école de Camijuli dans le village d’Itra, en pleine campagne du district de Gaya, fut la première à être construite au Bihar. L’inscription des 400 premiers élèves eut lieu à la fin du mois de décembre 2000 ; nous inaugurions officiellement l’établissement en février 2001, en grande pompe, avec les "fifres et tambours" de l’endroit, les parents bien sûr, nombre de curieux et les quelques notables de la région.


Voilà 15 années que nous œuvrons à Camijuli’s Public School comme nous l’appelons communément ici ; les familles d’une grosse dizaine de villages alentours nous envoient leurs enfants, plus d’un millier aujourd’hui. En fait nous pouvons dire qu’il s’agit d’un complexe géo-éducatif regroupant les élèves d’une région très nécessiteuse en matière d’éducation.


C’est bien la raison pour laquelle l’organisation de Camijuli n’a cessé de se développer tout au long de ces 15 dernières années pour assurer aujourd’hui l’enseignement jusqu’au niveau de l’entrée au collège [classe de niveau 10]. Ce fut un travail de longue haleine qui à ce jour commence à porter de bons fruits.

 
Tant et si bien que nous avons procédé à la requête d’autorisation gouvernementale pour l’octroi de la licence "collège". Nous sommes quasiment assurés de pouvoir l’obtenir et avons commencé les travaux d’extension du bâtiment afin d’être prêts d’ici la prochaine session à dispenser nos premiers cours aux futurs collégiens des villages. Le 6 mai dernier nous avons eu l’occasion d’annoncer cette bonne nouvelle aux parents réunis en meeting à l’école de Camijuli.

 
Et puis, il y a une autre école que nous vous présentons aujourd’hui ; c’est celle de Saraswati qui se trouve dans le village de Pacchaati, un peu moins rurale que celle de Camijuli puisque plus proche de la petite ville de Bodhgaya que nombre de gens à travers le monde connaissent pour sa renommée en tant que haut lieu du bouddhisme.

 
C’est en avril 2008 qu’Ecoles de la Terre reprit les destinées de l’école suite au retrait d’une ONG indienne sponsorisée jusque-là par un groupe japonais. Nous la rebaptisions et lui donnions le nom de "Saraswati", celui de la déesse des arts et de l’éducation, haut perchée dans le panthéon des "dieux hindous".


Cette école accueille plus de 600 enfants vivant dans les villages entourant Bodhgaya. Certains d’entre eux font des kilomètres et des kilomètres chaque jour pour venir à l’école puis rentrer chez eux.  L’organisation des classes est exemplaire et le directeur, le "principal" comme nous l’appelons ici, était déjà en poste la sous houlette de l’ancienne ONG.

 
Le vendredi 1er mai 2015 nous invitions à l’école Saraswati tous les parents pour une première rencontre de l’année scolaire 2015 – 2016. Comme pour Camijuli et toutes les autres écoles du Bihar, du Bengale et du Rajasthan, ce premier meeting est l’occasion de faire plus ample connaissance avec les nouveaux et faire le point de la situation avec tous les autres parents. Rappeler nos directives ainsi que nous mettre à l’écoute des familles c’est un peu la règle première de ces rencontres que nous organisons 2 à 3 fois par an.

 
Notre présence régulière et prolongée en Inde nous offre la chance de participer chaque année à une rencontre avec les parents dans la plupart de nos écoles. Ces retrouvailles sont riches d’enseignement pour l’adaptation et le développement de nos programmes scolaires ; elles nous renforcent aussi dans notre mission.


Nous aurons parlé à plus de 500 familles au cours de ces 2 derniers meetings. À l’ordre du jour d’une rencontre nous donnons la parole aux parents afin qu’ils fassent part de leurs requêtes et de leurs propositions. Nous leur rappelons également nos règles en matière de comportement, de discipline et de présence des élèves.


L’objectif est de créer et maintenir un lien fort entre l’école et les familles. Pour ne parler que de ces deux écoles, plus de la moitié des mères et des pères sont encore analphabètes. Mais après toutes ces années, 15 ans pour Camijuli, bientôt 10 ans pour Saraswati, les premiers adultes sortant de nos écoles vont bientôt inverser cette tendance. Même si certains d’entre eux vont quitter leur village, ils garderont le contact avec leur famille et apporteront un souffle nouveau pour les prochaines générations.


Le Bihar est le troisième État le plus peuplé de l’Inde, après l’Uttar Pradesh et le Maharasthra. Son taux de fécondité est très important, 3,7 enfants par femme en 2010. Nombre de "biharis", habitants du Bihar, sont très pauvres et s’exilent, soit dans d’autres États de la fédération indienne, soit à l’étranger. Jusqu’à aujourd’hui, son taux d’alphabétisme demeure particulièrement bas. La conjonction de nos programmes d’éducation et de notre planning familial doit contribuer à terme dans les régions rurales où nous travaillons, à améliorer le degré d’alphabétisme en même temps que le niveau de vie.


Nous avons le plaisir de publier ce compte-rendu le jour même de notre départ du Bihar pour Delhi, la capitale. Nous vous adressons nos plus chaleureux messages.


Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE

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