Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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vendredi 7 avril 2017

L’INDE FACE À L’IMMENSE DÉFI DE L’EAU




Pour Isabelle Gautier de "Geopolis France TV Info", l’un des premiers graves problèmes auxquels le gouvernement indien doit faire face est celui de l’accès à l’eau. Plus de 150 millions de personnes vivent toujours sans eau potable dans le sous-continent. Pour illustrer ce triste phénomène, elle nous rappelle que la surpopulation, les méfaits de l’agriculture intensive et les rejets toxiques provenant de structures industrielles mal adaptées polluent encore et toujours les nappes phréatiques.


À notre connaissance et à notre humble avis, nous pouvons confirmer que l’or bleu est effectivement loin d’être à la portée de tout le monde ici en Inde, dans les zones urbaines comme dans les campagnes. Oui, l’eau est un objectif constitutionnel pour les plus hautes autorités indiennes ; mais alors que les pesticides, les déchets industriels et la mauvaise infrastructure sanitaire se répandent dans les nappes souterraines, nous devons bien admettre que cet objectif est logiquement irréalisable.


Cette situation fait le bonheur et la fortune des marchands d’eau. L’approvisionnement d’un quartier de ville moyenne peut rapporter jusqu’à 10 millions d’euros chaque jour. Il n’y a pas de réglementation en ce qui concerne la mise à disposition et la livraison d’eau.  Au surplus, à New Delhi par exemple, un grand nombre d’immeubles sont reliés au réseau d’eau courante mis en place par la municipalité. Ainsi, nombre de familles font installer des pompes électriques ; mais l’eau reste impure, il faut la filtrer, augmentant forcément les factures d’électricité.


Choléra, diarrhée, malaria sont dans bien des régions en recrudescence malgré les campagnes de prévention et de vaccination.  Les indiens les plus pauvres savent bien que dans bien d’endroits l’eau est gaspillé, alors que chez eux la distribution se fait attendre.


L’Inde s’était donnée jusqu’à 2012 pour offrir l’eau potable à tous ses citoyens. Aujourd’hui en 2017, nous observons que nous sommes loin du compte. Par conséquent le gouvernement indien a revu la question, changeant son fusil d’épaule. Il a décidé de confié la gestion de l’eau à des entreprises privées. Cependant, cette nouvelle orientation risque fort de creuser encore davantage le fossé entre les catégories les plus riches et les franges les plus pauvres de la population.

QUE FAIT ECOLES DE LA TERRE DANS CE CONTEXTE LÀ !

Nous pouvons confirmer que là où Ecoles de la Terre déploie ses programmes, le constat présenté ci-dessus se vérifie pleinement ; que ce soit dans les grandes villes, nous nous trouvons à Calcutta et à Delhi, ou dans les zones rurales, nous sommes au Bengale [îles esseulées et agricoles des Sundarbans], au Bihar [campagne classique, aride et pauvres] et dans le désert du Thar [région coupée du monde, aux conditions de vie dantesques].


Dans ces trois Etats fédérés indiens, de même que dans les 2 mégapoles de 15 à 20 millions d’habitants, Calcutta et Delhi, la question de l’eau se pose bien évidemment ; elle est encore plus aigüe dans les zones rurales, pauvres et négligées. Entre le printemps 2014 et l’automne 2016, nous avons mis en service des stations de purification d’eau dans les îles des Sundarbans et dans le district de Gaya au Bihar.  Notre décision d’intervenir dans ces endroits est dû au fait que les besoins en eau potable, en termes d’hygiène et de salubrité, nous ont paru prioritaires. La question de la potabilité de l’eau était sur toutes les lèvres. Combien de fois m’a-t-on invité à boire de l’eau d’un puits ; mais vu sa couleur et les résidus qui flottaient en surface je doutais de sa qualité et renonçais ainsi à la boire.


C’est dans ce contexte que nous avons préparé un plan destiné au  traitement de l’eau. Jusqu’alors nous nous étions concentrés sur la question, très importante elle aussi, de l’approvisionnement. Une bonne vingtaine de puits ont été forés dans les principales branches d’Ecoles de la Terre, au Bengale et au Bihar. Au Rajasthan par contre, nous avons dû installer des réservoirs compte tenu de l’impossibilité d’atteindre des nappes à profondeur respectable.


Tout cela a été possible grâce à la bienveillance et au financement de la Fondation « Cédric Martin » de Puplinge à Genève qui nous aide à bras le corps depuis nos premiers jours. Elle est notre soutien pour tout ce qui a trait à l’eau ; un apport énorme pour Ecoles de la Terre. Ainsi, nous avons construit 4 stations de purification dans les îles Sundarbans entre 2013 et 2015, puis 3 autres dans le district de Gaya au Bihar en 2016.


En ce début d’année 2017 nous nous occupons à concrétiser notre nouveau projet de construction de  trois stations de purification d’eau dans les Îles  des  Sundarbans au Bengale.  À ce jour, deux d’entre elles sont en voie de réalisation dans deux grands villages, Nalgora et de Purkait Gheri ; les puits sont déjà forés et l’installation va suivre incessamment. Une troisième à Raidighi est prévue pour la fin de ce printemps. En trois années, pas moins de 10 petites usines de traitement d’eau auront été installées près de nos écoles, mettant ainsi l’eau potable à la disposition de nos élèves, leurs familles et la population des villages environnant les écoles.


En réalité notre programme « Eau » s’inscrit au chapitre « Hygiène & Santé » d’Ecoles de la Terre. L’éducation est certes au centre de nos préoccupations et fut d’ailleurs la cause première de notre fondation, il y a de cela 20 ans. Mais bien vite nous nous rendus à l’évidence que nous ne pourrions pas aller très loin dans nos actions sans tenir compte de la santé et du niveau de vie, jusque-là si fragile et si misérable, des élèves, leurs frères et sœurs, leurs parents, leurs voisins.


Avec nos pensées chaleureuses et notre reconnaissance pour votre attention, votre intérêt, votre soutien. Amitiés.

Martial Salamolard pour ECOLES  DELA TERRE

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