Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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mardi 27 février 2018

UNE PREMIÈRE ÉTAPE SUR LES CHAPEAUX DE ROUE À RAIDIGHI



L'EAU, CET OR BLEU DONT BEAUCOUP ASPIRENT À SA CONSOMMATION !

Il est 7 heures 30 du matin, lundi 5 février à Calcutta ; j’arrive en provenance de Genève avec Carmine et nous prenons tout de suite la route pour les Îles Sundarbans. Carmine Graziano, de Genève, vient ici en Inde pour estimer l’avancement du programme « Eau Potable » d’Ecoles de la Terre, mis en place dès l’année 2014 dans plusieurs îles des Sundarbans, une région insulaire située au sud-est de l’État de l’Ouest Bengale ; celui-ci fait frontière sur toute sa partie est avec l’Etat du Bengladesh qui défraie la chronique ces temps-ci, en accueillant des centaines de milliers de réfugiés de Birmanie, les Rohingas, une ethnie minoritaire musulmane de ce pays.


Nous lui sommes tous très reconnaissants de nous avoir accordé de son temps et offert ses compétences afin d’évaluer le fonctionnement de notre dernière usine de traitement d’eau mise en service en novembre de l’année dernière. Nandalal Baidya, le responsable d’Ecoles de la Terre de Raidighi a pu mesurer l’importance d’une bonne organisation du travail pour un tel programme.


Carmine, qui rendra compte  à son retour en Suisse de ses observations à la Fondation Cédric Martin de Genève, notre généreux et fidèle donateur, nous a déjà promis un suivi et un contrôle du fonctionnement de nos usines de traitement et de purification d’eau. Il en va du succès de nos activités et de la pérennité de ce programme.


La patte d’un professionnel pour le bon fonctionnement d’une telle mécanique nous est salutaire. 9 jours de formation sur le terrain, à vérifier le bon fonctionnement des machines, initier les opérateurs à leur correcte utilisation et au respect d’une procédure rationnelle dans la chaîne de production, tel fut le copieux programme de cette première séquence.


Quel ne fut pas mon plaisir, de voir avec quelle énergie Carmine se mit à la tâche depuis les premières heures. Et quelle satisfaction, pour ne pas dire bonheur, d’accueillir pour la première fois un professionnel, venu ici pour apporter son savoir et apprendre à nos employés à maîtriser au mieux nos outils. Mille et un éléments de langage, brassés à la sauce d’un style « mix culturel », ont agrémenté nos moments de formation et d’apprentissage.


Notre dernière usine de production d’eau potable de Raidighi, petite ville du district de « South 24Parganas » de l’Ouest Bengale est bien particulière ; elle est destinée à fournir ce précieux liquide au plus grand nombre possible de familles pauvres de cette région des Sundarbans ; et cela à des prix compatibles avec leur pouvoir d’achat extrêmement bas. Cette population ne peut en aucun cas se fournir en eau proposée à un prix beaucoup  bien trop élevé par les distributeurs habituels d’eau minérale. 20 roupies est le prix minimum d’un litre d’eau vendu en Inde à ce jour ; il équivaut à 31 centimes de Franc Suisse. Nous espérons pouvoir le fournir à un coût bien inférieur au prix appliqué aujourd’hui par les détaillants. La fixation de ce prix fut l’un de nos principaux sujets de discussion.


Il a fallu prendre en compte la capacité de production de l’usine et la fixation d’un prix accessible aux familles, en tenant compte bien sûr des éléments entrant dans notre prix de revient. C’est là que la contribution de Carmine Graziano nous fut la plus précieuse. S’agissant d’une chaîne de production, allant, pour simplifier, du pompage d’eau en sous-sol [1], à l’alimentation du tank d’eau brute [2], aux processus de purification [3], à la mise en jarres [4], à son stockage [5] pour terminer par la distribution [6], il s’est agi de coordonner ces différentes étapes afin de rendre la production la plus efficace et la plus rapide possible.


Avec le concours et l’apport de Carmine, nous nous sommes concentrés sur une articulation cohérente de ces différentes étapes et dans la formation des différentes personnes chargées de remplir toutes les tâches avec l'objectif de les coordonner entre elles de la façon la plus rationnelle. Les langues et les cultures se sont bien entendu immiscées dans nos phases d’apprentissage. De curiosités en découvertes, de paliers en paliers, d’éclaircissements en démonstrations, nous pensons avoir fait un grand pas dans la formation de l’équipe en place.


Il reste bien entendu beaucoup à faire, surtout dans le suivi de l’organisation du travail mise en place au cours de ce stage. Je vous disais plus haut que Carmine suivrait depuis Genève l’évolution de notre usine, somme toute bien jeune puisqu’elle ouvrait ses vannes en novembre 2017. C’est la seule façon d’appliquer sa règle des « 3C » : commander, contrôler, corriger !  Si l’équipe de Raidighi applique la combinaison des étapes et ses règles du fonctionnement, nous allons tout droit vers le succès ; à savoir la mise à disposition d’une eau pure aux familles les plus pauvres et la création de nouveaux bénéfices au profit des écoles.


Cette première étape trouvait son point d’orgue à Calcutta où avait lieu notre premier meeting annuel des responsables d’Ecoles de la Terre en Inde.  Carmine a tenu à ce que les principaux collaborateurs de notre usine de Raidighi soient présents lors du point à l’ordre du jour concernant notre programme « Eau ». L’objectif était de quittancer la formation suivie au cours des jours précédents. Sans présager des contrôles et des corrections qui vont suivre, je suis persuadé que le nouvel élan de notre usine de Raidighi a bien été donné. Merci Carmine !


Meilleures pensées à toutes et tous qui ont lu ce message. Amitiés. 

Martial Salamolard pour Ecoles de la Terre.

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