Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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JOUR DE DISTRIBUTION DES NOUVEAUX UNIFORMES À L'ÉCOLE DE NABAKISHALAY À SONATIKARI SUR L'ÎLE KULTALI - WEST BENGAL - INDIA - MARS 2024

mercredi 20 mars 2013

8 mars 2013, la journée de la femme, une journée particulière !




Une longue file d’écolières en rangs serrés se pressent vers Rudraksha, nous sommes le 8 mai 2013 et Rajesh, le responsable d'Ecoles de la Terre pour le Bihar, a organisé la XIIIe Journée de la Femme. Pour elles, rien que pour elles.


Une fois installées, côte à côte, assises en lotus, c’est comme une mer humaine, au moins 500 têtes brunes, si ce n’est plus, que des filles et quelques jeunes femmes, avec  ici et là un garçonnet qui accompagne sa maman.


C’est comme une fête des écoles, il y a des discours :


des discours de circonstance : une invitée genevoise, Mataji, habillée en sari par les soins des enseignantes du cours d’esthétique, fit le discours introductif :


« La journée de la Femme, c’est l’occasion de rendre hommage à nos mères, à nos grands-mères, à toutes nos aïeules à toutes ces femmes qui ont travaillé, lutté, souffert avant nous, pour nous.

C’est aussi l’occasion de penser à nous à nos aspirations nos combats, nos victoires et nos défaites aussi. C’est reprendre son souffle et son élan pour continuer à aller de l’avant avec courage et détermination vers une vie meilleure.

Quand une femme met au monde une fille elle est à la fois heureuse et triste. Heureuse parce qu’une fille c’est précieux, c’est une semblable à qui transmettre son héritage, tout son patrimoine. Triste car être une femme partout dans le monde c’est plus dur, il faut travailler plus fort, se battre davantage, c’est aussi beaucoup de responsabilités. 

Alors pensons à nos filles, en nous battant pour nous, nous nous battons pour elles. Étudier, faire une formation professionnelle, travailler, dans sa propre entreprise ou ailleurs, c’est non seulement améliorer notre vie et celle de nos familles, mais par ces actes responsables nous prenons notre place dans le monde et ainsi nous améliorons le sort de nos filles … et de nos fils. »


Mais le discours le plus marquant fut celui de Mme Dr Kusum Kumari, Professeur à l’Université Maghad de Bodh-Gaya et directrice du département Education des femmes.

« De nos jours, la condition des femmes est si préoccupante qu’elle devient un sujet d’études. Deux facteurs les déterminent, la position de la femme dans la société et les problèmes qui en découlent, et la nécessité de redonner aux femmes leur juste place, comme quelqu’un d’aussi important qu’un homme.

Malgré notre  glorieux héritage, malgré les Durga, Laxmi, Kali et Saraswati, quelque part l’histoire a dérapé. La femme indienne a perdu son honneur, sa fierté et l’instinct le plus basique de l’existence humaine, la liberté. Les résultats en sont dévastateurs. Comment une nation peut-elle se développer si ses femmes sont encore traitées en inférieures. Voilà un vaste sujet d’études de recherche et de réflexion.


Malgré les efforts continus de notre gouvernement, l’Inde n’a pas atteint ses objectifs en ce qui concerne les femmes et la situation n’est pas saine. Les femmes représentent la moitié de la population mais leur situation en Inde et dans une grande partie du monde reste misérable. C’est aussi le cas au Bihar, l’Etat où nous vivons souffre de nombreuses carences.


Mme Dr Kusum Kumari, énumère ensuite tous les sujets socio-économiques touchant la condition et les droits des femmes qui devraient être étudiés et reconsidérés. Selon elle « Le statut de la femme est déprécié en Inde à cause du taux d’’illettrisme encore trop élevé, qui en est la cause la plus importante,  à cause aussi des mauvaises conditions socio-économiques, du nombre croissant d’avortement de fœtus féminins et de morts pour la dot ». Elle évoque aussi les mariages d’enfants et leurs effets sur la santé de la mère, les violences domestiques, les viols, les kidnapping, et autres crimes contre les femmes.


Enfin elle conclut « Pour faire évoluer les mentalités des masses concernant les femmes, une nouvelle philosophie doit être développée et analysée à la lumière du développement scientifique du XXIe »

Il y eut aussi  une remise de diplômes;



et surtout du spectacle et des attractions, un petit orchestre et un meneur de jeux.


 La presse locale est présente et même quelques notables.



Françoise Frossard
Pour ECOLES DE LA TERRE


jeudi 14 mars 2013

Fin février début mars, un dizaine de jolie folie, aux Sunderbans et à Calcutta !



Chères Amies, Chers Amis, je me dois de vous parler de ces semaines qui passent à une vitesse grand « V » ! Nous étions en toute fin de février lorsque mon épouse Marie-Elisabeth et Rita de Terwangne s’en allaient pour Genève et Rachel Philippoz remontait sur Delhi. Avec Saviana Francioso je me déplaçais à Calcutta afin d’accueillir Françoise Frossard. Le jour même de son arrivée, nous filions tous les trois ventre à terre pour Raidighi, un bourg pittoresque du sud des Îles Sunderbans dont je vous ai si souvent parlé.

Notre objectif étant de visiter l'ensemble de nos centres scolaires en Inde, nous nous sommes donc donnés quatre jours pour faire le tour des écoles de ces îles sauvages. Srifaltala, Purba Jatta, Sonatikari et Ganga Sagar ; c’était un peu trop pour mon organisme qui dû renoncer à certaines visites, dont celle de Ganga Sagar. Mon deuxième séjour 2013 aux Sunderbans fut ainsi quelque peu bouleversé par de coquines coliques intestinales.

Ces 4 écoles sont de vrais bijoux, toutes organisées avec joie, détermination et discipline. Nandalal Baidya est le chef d’orchestre d’Ecoles de la Terre aux Sunderbans. Avec ses seconds qui s’appellent Budiswar et Monigopal il a rassemblé une belle équipe ; enseignants, infirmiers et collaborateurs du programme de micro crédit se donnent sans compter. Chaque école fonctionne bien et ça se voit. Les enfants sont attentifs à souhait. Je les retrouvais une nouvelle fois après mes premières visites de janvier dernier que j’ai vécue avec ma Douce Marie-Elisabeth.

Françoise, toute nouvelle arrivée dans ce pays où la chaleur allait croissant, tenait le coup comme une routinière des Îles ; Saviana, dont c’était l’heureux retour aux Sunderbans après sa belle découverte de l’année dernière, ne bronchait pas. J’étais vraiment heureux que Saviana soit là ; elle me remplaçait haut la main aux côtés de Françoise afin de collecter le maximum d’informations pour le prochain livre d’Ecoles de la Terre dont Françoise est  l’auteure.

En effet, Françoise est venue ici pour au moins deux raisons que je vous cite promptement ; la première, pour découvrir les écoles et les centres de notre organisation dont elle est membre active depuis bien des années, la deuxième, pour récolter toutes les données dont elle a encore besoin afin de « charpenter » son ouvrage ; ouvrage qui j’en suis sûr, ne fera non seulement le tour des écoles, mais bien plus encore, le tour de la terre !

Nous étions le 3 mars lorsque nous rentrions tous les trois sur Calcutta. Mon estomac s’était un tant soit peu remis d’aplomb grâce aux bons soins d’un « Friend’s Doctor » de Nando Baidya ; je pouvais donc reprendre du collier et accompagner pleinement mes deux braves acolytes et amies dans la cité de Mère Teresa.

Nous visitions notre école du bidonville de Jaldharmath à Calcutta. J’y avais laissé mes traces de joie toutes récentes, suite à ma visite de début février avec Marie. Françoise découvrait ce nouveau monde avec ses yeux tout écarquillés ; Saviana revisitait son bonheur qu’elle avait vécu l’an dernier à presque même période !

Bref, c’était un grand moment de tendresse intense que d’être là dans ce bidonville de « bonheur – misère » ! Bien sûr, Françoise collectait ses « infos » pour le Livre ; Saviana retrouvait ses émotions de l’an dernier, encore plus claires, encore plus belles ! Et moi, j’accompagnais ce beau monde et, comme d’habitude, je jouais avec les Enfants.

Les 3 et 4 mars, nous ne manquions pas de rendre visite à Pradip Har, le fondateur et responsable de Creditwatch, la société de microcrédit avec laquelle nous travaillons pour notre programme en faveur des mères de famille. Pradip aussi je le revoyais après ma récente visite avec Marie en février dernier. Françoise avait mille questions à lui poser au sujet de notre programme Micro Finance.


Saviana, rassurée que mon estomac était en fonction normale profitait bien entendu de refaire une petite visite au bidonville de Jaldharmath. C’est Saviana, dès qu’il y a des enfants, et des tout petits, elle « craque » ! Normal, elle est éducatrice pour la petite enfance !


Et puis, le mardi 5 mars en fin d’après-midi est arrivé ! En gare de Sealdah, en plein cœur de Calcutta, nous prenions le train pour Gaya, destination Bodhgaya le Bihar où nous arrivions sur le coup de minuit ; là où nous nous trouvons toutes et tous en ce moment ; là où je viens de vous écrire ce « Blog » ! Là où, entre temps, les 7 jours qui s’en suivirent, tant de choses se sont passées, tant de choses vous seront racontées !


Du 26 février au 6 mars, ce furent 9 jours d’intenses moments de vie, entrecoupés de longs et chauds déplacements ! Les jours qui suivirent ne le furent pas moins, avec la présence de Rachel qui nous fit l’immense plaisir d’une nouvelle visite à Bodhgaya pour quelques jours, hélas bien trop brefs pour Saviana, et pour moi aussi !


Françoise m’a promis pour ces prochains jour un ou deux messages dont elle a le secret de la narration. Et Saviana, comme Rachel d’ailleurs, n’y échapperont pas non plus ! Je m’en porte garant. Mais je dois vous dire qu'il est bien difficile de gérer le temps de l'information ici au Bihar et de promettre ainsi des parutions à des dates précises. Il m'aura fallu une petite semaine pour publier ce Blog. Internet est tellement capricieux ici !


Chères Amies, Chers Amis, je vous embrasse Toutes et Tous très fort et je vous remercie de nous suivre ! Avec mon amitié et mes pensées les plus chaleureuses.


Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE

samedi 9 mars 2013

VISITE CHEZ BHARTI KUMARI LA PETITE FILLE COURAGE !


Ce 9 mars est encore un jour de fête, après celui du « Women’s Day » d’hier 8 mars à Bodhgaya qui fera lui aussi l'objet d'un blog imminent. Aujourd’hui c’était une nouvelle « visite » chez Bharti Kumari dans son petit village de Kusumbara ; un pur bonheur de revoir la petite fille courage qui a fait le tour de la terre à travers le livre « Mon école sous un manguier » qui, jusqu’à ce jour, ne lui apporté que notoriété.


Nous avons inscrit Bharti à l’internat de l’école publique « Gandhiji » de Dehri-On-Sone, une modeste ville distante d’une vingtaine de kilomètres de Kusumbara.  La rentrée sera pour le lundi 1er avril prochain. Bharti est trop grande pour poursuivre ses études dans la nouvelle école que nous avons ouverte au village pour les plus jeunes enfants de cette petite agglomération peuplée exclusivement d’intouchables, à savoir de gens très très pauvres. Elle est aussi toute seule puisqu’elle vient de perdre son dernier parent, son papa adoptif. Il était temps de lui offrir de meilleures conditions de vie et d’étude.


J’ai emmené Bharti en ville de Dehri-On-Sone avec Françoise Frossard et Saviana Francioso, toutes les deux membres d’Ecoles de la Terre à Genève, ainsi qu'Uppendar d’Ecoles de la Terre Bihar.  Nous lui avons acheté tout le matériel nécessaire pour sa rentrée scolaire. C’est un soulagement de voir Bharti poursuivre son rêve, celui de devenir institutrice.


Arrivée en ce monde il y a de cela un peu plus de 13 ans, Bharti a été déposée à sa naissance entre 2 rails de chemin de fer de la gare Dehri. Adoptée par une couple de Kusumbara, de passage par-là, elle ne fut pas épargnée par les circonstances de la vie ; elle perdait sa maman dans un incendie du village alors qu’elle n’avait pas encore 8 ans, puis son papa tout récemment.


Elle est un symbole fort de la lutte des filles pour leur survie en Inde. Elle est aussi devenue « notre petite fille chérie » ! Et puis elle est l’âme du nouveau projet d’éducation pour ses petits camarades de Kusumbara. Tout ça c’est « quelque chose » d’énorme !


Elle est Bharti Kumari, un être exceptionnel ! Avec notre émotion et nos chaleureuses pensées.

Martial pour ECOLES DE LA TERRE

mercredi 6 mars 2013

UN MOMENT DE POÉSIE



Ces Enfants sont un océan d'amour qui me porte dans la vaguelette que je suis. Ils sont beaucoup plus que mon autre moitié ! Ils m'emmènent sur la voie qui me guide vers ma « peut-être entièreté » que je ne peux même pas imaginer sans Leur présence. Avec Eux, je suis un peu moins le "ce qui m'échappe" !


Ils m'ouvrent au monde de la richesse et de l'indigence, cet ignominieux acoquinement qui construit le monde ! Ils sont comme une révélation qui me trace un chemin vers un autre moi, le moi des Enfants de la terre, à commencer par Ceux qui vivent les heures sombres de la misère !
J'ai dit misère ?


Oui, mais la misère qui danse avec les rires, ces grains de bonheur qui m'éclaboussent et me prennent dans un tourbillon de brins de félicité, ces brins d’amour qui se mettent à crier, comme pour chanter la vie, dans un boucan de clameurs de tous les sons et de toutes les couleurs ! Ces sons et ces couleurs qui dansent avec l’intelligence de la richesse et de l’indigence !


Ces Enfant là sont les "Constructeurs" de l’adulte, les Faiseurs de rire, les Êtres qui impriment la vie et qui font le « demain » inexorablement, avant même que notre journée se lève ! 


Derrière le néant apparent du Nouveau-Né se cache un pouvoir immense, global, l’essence humaine et créatrice, le vrai pouvoir de la Vie qui pousse l’homme à construire son temps et sa civilisation !
À part ça, je ne vois rien d’autre pour l’instant !


Je vous embrasse Toutes et Tous ; je vous aime !
Merci les Enfants,


Affectueusement,


Martial pour ECOLES DE LA TERRE