Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

mercredi 20 mars 2013

8 mars 2013, la journée de la femme, une journée particulière !




Une longue file d’écolières en rangs serrés se pressent vers Rudraksha, nous sommes le 8 mai 2013 et Rajesh, le responsable d'Ecoles de la Terre pour le Bihar, a organisé la XIIIe Journée de la Femme. Pour elles, rien que pour elles.


Une fois installées, côte à côte, assises en lotus, c’est comme une mer humaine, au moins 500 têtes brunes, si ce n’est plus, que des filles et quelques jeunes femmes, avec  ici et là un garçonnet qui accompagne sa maman.


C’est comme une fête des écoles, il y a des discours :


des discours de circonstance : une invitée genevoise, Mataji, habillée en sari par les soins des enseignantes du cours d’esthétique, fit le discours introductif :


« La journée de la Femme, c’est l’occasion de rendre hommage à nos mères, à nos grands-mères, à toutes nos aïeules à toutes ces femmes qui ont travaillé, lutté, souffert avant nous, pour nous.

C’est aussi l’occasion de penser à nous à nos aspirations nos combats, nos victoires et nos défaites aussi. C’est reprendre son souffle et son élan pour continuer à aller de l’avant avec courage et détermination vers une vie meilleure.

Quand une femme met au monde une fille elle est à la fois heureuse et triste. Heureuse parce qu’une fille c’est précieux, c’est une semblable à qui transmettre son héritage, tout son patrimoine. Triste car être une femme partout dans le monde c’est plus dur, il faut travailler plus fort, se battre davantage, c’est aussi beaucoup de responsabilités. 

Alors pensons à nos filles, en nous battant pour nous, nous nous battons pour elles. Étudier, faire une formation professionnelle, travailler, dans sa propre entreprise ou ailleurs, c’est non seulement améliorer notre vie et celle de nos familles, mais par ces actes responsables nous prenons notre place dans le monde et ainsi nous améliorons le sort de nos filles … et de nos fils. »


Mais le discours le plus marquant fut celui de Mme Dr Kusum Kumari, Professeur à l’Université Maghad de Bodh-Gaya et directrice du département Education des femmes.

« De nos jours, la condition des femmes est si préoccupante qu’elle devient un sujet d’études. Deux facteurs les déterminent, la position de la femme dans la société et les problèmes qui en découlent, et la nécessité de redonner aux femmes leur juste place, comme quelqu’un d’aussi important qu’un homme.

Malgré notre  glorieux héritage, malgré les Durga, Laxmi, Kali et Saraswati, quelque part l’histoire a dérapé. La femme indienne a perdu son honneur, sa fierté et l’instinct le plus basique de l’existence humaine, la liberté. Les résultats en sont dévastateurs. Comment une nation peut-elle se développer si ses femmes sont encore traitées en inférieures. Voilà un vaste sujet d’études de recherche et de réflexion.


Malgré les efforts continus de notre gouvernement, l’Inde n’a pas atteint ses objectifs en ce qui concerne les femmes et la situation n’est pas saine. Les femmes représentent la moitié de la population mais leur situation en Inde et dans une grande partie du monde reste misérable. C’est aussi le cas au Bihar, l’Etat où nous vivons souffre de nombreuses carences.


Mme Dr Kusum Kumari, énumère ensuite tous les sujets socio-économiques touchant la condition et les droits des femmes qui devraient être étudiés et reconsidérés. Selon elle « Le statut de la femme est déprécié en Inde à cause du taux d’’illettrisme encore trop élevé, qui en est la cause la plus importante,  à cause aussi des mauvaises conditions socio-économiques, du nombre croissant d’avortement de fœtus féminins et de morts pour la dot ». Elle évoque aussi les mariages d’enfants et leurs effets sur la santé de la mère, les violences domestiques, les viols, les kidnapping, et autres crimes contre les femmes.


Enfin elle conclut « Pour faire évoluer les mentalités des masses concernant les femmes, une nouvelle philosophie doit être développée et analysée à la lumière du développement scientifique du XXIe »

Il y eut aussi  une remise de diplômes;



et surtout du spectacle et des attractions, un petit orchestre et un meneur de jeux.


 La presse locale est présente et même quelques notables.



Françoise Frossard
Pour ECOLES DE LA TERRE


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