Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

lundi 29 mars 2010

CHERES AMIES ET CHERS AMIS, NOUS REVOILÀ AUX NOUVELLES DU TERRAIN ! C'EST LA FÊTE AU BIHAR !



NOS DERNIÈRES VISITES DANS NOS ÉCOLES DU DISTRICT DE GAYA, AU BIHAR
(Avec une série de photos légendées et posées en pagaille dans ce texte)



La semaine du 15 au 20 mars fut biharie. Nos écoles du district de Gaya, au Bihar, accueillent près de 2500 enfants. Nos premières visites dans cet Etat de l’Inde, particulièrement pauvre, datent de l’hiver 1997-1998. Vivant et travaillant à Calcutta, à ce moment là, pour les enfants de l’Institution de « Mère Teresa », j’avais déjà pu observer que de nombreux habitants du Bihar s’exilaient dans la grande métropole bengalie afin d’y trouver du travail et tenter de battre en brèche l’endémique et endurante pauvreté qui semblait accabler une trop large part de cette population indienne.



Le Bihar est avant tout un Etat rural et connaît depuis longtemps un important exode lié, principalement, à sa croissance démographique et aux conditions de vie difficiles dans les campagnes.



Aujourd’hui en 2010, je dois vous avouer que la situation n’a pas fondamentalement changé ; la pauvreté, la corruption et l’illettrisme sont encore « monnaie courante » dans cet Etat. Traversé d’ouest en est par le fleuve « Gange », le Bihar est au bénéfice de plaines alluviales très fertiles, où les cultures (blé, riz, canne à sucre, maïs, jute, pommes de terre, etc..) se font essentiellement.



L’agriculture occupe 80% de la population active de cette région (67 % pour l’ensemble du pays en 2006), mais souffre de son faible taux de productivité, de la multiplication de petites parcelles, d’un trop grand nombre de paysans sans terres, souvent réduits à un statut de servitude inacceptable, intolérable. Dans les villages où travaille « Ecoles de la Terre », le chiffre de la population active, occupée dans les travaux des champs, frise les 100%.



Pour « Ecoles de la Terre », tout a commencé au cours de l’année 2001, lorsque nous amorcions la construction de l’école de « Camijuli », dans le village d’Itra. Cette première école fut inaugurée en janvier 2002 ; suivirent celles de « Sujata » au cours de la même année, celle de « Jolibigha » en 2004, celle de « Nilamati » en 2005 et celle de « Sarasvati » en 2008. »(cf : présentation de ces cinq écoles en deuxième partie de ce blog).



Tout d’abord organisées sous sa forme juridique « d’Ecoles de la Terre Charitable Trust », dès l’année 2001, nos actions au Bihar sont aujourd’hui transférées dans notre nouvelle structure indienne, « Ecoles de la Terre Welfare Society ». Au Bihar, « Ecoles de la Terre » devient donc l’une de nos quatre branches indiennes, avec le Bengale, Dehli et le Rajasthan.



Avec mon épouse Marie, qui m’accompagne à travers l’Inde depuis le début du mois mars, mais encore, avec Walter Gehri et Charles Bôle, deux amis de Genève venus nous rejoindre à Bodhgaya, ainsi que Sathyana Giroux, notre volontaire de Genève travaillant à Camijuli, j’ai eu l’immense plaisir de me rendre à nouveau dans nos écoles de « Camijuli », de « Jolibigha », de « Sujata » et de « Sarasvati » !



C’est toujours un ravissement pour moi que de pouvoir partager ces visites avec la famille et avec les amis ! J’ai demandé à Marie, qui m’a donné son accord, de me conter et d’exposer son expérience lors de son dernier séjour en Inde.



Dès mon retour à Genève, je solliciterai pareillement Walter et Charles, afin qu’ils nous donnent leurs impressions et expriment leurs ressentis a la suite de leur première visite dans nos écoles du Bihar.



A Sathyana, je lui demanderai, comme aux autres bénévoles dorénavant, de nous décrire son activité auprès des enfants de Camijuli, de nous conter son aventure de « volontaire humanitaire ». Leurs témoignages nous sont précieux ; j’ai encore en mémoire le blog du 16 janvier dernier et les confessions de Marie-Claire et de Michel Baumann, de la Société des Droits de l’Homme, à l’issue de leur dernier passage dans nos écoles du Bihar. Parlant de celles-ci, j’ajouterai ci-dessous, en forme de 2ème partie à ce « blog », quelques mots pour chacune d’entre elles.



L’ECOLE DE CAMIJULI – C’est, temporellement, notre première école du Bihar, construite en fin 2001 dans le village d’Itra et inaugurée en janvier 2002. Elle dessert plus d’une dizaine de villages situés dans le district de Gaya. Itra est un village agricole de la campagne profonde du Bihar, à une trentaine de kilomètres de la ville de Gaya, le chef-lieu du district. Au cours de la dernière année scolaire, avril 2009 – mars 2010, elle garantit à 850 élèves l’enseignement pour tous les niveaux académiques de l’enseignement obligatoire ; soit 13 degrés d’étude, de la classe « nursery » à la « classe de niveau 10 ». Les 15 élèves ayant atteint ce dernier degré d’école poursuivront leurs études supérieures dans un collège du district de Gaya ; et nous continuerons à les soutenir en prenant en charge leurs dépenses scolaires.
Outre notre programme d’enseignement, c’est à Camijuli que nous avons édifié notre premier hôpital de campagne qui prend en charge les soins des élèves, de leurs familles et des habitants de tous les villages circonvoisins.



L’ECOLE DE SUJATA – C’est une petite école de village, inaugurée au mois d’avril 2001 ; la deuxième, chronologiquement ouverte en avril 2001 dans le village de Baiju Bigha ; celui-ci se trouve non loin de la petite ville, ou plutôt du bourg, de Bodhgaya, là où « Ecoles de la Terre » tient ses bureaux pour la branche du Bihar. A l’issue de cette dernière année scolaire 2009 - 2010, 250 élèves, provenant de 6 villages environnant Baiju Bigha, sont répartis dans 9 degrés d’étude, soit de la classe « nursery » à la « classe de niveau 6 ». Avec l’école « Sarasvati » que nous présentons ci-dessous, c’est la moins campagnarde de nos écoles ; mais les 6 petites agglomérations où vivent nos élèves sont particulièrement pauvres et habitées par des familles de basses castes, singulièrement défavorisées.



L’ECOLE DE JOLIBIGHA – Elle est, historiquement, notre troisième école, inaugurée au mois d’avril 2004 ; c’est le plus rural de nos établissements, situé sur le territoire du village de Nain Bigha, dans une région à vocation principalement agricole, à plus de 50 kilomètres de Gaya. En cette année scolaire 2009-2010, 650 élèves fréquentent l’école de Jolibigha et sont dispatchés dans 10 degrés d’étude, soit de la classe « nursery » à la « classe de niveau 7 ». Les activités exclusivement agraires exercées par les habitants de cette région, nous ont conduits à créer la première ferme pédagogique d’Ecoles de la Terre, baptisée « Rita Pedagogical Farm », du nom de notre généreuse donatrice ; celle-ci fut inaugurée le jeudi 18 mars dernier et fera l’objet, tout prochainement d’un nouveau « blog ».



L’ECOLE DE NILAMATI – Notre quatrième école fut inaugurée en avril 2005 dans le village d’Haridaspur, à 30 kilomètres de la ville de Gaya, pour les enfants de 5 villages. Comme pour tous les autres, ses habitants vivent essentiellement des produits de l’agriculture. Des circonstances de nature économique et sociale nous ont astreints à la déplacer dans les villages de Baheradih et de Kusha. Nous vous en parlions déjà dans notre « blog » du 16 décembre 2009. A ce jour, nous vivons une situation que je qualifierai de « transitionnelle et momentanée » plutôt difficile. Du fait que maintenant, nous ne disposions pas de locaux suffisants, nos 400 élèves (de la « Classe Nursery » à la « classe 9 ») sont répartis dans divers lieux – * école publique nouvellement créée pour les élèves d’Haridaspur, * petits locaux de fortune pour ceux de Pradeep Nagar et New Bahera, * sous un grand arbre pour les enfants de Baheradih et de Kusha. Et c’est justement dans ce dernier village de Kusha, qu’Ecoles de la Terre a entrepris de bâtir la nouvelle école qui portera un nouveau nom. C’est donc, en quelque sorte, une affaire urgente à suivre ; vous serez tenus informés sur ce sujet.



L’ECOLE DE SARASVATI – Voilà la cinquième, la petite dernière ; enfin, pas si petite que ça, puisqu’elle accueille 500 enfants, répartis en 12 degrés d’études, soit de la « Classe Nursery » à la « Classe 9). Le village où elle se situe s’appelle Pachhatti, non loin du bourg de Bodhgaya. Son histoire récente, qui dépeint son entrée dans « Ecoles de la Terre », est poignante, pour ne pas dire émouvante. Nous nous trouvons au mois de mars 2008 ; un groupe d’enseignants de cette école déjà existante, sponsorisée jusqu’alors par un petit groupe japonais demande un entretien à Rajesh Kumar, le responsable de la branche Bihar, ainsi qu’à moi-même ; leur supplique se glisse dans leurs premières phrases : « nous vous demandons de nous aider, et si possible de prendre en mains les destinées de l’école, le sponsor japonais s’étant retiré définitivement » ! Je reviendrai nombre de jours, en visite dans cette école, où les enfants, en cette période de mars, sont en phase d’examens de fin d’année scolaire. Avec Rajesh, nous en parlons tout le temps ; notre décision doit tomber plutôt rapidement, car avril s’annonce, avec le début du cycle 2008-2009. Sans trop hésiter, je dois vous le dire, nous décidons de reprendre les rênes de cette nouvelle école pour le début avril 2008. Ainsi apparaît la cinquième école d’Ecoles de la Terre au Bihar ; nous l’appellerons « Sarasvati », du nom de la déesse hindoue des « Arts et de l’Education » ; certains lexiques et autres dictionnaires vous diront également que « Sarasvati » est la déesse de la connaissance, de l’éloquence, de la sagesse et des arts » ! Et c’est bien de cette histoire, belle et émouvante, qu’est née notre cinquième école, que 500 nouveaux enfants, venant de 4 villages du Bihar, se retrouvent aujourd’hui à « Ecoles de la Terre ».



Très Chères Amies, très Chers Amis, cet inédit séjour vécu au Bihar, en compagnie de Marie mon épouse, de mes amis Charles et de Walter, de notre jeune volontaire Sathyana, a été marqué, en son dernier jour, le 18 mars 2010, par l’inauguration de notre nouvelle ferme « Rita Pedagogical Farm », enrichie par la fête de fin d’année scolaire « 2009-2010 ». Cette journée fut surprenante, épatante, inattendue pour nous tous ; elle fut riche, belle et séduisante ; elle fut encore joyeuse, amusante et distrayante pour le gros millier de personnes participant à cet événement unique, à commencer par les enfants ; un moment inoubliable, un heureux épisode propre à s’installer dans la mémoire.



Avec nos pensées les plus affectueuses et notre chaleureuse reconnaissance pour votre bienveillante attention.



Martial Salamolard pour
ECOLES DE LA TERRE

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