Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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jeudi 25 février 2016

LES ÎLES DES SUNDARBANS, SA MAGIE, SES SAISONS, SES HABITANTS, NOS ÉCOLES, NOS PROGRAMMES ET LA VIE !




Chères Amies, Chers Amis, nous vous envoyons des îles des Sundarbans nos plus chaleureuses pensées. Toutes les photos de ce message concernent deux de nos écoles des îles ; celle de Nabakishalay sur l’île Kultali ; celle de Purba Jata sur l’île du même nom.


Plus de cent îles et/ou presqu’îles sur territoire indien, plus de quatre cents dans l’Etat du Bengladesh. Les îles Sundarbans sont certes célèbres pour leur faune et leur flore sauvages mais toutefois bien trop méconnues des touristes, à commencer par les indiens eux-mêmes.


Sa forêt de mangroves est l’une des plus grandes forêts mondiale de ce genre ; elle s’étend sur tout le delta du Gange dans la baie du Bengale. Reprenant une description de l’UNESCO nous dirons que « les îles des Sundarbans sont un exemple des processus écologiques en cours car ils témoignent de la formation d’un delta et de la colonisation subséquente des îles du delta et des communautés de mangroves associées nouvellement formées. Ces processus incluent les pluies de mousson, les inondations, la formation de deltas, l’influence des marées et la colonisation végétale »


Faisant partie du plus grand delta du monde, les terres des Sundarbans ont été formées par les sédiments déposés par trois grands fleuves, le Gange, le Brahmapoutre et le Meghna ; elles ont été façonnées par l’action des marées, ce qui leur confère une physiologie bien caractéristique.


Les îles et presqu’îles bengladeshies et indiennes de cette jungle ont été classées par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial, respectivement en tant que Sundarbans d’une part et parc national des Sundarbans d’autre part ; et ceci tout en sachant que ces appellations concernent deux parties d’une même forêt.


Parcourant les différentes informations de type touristique concernant les Sundarbans, vous lirez « parc national des Sundarbans, tigre du bengale, mangrove, … » ! Vous aurez compris que la réalité est bien plus vaste et qu’une population indigène y vit 12 mois sur 12 dans des conditions bien particulières.


On considère que sur les quelques 500 îles, une centaine d’entre elles sont habitées par une population estimée à environ 4 millions de personnes ; une cinquantaine d’entre elles se trouvent sur territoire indien. La montée des eaux est un sujet de préoccupation majeure depuis plusieurs années. Les changements climatiques forcent nombre d’habitants à l’exil dans une indifférence quasi générale, y-compris celle des autorités politiques.


Nous pensons qu’il est important, à chacun de nos séjours ici, de rappeler certaines caractéristiques marquantes de cette région à la fois merveilleuse et coupée du monde. La vie y est rude et les traditions bien ancrées dans l’esprit des gens. Nous sommes ici à développer nos programmes d’éducation depuis la première heure ; nous visitions les Sundarbans pour la première fois en début d’année 1998 et décidions de nous impliquer dans l’éducation de ses enfants ; aujourd’hui, 18 ans plus tard nous continuons ce que nous pourrions appeler notre mission.


Ce sont sur les îles où nous travaillons qu’une partie des exilés des Sundarbans se réfugient parfois. Ce phénomène n’est pas sans inquiéter toute une population malmenée par le climat et bousculée par changements socio-économiques majeurs. L’avenir nous dira assez vite si l’imperturbable montée des eaux contribuera à accélérer cet exil climatique.


Nous fonctionnons sur les îles et presqu’îles de Sagar, Kultali, Purba Jata, Chatua, Bubhaneswari et Raidighi et aujourd’hui nous avons le plaisir de vous présenter deux de nos écoles que nous avons visitées juste avant l’ouragan d’hier 24 février qui nous a tenus en haleine durant toute la nuit qui a suivi. Aujourd’hui 25 février le soleil semble revenir parmi nous ; une partie des enfants seulement a pu se rendre dans les écoles. Les conditions de transport sont exécrables et nombre de maisons ont été inondées, rendant ainsi la vie bien difficile, à l’image des chutes de neige qui paralysent certaines de nos contrées pendant l’hiver.


Notre école de Nabakishalay se trouve sur l’île Kultali que nous abordons par bateau. Du débarcadère, il faut environ une demi-heure avant d’atteindre Sonatikari le village où se situe l’école.


Nabakishalay compte ce jour 345 élèves. Ils sont répartis en 12 niveaux de classe ; soit des trois classes enfantines à la classe 9. Nos retrouvailles furent chaleureuses et nous avons pu échanger comme d’habitude avec ses 8 enseignants, Samiran Kanji le responsable de l’école, Kamal Singh, Banamala Pramanik, Mallika Mistry, Dipika Kanji, Krishna Halder, Arpan Purkait et Ranjita Purkait.


Nabakishalay fonctionne admirablement bien. À notre immeuble solide, armé contre vents et mousson, est venu s’ajouter un petit dispensaire offert à Ecoles de la Terre par le comité du village de Sonatikari. Notre  programme santé est très important pour Ecoles de la Terre. Chaque semaine notre infirmier visite nos écoles pour effectuer un « check up » ; une fois par mois un médecin de Raidighi l’accompagne pour un contrôle plus pointu. La mise en service de notre station de purification d’eau contribue à l’amélioration de l’état de santé des élèves ; à la fin de cette année scolaire, nous ferons un bilan chiffré, basé sur les traitements médicaux prodigués aux enfants.


Quant à l’autre école de Purba Jata qui porte le nom de l’île, nous l’atteignons depuis quelques années par la route grâce à la construction d’un pont qui enjambe aujourd’hui un gros bras du Gange près de Raidighi.



238 élèves sont aujourd’hui accueillis à l’école de Purba Jata.  Ils sont répartis en 12 niveaux de classe, soit des deux classes enfantines à la classe 10. Ses neuf enseignants, Basudeb Bairagi, le responsable, Tapati Kayal, Serena Bibi, Mamani Purkait, Shika Midwa, Prabhabati Kansari, Mantu Halder, Biplob Gayen et Mithun Pramanik sont tous de fidèles collaborateurs d’Ecoles de la Terre.


Basudeb Bairagi est là depuis la première heure ; tout d’abord dans l’ancien bâtiment de fortune, fait de bois et étriqué, puis dans notre nouvel immeuble, solide comme un roc et qui fait la joie de tous. Là aussi, une station de purification d’eau a été construite et mise en fonction l’année dernière. Comme pour Sreefaltala et pour Nabakishalay, nous évaluerons tout prochainement l’impact de la consommation d’eau potable sur la santé de ses élèves.


Nous arrivons gentiment à la fin de notre séjour dans les îles des Sundarbans. Nous avons été quelque peu surpris par la chaleur et la lourdeur du ciel ; il fait bien plus chaud et plus écrasant que l’an dernier à pareille époque. Nous sommes comme en admiration devant la bravoure et le courage de ses habitants qui défient des conditions climatiques le plus souvent harassantes et exténuantes. Selon les dires de Nandalal Baidya, notre responsable d’Ecoles de la Terre pour les Sundarbans, il y a en réalité trois saisons dans cette région de la baie du Bengale indien. La « Summer season » où il fait très chaud et humide, la « Monsoon season » ou il pleut tout le temps et la « Winter season » où il peut faire très froid durant près d’un mois et plus sec et agréable pour le reste du temps.


Bien Chères Amies et Chers Amis, nous vous envoyons de ce coin de terre nos pensées transpirantes qui suintent bon l’odeur de la terre et de sa végétation vaillante et verdâtre comme nulle part ailleurs !


Martial Salamolard
Pour ECOLES DE LA TERRE

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