Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

mardi 16 février 2010

FAMILLE “SHERARAM” DE BELDAR – HISTOIRE VIVANTE - MOMENT FORT, COMME DES MILLIERS D’AUTRES QUE VOUS AVEZ VECUS OU QUE VOUS VIVREZ PEUT-ETRE !

CHERES AMIES, CHERS AMIS,



Je me trouve dans la zone rurale de Gala Ki Dhani, exactement dans notre ecole de “Vidya Sagar”. Nous l’avons construite en 2006 sur le territoire du village de “Koju Khan”. La centaine d’enfants qui la frequentent viennent de deux villages, “Koju Khan” et “Beldar”, un autre village situe juste a cote. Les habitants de “Koju Khan” sont tous des musulmans, ceux de “Beldar” sont tous “hindous”. J’avais le plaisir de vous dire, dans le precedent “Blog” que l’ambiance entre ces deux communautes etait agreable, plaisante. Ce charmant contexte se verifie a l’ecole; les enfants vivent en consonance, en harmonie. Je me plais a la dire, l’inverse etant si souvent exprime, non seulement ici en Inde, mais encore a travers le monde.



Mais un evenement particulier est venu gonfler mon emotion, a l’occasion de ces retrouvailles, toujours saisissantes, toujours poignantes, avec les enfants et les enseignants de “Vidya Sagar School” ! Abhishek me raconte la dramatique histoire, toute recente, de la famille de “Sheraram”, habitant le village de “Beldar” et dont 5 des 7 enfants etudient dans notre ecole. “Sheraram”, le pere, est decede tragiquement, il y de cela a peine un mois, suite a un accident de la circulation. “Kunta”, la maman, vit une situation dramantique et a, selon les dire d’Abhishek, beaucoup de peine a retrouver ses esprits, tant sa peine est grande, tant sa peur est forte face a l’inconnu, a l’incertitude du lendemain: comment subvenir aux besoins materiels quotidiens de ses enfants ? A commencer par la nourriture !



Apres avoir rencontre “Chotharam” (12 ans), “Navalaram” (10 ans), “Keena”, la seule fille a frequenter l’ecole ( 7 ans) et “Tagly” (5 ans), tous presents a “Vidya Sagar” lors de ma visite, nous nous sommes rendus, avec Abhishek, a la maison de “Kunta”. L’ayant entendue gemir, au loin, je me suis doucement rapproche d’elle afin de la rencontrer, enfouie sous a couverture, entouree de plein de femmes du quartier, des voisines, quelques aparentees et des enfants, la plupart des bebes. Mais il y avait la un jeune homme, un seul, prostre , abattu, assis sur un lit de raphias tresses; c’etait “Om Bakash”, l’aine de 14 ans, a qui j’en donnais au moins 20; il a quitte l’ecole de Vidya Sagar, suite au depart du pere. Apres moult questions posees et grace aux traductions d’Abhisehk, j’ai bien compris qu’effectivement, “Om Bakash” ne quittait plus sa mere, qu’il s’etait octroye des responsabilites supplementaires, etant devenu depuis le depart de “Sheraram”, l’homme de la famille, en quelque sorte. Mais pour lui, un malheur semble de pas aller sans l’autre; il est fortement handicape physique, puisqu’atteint de poliomyelite majeure des membres inferieurs. Vous comprenez sa peine, sa frustration, sa detresse !



Pour l’heure, “Om Bakash” ne veut plus entendre parler d’ecole; il la suivait d’ailleurs avec difficulte, ayant demarre sa scolarite trop tardivement. Il veut desormais subvenir aux besoins de sa mere, de sa famille, meurtrie et en danger. Tout gentiment, tout doucement, je me suis rapproche de “Kunta”, demandant a Abhishek de bien vouloir traduire ce que je voulais lui dire; elle aussi, tout doucement, s’est debarrassee de sa lourde couverture qui l’encellulait dans sa douleur. Je lui ai dit, qu’avec “Ecoles de la Terre” nous n’allions pas l’abandonner, que nous allions subvenir immediatement aux besoins de nourriture pour toute la famille; que ses enfants devaient poursuivre leurs etudes chez nous, y-compris “Om Bakash”. Je lui ai encore dit que je savais que “Samu”, sa fille de 13 ans etait en corvee d’eau; que “Napa”, son autre fille de 9 ans, gardait les chevres dans le desert, et que nous souhaitions aussi les scolariser, surtout “Napa”, encore en age de rattraper son retard; mais egalement bien sur “Samu”, afin qu’elle puisse, a tout le moins, ecrire et lire sa langue maternelle, “l’hindi”; comme nous le souhaitons pour “Om Bakash”, l’aine. Brefle de trefle, ce fut un grand moment, vrai, humain, intense; certes saupoudre d’emotionnel et d’affectif; mais a la fois, et surtout, positif, constructif, concret !



Abhishek, Narmada sa maman, et moi-meme avons repertorie les besoins de la famille “Sheraram”; nous avons tout d’abord tenu compte du soutien que les autres parents et les amis du village devaient egalement apporter. Il en resulte que, nous, Ecoles de la Terre, assurerons la nourriture de base de la famille : “Riz – Farine de chapatti – Dal – Legumes – Epices et Huile” ! Au prix budgete de 2’000 roupies indiennes par mois, cela represente un montant de 24’000 roupies pour l’annee; soit, au cours de “42,00”, le montant de 570 francs suisses.



Ce n’est pas dans les objectifs d’Ecoles de la Terre de prendre en charge un tel soutien, que nous pourrions qualifier d’individuel; mais il peut arriver, comment pourrais-je vous dire, “ que la misere d’un tout petit nombre etant si ressemblante, si contigue a celle d’un plus grand nombre, que nous ne pourrions pas faire autrement “! Et puis, “cre non de sort”, nous souhaitons surtout que les 4 eleves qui, actuellement sont dans nos classes, puissent y rester; que l’aine rejoigne notre ecole au plus vite; que les 2 fillettes sacrifiees sur l’hotel des corvees “d’eau” et “de surveillance de chevres” puissent enfin commencer leurs etudes. Nous tenons compte de cet imperatif et nous nous attelerons a cette tache.



Cette histoire ne serait-elle pas un appel a l’aide ! Evidemment que oui ! Quel gros menteur serais-je, si je vous disais le contraire ! Cela me donne aussi l’idee, que je soumettrai a toute l’equipe d’Ecoles de la Terre, celle d’ouvrir un “Compte de Cas Exceptionnels” afin de pouvoir reconforter et secourir les familles de nos eleves vivant de tels instants de peine et d’infortune !



A VOUS TOUTES ET TOUS, CHERS AMIES, CHERS AMIS, JE VOUS ADRESSE MON CORDIAL ET AFFECTUEUX MESSAGE. SINCEREMENT, JE VOUS SOUHAITE LE MEILLEUR !



Martial – martial@ecolesdelaterre.ch
POUR ECOLES DE LA TERRE

Photos : la Famille "SHERARAM"

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