Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

mardi 18 février 2014

LA QUESTION DE L’EAU DANS LE MONDE, DES RAISONS DE CRAINDRE, DES RAISONS D’ESPÉRER, LE CAS DES SUNDARBANS !




BIEN CHÈRES ET CHERS,


Certains, sous plus ou moins haute et bonne influence climatique, éthique, philosophique, biologique, sismique,  catastrophique et autres « ique », prétendent ou prédisent que les habitants des Sundarbans [plus de 500 îles et presqu’îles situées entre le Bengladesh et l’Ouest Bengale indien] connaîtront d’ici l’an 2050 une montée des eaux qui les obligeront à fuir leurs terres ! 30 à 40 années à attendre une telle noyade dans ces presqu’îles, que faire, que dire ?




Partir tout de suite, ce laps de temps ne représentant qu’un quart de grain de sable dans la vie de notre auguste et fragile planète ! Contacter un grand tribun politique afin qu’il trouve la recette pour l’accueil de ces centaines de milliers de gens en quête d’autres cieux ! Inviter un rapporteur « onusien », érudit en matière de zones sinistrées, à passer du livre ou de la théorie à l’action ! Inviter un grand président de « Nation Terre » à descendre ses « falzars » pour une action « mammouth » en faveur d’outre-mer la terre ! Supplier les amis pour qu’ils veuillent bien réfléchir à trouver la solution !




Prier pour que l’argent veuille bien prendre l’odeur de l’eau de vie afin de se détourner de l’eau de mort ! Que nous nous taisions tout simplement ! Alors ça non ! Continuer à parler tout en agissant ! Alors ça oui ! Coup de gueule presque terminé ! Veuillez nous pardonner pour cette interface « inter-terre », teinté de bleu de mer, de bleu d’eau douce, de bleu de ciel, de  bleu de vie ! De bleu de bleu ! Il n’y a pas plus beau bleu que le bleu de la Terre ! Coup de gueule terminé !


SUR LA PROBLÉMATIQUE DE L’EAU DANS LE MONDE


C’est tout un programme, toute une histoire, tout un plan, une action à entreprendre, tout cela évoqué jusqu’ici par de nombreux chercheurs, spécialistes et sympathisants de la terre. Nous n’inventons rien en disant que l’eau représente un problème multi-face, pour notre planète, pour les Sundarbans en ce qui nous concerne aujourd’hui.




Tout d’abord nous citons ici quelques chiffres  qui nous donnent une idée sur l’état général de la terre en la matière.  Les constats de départ sont presque terrifiants ! Plus d’un milliard d’hommes n’a pas accès à l’eau potable ; chaque jour 3 000 personnes meurent pour avoir consommé de l’eau polluée.

Et pourtant, l’eau est naturellement une ressource abondante. Sur la totalité de l’hydrosphère planétaire, l’eau de mer salée représente 97,5 % et l’eau douce 2,5 %, dont 0,7 % est aujourd’hui disponible ; le 1,8 autre %  se trouve gelé au Groenland, en Antarctique et dans les glaciers des grandes chaînes montagneuses de la planète. Cette eau douce, ce 0,7 %, représente 40’000 km3 disponibles par an, largement de quoi couvrir les besoins des sociétés planétaires, même en tenant compte de l’augmentation prévue de la population mondiale. En 2011, le monde consommait  5’500 km3 par an. Les sources et données chiffrées citées ci-dessus, ainsi que les deux graphiques, sont de René-Eric Dagorn dans "sciences humaines/géopolitique/de/l’eau.com".




Contrairement à certaines idées reçues, ce n’est pas l’eau douce, ce liquide naturel, qui manque, mais la capacité des sociétés à installer les espaces permettant d’accéder à l’eau potable. Et puis, comment la capter, sachant qu’il y a des lieux dans lesquels il est plus facile de le faire que dans d’autres. Les sociétés et les économies contemporaines sont de plus en plus consommatrices d’eau ; si bien qu’il y a toujours plus de zones à risques, à savoir où il est de plus en plus difficile de capter l’eau potable.




Comment accéder à l’eau, c’est bien la grande question, mille fois répétée. Aujourd’hui en 2014, le cycle le plus important est celui de l’eau potable. Autrement dit, quelles sont les conditions de captage, de distribution, d’entretien des réseaux, de collecte des eaux usées, de dépollution et de traitement ? C’est un sacré « challenge » qui est forcément donné à l’homme de la terre ! Tout cela suppose des approches techniques très différemment maîtrisées par les sociétés ; le développement de l’irrigation, la réduction de la pollution dans les secteurs industriels et urbains, la diminution des pertes, etc…  Certains se demandent même si « demain » nous verrons les Etats s’affronter pour l’eau, si les ressources en eau viendront au centre de tensions géopolitiques. En ce qui nous concerne, nous préférons espérer que les pays concernés se lancent plutôt dans des processus de la discussion et de la coopération, un processus qui est d’ailleurs déjà lancé, tout de même !




LE CAS DES SUNDARBANS DU BENGLADESH À L’OUEST BENGALE INDIEN


La question de l’eau dépasse les frontières ; en ce qui concerne ces deux régions « nations » mentionnées, nous ne pouvons bien sûr séparer cette question entre le Bengladesh et l’Ouest Bengale indien. Les Sundarbans sont l’une des plus grandes réserves de la biodiversité planétaire. Nous avons eu l’occasion ces dernières années, dans plusieurs de nos blogs, de l’évoquer. Des dizaines d’îles ont disparu depuis l’année 2000, victimes de la très lente montée du niveau des océans et de la fonte des grands glaciers himalayens qui alimentent le Gange et le Brahmapoutre. Plusieurs milliers de personnes (6 à 8 selon les sources) ont déjà été déplacées à ce jour, et les perspectives d’avenir proche prévoit d’en déplacer environ 30 000 d’ici une dizaine d’année. C’est un autre sacré problème, le plus souvent tu par la population, mais souvent évoqué en «milieux spécialisés».




Au-delà des perspectives catastrophiques et de ses conséquences, dont je prie et laisse les spécialistes et le tenants du pouvoir faire tout le nécessaire pour prévenir sérieusement et au mieux, il faut bien vivre aujourd’hui en ces lieux « critiques » ! Nous sommes persuadés que les sociétés ne sont pas désarmées face à des conséquences parfois présentées comme « naturelles ». Au contraire, si le changement climatique est inéluctable, la catastrophe est évitable par la construction sociale d’espaces environnementaux. De la même façon que les sociétés sont capables de créer les espaces sanitaires de l’accès au soin, elles sont également capables de trouver des espaces environnementaux pour l’accès à l’eau.




IL N’Y A PAS DE HASARD : LA PRESSE SUISSE ROMANDE COMMUNIQUE LES 17/18.02.14 SUR LE CAS DE L’AFRIQUE !


La Tribune de Genève et le Matin rapportent sur leurs "Sites Web" les propos du Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan. « Quelque 400 millions de personnes sont privées d'accès à l'eau potable en Afrique et c’est un frein au développement et à la croissance du continent. Nous devons tous être conscients que fournir l'eau potable et l'assainissement à nos populations (...) c'est impulser le développement de notre continent», a rapporté Daniel Kablan Duncan à l'ouverture d'une rencontre panafricaine sur l'eau et l'assainissement. Selon lui, la conséquence d'une telle situation est que «plus de 70% des lits d'hôpitaux en Afrique sont occupés par des personnes souffrant de maladies évitables, liées à la qualité de l'eau et de l'assainissement».




Ce sont à peu de choses près ces mêmes propos que nous évoquons en ce qui concerne les observations d’Ecoles de la Terre dans le cadre de nos actions de soutien en Inde, principalement dans les Sundarbans, mais aussi dans l’Etat du Bihar et du Rajasthan. Nous sommes conscients que la grande majorité des traitements assurés par notre programme « santé » en faveur de nos élèves proviennent de la mauvaise qualité de l’eau. Il est donc temps que cela change. 


LES PRÉOCCUPATIONS ACTUELLES D’ECOLES DE LA TERRE AUX SUNDARBANS


Deux questions nous sont à ce jour crûment posées ; le mélange de l’eau de mer et de l’eau douce et la pollution des nappes d’eau [arsenic, métaux, bactéries, etc…].

Un problème récurrent majeur est la salinité de l’eau. Une large part de la population se voit obligée de consommer de l'eau saumâtre car il est impossible de creuser suffisamment en profondeur pour avoir de l'eau douce. De plus, à chaque passage de cyclones, de tempêtes et autres ouragans la situation empire bien évidemment.




L’autre problème tient à la pollution des nappes phréatiques liées aux activités industrielles de l’homme en amont et autour des sources, de même qu’aux rejets agricoles et domestiques entraînant également une pollution.


Le manque d’information et de connaissances sur ce genre de danger, très grave, n’est pas fait pour améliorer les choses. Nous sommes donc de plus en plus engagés à discuter de cette question avec nos équipes en place, dans le but d’organiser une véritable campagne d’information et de sensibilisation à l’intention des familles des villages. Cette campagne est capitale si nous voulons mettre à meilleur profit possible le nouveau programme de purification d’eau que nous nous préparons à installer et à mettre en œuvre prochainement.




LE NOUVEAU PROGRAMME DE « PURIFICATION DE L’EAU »


Nous entamons ce programme, précisément dans les Sundarbans. L’objectif est d’installer, au cours de ces prochaines années, une station de purification d’eau auprès de chacune de nos diverses sources d’approvisionnement, qui en fait sont des puits, la plupart creusés par nos soins lors des constructions et des aménagements d’écoles et de centres. Grâce à la Fondation « Cédric Martin » de Genève, que nous saluons et remercions de tout coeur en cette belle occasion, nous sommes à même de démarrer ce programme en ce début d’année 2014.




Pour l’heure, nous sommes en phase d’étude de propositions de station d’épuration [purification] de diverses sociétés indiennes spécialisées, dont nous en avons visité certaines. La question du choix est bien évidemment importante pour ce qui concerne la fiabilité de l’installation ainsi que sa maintenance. Nous n’entrons pas ici dans les détails techniques d’un tel système. Nous dirons seulement qu’en ce qui concerne les Sunderbans, le traitement de l’eau porte principalement sur les dangers liés à la teneur en arsenic, en divers métaux et en bactéries. Une telle station nous permettra de pourvoir en eau potable la population des villages où vivent nos élèves, voire davantage, compte tenu du débit assuré par une telle installation [2000 litres d’eau potable à l’heure, à concurrence de 15000 litres par jour – soit une ouverture de la station durant 7 à 8 heures par jour].




Chères Amies, Chers amis, nous sommes conscients d’avoir été très « long ». Vous nous pardonnerez ; comment traiter en coup de vent un tel sujet, si vaste, si complexe, si important !




Avec nos pensées les plus chaleureuses et notre reconnaissance profonde, à l’image d’un puits d’eau douce et naturelle, à toutes celles et ceux qui seront allés au bout de ces lignes.




Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE



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