Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

mercredi 5 février 2014

L’UNIVERS DES SUNDARBANS, UN BOUT DE MONDE MÉCONNU !



CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,


Mon retour à Raidighi le 25 janvier dernier coïncidait avec les préparatifs de la fête nationale indienne qui, le lendemain, allait occuper tous les esprits des résidents de ce bourg de pêcheurs et commerçants de produits agricoles en tout genre. Raidighi se trouve dans la partie sud du district « 24 Parganas ». Contrairement à la partie nord qui bénéficie d’une manne touristique non négligeable, le sud, hormis mes amis je n’ai rencontré aucun visage pâle depuis mon arrivée ici, représente l’une des régions les plus pauvres et les moins développées du Bengale indien. C’est bien l’une des raisons essentielles qui justifient la présence d’Ecoles de la Terre en ces lieux.


Je vous propose bien volontiers une relecture de notre blog du 17 février de l’année dernière, intitulé « les îles Sundarbans ou le calice du Gange sacré » ; vous pouvez le retrouver facilement dans la rubrique « Les archives du blog ». À mon retour ici en janvier dernier, j’ai reconnu cette région telle que je l’avais laissée, silencieuse par les contacts qu’elle entretient avec l’extérieur, bruyante dans sa vie quotidienne avec ses places de marchés grouillantes, ses multitudes d’allées et venues d’île en îles,  tout cela pour exercer les activités domestiques de cette communauté si entreprenante malgré son misérable niveau de développement économique. Les « îles du silence » demeurent méconnues, même si elles tiennent, de par sa forêt tropicale et ses réserves naturelles, une place de choix dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.


Depuis bien des années, Ecoles de la Terre s’efforce d’apporter aux enfants de cette région délaissée sa contribution au développement de l’infrastructure scolaire. Dans la foulée, nous nous sommes dit qu’un soutien aux familles était autant complémentaire que nécessaire.


Parmi ceux qui connaissent ces îles, nombre d’entre eux prétendent qu’investir pour le développement représente une cause perdue. Le réchauffement de la planète, la montée des eaux, le dérèglement climatique, les caprices toujours plus fréquents de la mousson feraient de cette contrée une cause perdue. Oui et alors ! Alors non, ce n’est pas vraiment notre avis. Augurer de la sorte du futur, dans une approche pour le moins apocalyptique, ne résoudra pas les problèmes de l’instant présent pour ses habitants, à commencer par les enfants et leurs familles.


Oui, l’économie locale ressemble davantage à un marché de bouts de chandelles ; oui, l’eau saumâtre fait trop souvent place à l’eau douce, faute de pouvoir creuser plus profond ou d’investir dans la purification de l’eau ; oui, les cyclones font souvent sauter les digues, détruisant tout sur leur passage ; oui, l’éducation peine à s’implanter correctement dans les villages disséminés de ces terres entrecoupées d’une multitude de bras du Gange ; oui l’économie moderne n’a pas daigné venir prêter main forte à une population laissée pour compte ! Oui, et alors !


Alors tout de même, je pense qu’aucun phénomène social ne rayera de la carte les îles Sundarbans ; seule une catastrophe d’immense ampleur naturelle pourrait pousser ses habitants à fuir en masse vers le nord. D’ailleurs, depuis 1975, 6000 personnes ont dû quitter deux îles disparues sous les eaux. Ce phénomène devrait sans doute s’amplifier ces prochaines décennies, mais le déplacement des populations ne se fera que partiellement et devrait s’effectuer par étapes successives dans le temps.


Pouvons-nous imaginer que des seigneurs de la prévention cataclysmique, consignataires de hautes instances d’une organisation de bienfaisance mondiale, puissent prévoir, puis organiser un vaste déplacement vers le nord ! Oui nous pouvons imaginer et nous pouvons rêver !


Non, les Sunderbans continueront à vivre au jour le jour, au gré des caprices de l’évolution des phénomènes climatiques, politiques, économiques et sociaux. Dans ce concert de changement, de mouvement et de mutation, il faudra bien vivre, avec les risques de renversement et de retournement que « mère nature » pourrait bien réserver. Et la vie, ça ne manque ici ! Voilà une bonne raison pour qu’Ecoles de la Terre mette les « bouchées doubles » afin de développer et améliorer ses programmes.


Ce seront les thèmes des prochains messages. ① Où sont nos écoles, qu’y faisons-nous, ② qu’en est-il de la question de l’eau douce et de la santé et ③ qu’apportons-nous comme soutien au développement économique des familles ? Autant de programmes à développer pour une population méconnue et oubliée. Trois blogs que je me dois de publier le plus vite possible !


Merci d'être là, merci pour votre écoute, merci pour les Sundarbans, merci la Vie !


Avec mes pensées les plus chaleureuses et toute mon amitié.


Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE


Note : Merci à Christian Lutz pour sa photo. Merci à Rachel pour toutes les photos « Nature  des Sundarbans » ; les autres sont du signataire du présent blog. Et toc pour le « copy writing blogging »

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