Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

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vendredi 20 mars 2015

DANS LE MONDE DE L’OR BLANC, L’EAU DOUCE PREND PARFOIS L’HABIT D’UN CADEAU DU CIEL !





L’eau salée ne manque bien évidemment pas dans les archipels des Sundarbans du Bengale indien et du Bengladesh. Elle se fait plutôt menaçante dans les circonstances climatiques que le monde entier doit certainement connaître. Le réchauffement, que d’aucuns prédisent persistant et croissant tout au long de ce siècle, laisse même craindre le pire, je veux dire l’immersion d’une partie de ce paradis sauvage !

 
J’en ai déjà parlé au cours de ces dernières années mais je ne peux pas ne pas y revenir ne serait-ce qu’un instant, à titre de rappel. Certaines îles du sud, très exposées à l’appétit vorace de l’Océan indien, ont été immergées et vidées de leurs habitants ; d’autres risquent de devoir suivre ce processus naturel inquiétant.

 
Il s’agit bien d'une question d’équilibre entre l’eau de mer salée et l’eau douce propre à la consommation quotidienne des familles. Si l’eau est par nature une ressource abondante en termes de volume, je dois par contre préciser que sur la totalité de l’hydrosphère planétaire, l’eau de mer salée représente le 97,5% de ce volume et l’eau douce 2,5% ; voilà le constat à la fois simple et quelque peu terrifiant.

 
Il y a comme une sorte de paradoxe de l’eau qui rôde tout autour de ces terres des Sundarbans classées au patrimoine mondial de l’humanité. L’eau dite douce est indispensable à la vie et l’eau salée, toute proche, l’est tout autant pour l’équilibre « Terre – Mer » de notre écosystème. Le problème est que parfois l’une, et c’est malheureusement presque toujours l’eau salée, prend le dessus sur l’autre dans des zones dites sensibles. De mauvaises conditions météorologiques peuvent venir renverser le cours normal des choses et détruire les cultures de toute une région. Parlons d’un tsunami si le pire advenait !

 
C’est ce qui se passe parfois dans les Sundarbans. Après le passage d’un ouragan ou d’un typhon, un genre de phénomène pas si rare ici, les cultures en croissance peuvent être détruites en un rien de temps ; je dirais même deux fois rien ! Une source d’eau douce peut subitement devenir impropre à la consommation, parce qu’insuffisamment protégée ou alors beaucoup trop exposée à la surface du sol.


Afin de parer à ces inconvénients très fréquents en périodes de grosses pluies ou de mousson, il a fallu prévoir des systèmes d’accès à l’eau potable et des solutions de conservation et de stockage. C’est en quelque sorte un cycle de l’eau potable qu’il s’agit de gérer. Mais, toutes les sociétés n’ont pas les mêmes moyens économiques pour créer les conditions d’accès à l’eau potable, puis de les conserver, voire les préserver !


C’est comme un défi qui nous est lancé par la nature et les conditions climatiques qui nous sont imposées ici. Face à cette situation que nous connaissons depuis bientôt 10 ans dans les régions de nos écoles, nous avons opté pour la solution des puits, une variante parmi d’autres, telles que la récupération des eaux de pluie, le traitement des eaux ruisselantes et de surface, la désalinisation de l’eau salée, voire d’autres.


 La récupération des eaux des nappes souterraines est donc la solution que nous avons retenue ; je dirais la solution "par la force des choses", cette pratique ayant cours en ces lieux. Chacune de nos écoles est au bénéfice d’un puits foré tout près des bâtiments.

 
Et puis vient le soutien de la Fondation Cédric Martin de Puplinge, à Genève. Dans notre rapport du 11 avril 2014, à la suite de notre séjour qui venait de s’achever en Inde, nous écrivions ce qui suit. « L’impossibilité d’accès à une eau de qualité pour une bonne partie de notre population nous a amené à développer un véritable programme de purification.

 
Grâce à la Fondation Cédric Martin qui nous sensibilise et nous informe sur ce sujet depuis de nombreuses années, nous sommes à même d’entreprendre, fort de son soutien financier, la construction de stations de purification à l’intention des écoles et des villages d’Ecoles de la Terre ….. ».


Et aujourd’hui vient l’heure d’un premier bilan, positif, encourageant, enthousiasmant même. Comme prévu il y a une année, 2 stations ont été construites et fonctionnent aujourd’hui parfaitement, pour le plus grand bonheur des élèves de leurs familles et des autres habitants vivant aux alentours de ce nouveau point d’eau géré par nos soins.

 
Au courant de l’été  2014, notre station de Sreefaltala purifiait ses premiers litres d’eau ; depuis décembre dernier celle de Purba Jata lui emboîtait le seau. Je ne reviendrai pas ici sur les étapes techniques de  la purification proprement dite. Je l’ai déjà fait au cours de nos blogs 2014 consacré à ce sujet ; cependant, je le referai certainement à l’occasion d’une présentation future dans le but de préciser quelques points et en rappeler d’autres.


Je souhaite plutôt vous parler ici des conséquences qu’une telle "révolution" a retenti sur la vie des familles. Elles sont nombreuses ; elles sont de caractère biologique, psychologique et économique aussi. D’une capacité de traitement de l’ordre de 2000 litres d’eau à l’heure, nos machines peuvent ainsi satisfaire aux besoins de tous les habitants, sans restriction de quantité. Il va sans dire que l’eau traitée et purifiée est destinée à la consommation domestique des ménages ; son utilisation concernera donc l’eau à boire, "drinking water" et l’eau nécessaire à la gestion alimentaire des familles.


D’un point de vue biologique, nous sommes intéressés à déterminer l’effet que l’absorption d’une eau dorénavant pure peut avoir sur la santé des personnes. Il est bien sûr un peu tôt pour en tirer les premières conclusions ; avec notre service de santé, nous avons déjà fixé quelques critères d’analyse afin de voir quel est l’impact sur l’amélioration de la santé de nos élèves ainsi que des membres de leurs familles.
 

  
D’un point de vue psychologique, nous avons tous observé l’effet positif sur le moral des habitants qui n’ont de cesse de louer les bienfaits d’une eau pure et son absorption sans arrière-pensée ni souci du lendemain. Ce que nous considérons comme une "valeur ajoutée" à nos programmes d’éducation, d’hygiène et de santé, ne peut dans un avenir proche qu’inciter les familles à s’investir davantage encore dans ces programmes, les programmes d’Ecoles de la Terre.


D’un point de vue économique, cette nouvelle structure engendrera bien évidemment un surcroît de charges opérationnelles qu’il s’agira de gérer dans un futur proche. Notre staff a déjà organisé une série de meetings d’information à l’intention des familles afin de les sensibiliser sur cet aspect des choses et les inviter à prendre en charge la maintenance des stations de traitement, leurs stations de traitement !


Pour ce qui concerne nos 2 premières machines, les résultats sont pour le moins encourageants. Un compte bancaire a été ouvert pour assurer la maintenance des stations d’épuration. Chaque mois, chaque famille participe ainsi à l’approvisionnement du compte. Nous allons pouvoir nous auto-gérer et assurer ainsi la continuité !

 
Associés à l’ensemble de nos interventions en faveur des familles les plus pauvres de cette région des Sundarbans, ce nouveau programme "Eau" représente pour nous un effet conjugué qui doit pouvoir « multiplier » ce que nous faisons déjà.  Il apporte une plus-value en matière d’hygiène et de santé, un sujet d’action concrète auquel nous tenons au plus haut point !

 
Et puis le soudain avenir 2015 sonne déjà à notre porte, comme un présent promis pour les mois qui viennent ! Je veux vous parler de la suite du projet « Eau » 2015. Trois stations de purification d’eau sont ainsi au programme et verront le jour grâce à la Fondation Cédric Martin !

 
La première est en phase de construction à notre centre de Raidhigi, la bourgade où nous gérons notre bureau central Ecoles de la Terre pour les Sundarbans. Nous construisons en ce moment un bâtiment qui organisera une série d’activités pour les femmes de la région. Espace de micro crédit, salles d’apprentissage, ateliers de fabrications sont prévus dans ce nouveau complexe. Une station de purification d’eau est prévue pour desservir ses participants et tous les habitants environnants.


Deux autres constructions de « Water Treatment Plants », telles que nous les appelons ici, « stations de traitement de l'eau », sortiront de terre au cours de cette année 2015 ; tout d’abord celle de Naba Kishalay, notre école du village de Sonatikari sur l’île de Kultali ; ensuite celle de Purba Bubhaneswari, notre école la plus lointaine sur l’île de Bhubaneswari.


J’aurai l’occasion dans un tout prochain blog de vous présenter à nouveau toutes nos écoles des Sundarbans. Elles sont belles et joyeuses, pauvres et prometteuses. Les enfants sont là, préparant leur avenir comme une fleur au printemps ; le printemps de l’espoir, un risque à prendre ; le printemps de l’avenir, une envie de vivre à connaître ; un printemps avec de l’eau douce et pure !


Je vous embrasse toutes et toutes qui avez pris le cœur et le temps de vivre ces moments que j’ai eu bonheur à vous écrire, ou plutôt à vous décrire !



Avec mes pensées les plus chaleureuses.
Martial pour ECOLES DE LA TERRE

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