Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

lundi 29 avril 2019

MON DIEU LE DÉSERT ! EN VOIS-TU ? EN VOILÀ !



La vie dans le désert est rude, une évidence mille et une fois répétée dans le concert des reportages et autres narrations de voyages ou de séjours dans ces immenses espaces. En plus de la rudesse des conditions de vie du désert [du Thar], il y a bien sûr les longues distances et les structures particulières des villages à prendre en compte pour ne citer qu’elles.


Ecoles de la Terre exerce ses activités de soutien et de suivi scolaires dans 5 écoles localisées dans le district de Jaisalmer.


Une seule d’entre elles, l’école Satyadev, et ses 200 élèves, se trouve en périphérie de la ville de Jaisalmer.  C’est notre toute première école inaugurée au Rajasthan il y a bientôt 15 ans de cela. Les enfants viennent de Majdoor, Shutar, Darji, Sunar, Chappar, Gandhi Colony, Kallu Ki Hatton et Mochi ; ce sont plusieurs quartiers et petits villages proche de la ville.


Les 4 autres écoles sont à proprement parler des écoles du désert, avec tout ce que cela comporte, en matière d’emplacement,  d’accès, de climat et de sécurité.


L’école de Sunbeam avec ses 200 élèves est certes à quelques 3 kilomètres de la ville, mais déjà aux portes du désert. Les agglomérations de Garfoorbattha, Bheel Basti, Sansi Basti et Baat Street, d’où viennent nos élèves, sont en réalité des quartiers pauvres aux allures de bidonvilles arides et ensablés.


L’école de Nanufuji, avec sa centaine d’élèves des villages de Rataria Ki Dhani et de Magre Ki Dhani, se trouve à 55 kilomètres de Jaisalmer, non loin de la région de Kuri, fleuron des camps touristiques qu’investissent les mille et un hôtels et bureaux de Jaisalmer. Assez proches des dunes célèbres du Rajasthan, l’école demeure néanmoins bien loin des préoccupations mercantiles des commerçants de cette contrée contaminée par leur appât du gain. 


L’école de Vidyasagar Vidyalay se situe en plein désert à près de 15 kilomètres de Jaisalmer. Elle accueille une petite centaine  élèves qui vivent dans les villages de Muslim Tola et Beldar Tola. Cet endroit appelé Gala Khi Dani est une région très aride, dénuée de toute végétation et exposée aux vents les plus changeants et capricieux.


L’école d’Uttam Aadarsh est la plus reculée dans le désert du Thar, à près de 70 kilomètre de Jaisalmer. Elle reçoit 150  élèves vivant dans les villages de Meharajot, d’Achala, de Kadra et de New Achala. C’est la plus récente. Organisée à souhait, elle représente pour nous la perle de la pampa, loin des touristes amateurs de dunes, de nuits ensablées et de camps du désert.


La configuration géo-spatiale des villages de ces territoires ne nous facilite pas la tâche, loin s’en faut. Ces localités sont clairsemées et perdues sur un territoire aride, décharné et infertile ; en résumé, sur cette pauvre terre, maigre et desséchée ; moins de 200 habitants au kilomètre carré occupés pour une bonne partie à la quête de l’eau. Ces conditions nous compliquent à l’extrême la mise en route et le bon fonctionnement de notre réseau [système] scolaire.


Si vous ajoutez à cela l’aspect sociologique et historique des choses, vous comprendrez les difficultés que nous avons à densifier nos classes et à remplir l’une de nos missions premières, celle d’encourager et de galvaniser la scolarisation des filles. Même si la tendance semble s’inverser quelque peu ces derniers temps, le rapport du taux d’alphabétisation entre Femmes et Hommes n’est pas loin d’être du simple au double. Nous touchons là à la mentalité de cette population du Rajashtan et au niveau d’inégalité « hommes-femmes ».


Nous considérons que notre mission est de cibler en priorité les conditions de vie des mères de famille ; ce sera le meilleur moyen d’aider ces populations démunies. En privilégiant nos actions en faveur des mères, nous améliorerons de facto les conditions des petites filles laissées pour compte, au premier chef en matière d’éducation.


Nous avons décidé de créer un comité « Action et Qualité » destiné à fixer les objectifs prioritaires de nos actions et à prendre les mesures nécessaires, à commencer par celles d’urgence. Ce comité, récemment installé pour notre branche du Bihar, sera tout prochainement mis en place au désert du Thar.
 

Les première actions concerneront les rencontres avec les parents de nos élèves, cela dans le but d’instaurer un vrai dialogue ; s’en suivront des meetings de sensibilisation sur les thèmes de la santé, de l’eau et de la scolarisation des filles.  


Pas mal de choses ont été faites au cours de ces 10 dernières années. Mais vous aurez compris que le chantier est grand, pour ne pas dire énorme. Avant de renverser le cours des choses, ce sont les mentalités qu’il faut façonner, de sorte à mettre en valeur les actions qui sont les nôtres, l’éducation pour les filles et les garçons, l’eau potable et la santé pour tous, le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes.


Vous voyez le chantier ! Et c’est toujours mieux de voir un sentier au loin que de ne pas voir le bout du tunnel …. !

Amitiés à Toute et à Tous,
Martial pour ECOLE DE LA TERRE

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