Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
JOUR DE DISTRIBUTION DES NOUVEAUX UNIFORMES À L'ÉCOLE DE NABAKISHALAY À SONATIKARI SUR L'ÎLE KULTALI - WEST BENGAL - INDIA - MARS 2024

vendredi 2 janvier 2009




DEAR FRIENDS,


"ECOLES DE LA TERRE" wish YOU "HAPPY NEW YEAR 2009"

Health and Happiness to continue on one's way !


Martial on behalf of Ecoles de la Terre







CHER(E)S AMI(E)S,


"ECOLES DE LA TERRE" Vous souhaite une "HEUREUSE ANNÉE 2009"

Santé et Bonheur pour continuer la route !


Martial au nom d'Ecoles de la Terre




































dimanche 14 décembre 2008

UN CHALEUREUX BONJOUR DE DELHI !

CHERES AMIES, CHERS AMIS,

Nous sommes a Delhi depuis le week-end du 6/7 decembre dernier. Marina Dupuis, la Vice Presidente "d’Ecoles de la Terre – Geneva – Switzerland" est bien arrivee a l’aeroport « Indira Gandhi » dans la nuit du 7/8. Un petit comite était la pour l’accueillir; le soussigne etait accompagne d’Abhishek, le President d’Ecoles de la Terre – India, un fidele parmi les fideles et d’Anouar, un « Driver » de Delhi (chauffeur de profession) que Marina connait depuis belle lurette et qui est devenu un ami tres proche d’Ecoles de la Terre.
Puis, le 9 decembre, Marina est partie avec Abhishek au Rajasthan afin de visiter toutes nos ecoles a Jaisalmer ainsi que dans le desert du Thar. Tout se passe bien la-bas nous a-t-elle confirme par telephone; la derniere ecole de « Garfoorbattha » est aujourd’hui terminee. C’est un joli petit batiment en pierres jaunes du Rajasthan qui abrite les enfants des quartiers tres pauvres se situant en peripherie de la ville touristique de Jaisalmer. Ainsi, en un mois, nous aurons vu toutes nos ecoles, rencontre tous les enfants et les enseignants. C’est tres important pour nous d’observer le plus souvent possible ce qui se passe dans nos ecoles. Avec les responsables indiens nous formons ce que nous appelons un « Team » et avons besoin de travailler ensemble sur le terrain; c’est donc ce que nous avons fait de fevrier a mai, puis de novembre a decembre, pour cette annee 2008. Nous ne tenons pas a tomber dans le travers de l’ignorance des habitudes locales, de meme que dans l’eloignement des cultures; ce sont trop souvent ces travers qui guettent les organisations qui travaillent a l’etranger et les empechent de faire correctement leur travail.
Mais vous vous doutez bien que notre mission n’est pas « que tout rose » ! Les oppositions a notre travail existent un peu partout; jusque la rien de plus normal. Mais il y a sur cette merveilleuse et satanee planete des gens pour qui, offrir un peu de bonheur a ceux qui n’ont rien, « ca fout les boutons » et ca incite au mal et a la destruction.

Si nous sommes fortement et bien implantes, de meme que largement acceptes, au Bihar, a Delhi, au Rajasthan, de meme qu’a Raidigi, dans les iles Sunderbans de l’Ouest Bengale, nous ne pouvons pas en dire autant pour ce qui concerne la ville de Calcutta.

Depuis l’annee 2004, mais particulirement depuis le mois d’avril 2007, un groupe de mafieux bengalis de Calcutta, apres avoir echoue dans leurs tentatives de nous mettre a leurs pieds dans le seul but de nous extorquer de l’argent, nous rend la vie impossible et cherche a nous chasser de la ville et de l’Etat du Bengale.
Le 27 avril 2007, suite a une serie de graves menaces, de chantages et de fausses plaintes, de la part de ces mafieux, le « soussigne de ce blog » a du quitter precipitemment Calcutta avec l’aide de la police et de quelques amis fideles. Certes, ils n’ont pas eu sa peau, mais malheureusement celle de « Sashida », notre responsable de Calcutta, qu’ils ont reussi a mettre en prison, suite a de fausses plaintes orchestrees par des hommes de main et qui s’est recemment suicide, tant les mafieux ont fait de sa vie un enfer. Le soussigne peut le comprendre pour avoir simplement goute a quelques-uns de ces funestes moments. Ces « chiens d’humains » nous ont contraints a nous refugier dans les iles Sunderbans, region certes tribale mais combien moins dangereuse, ou nous avons a ce jour la plupart de nos ecoles et ou la population nous protege.

A Calcutta, ce sont les « corrompus » qui veulent notre peau. Oui, le gouvernement indien lui-meme tente certes d’arreter cette pratique bien trop courante « ici », mais encore sur la planete entiere. Mais tout le monde sait bien que mal est profond et sournois, et les corrompus, vous l’imaginez bien, attaquent toujours dans le dos; bref, le travail est dur et sera long pour eradiquer cette saloperie de corruption qui gangrene tous les secteurs de la societe.

C’est bien la premiere fois que nous publions dans ce blog ce genre d’episodes difficiles que nous vivons ici en Inde; c’est d’abord en mémoire de « Sashida », notre fidele ami de Calcutta, que nous le faisons; mais c’est aussi pour apaiser cette souffrance qui est en nous et qui nous paralyse un peu depuis le depart de « Sashida » !

Mais qu’a cela ne tienne ! Malgre les risques du metier, malgre ces moments temeraires, tragiques et emouvants, nous pouvons dire, haut et fort, que nos succes sont mille fois superieurs a nos echecs. Ce n’est pas ces pratiques malefiques et barbares qui vont nous arreter de scolariser les trop nombreux enfants que nous rencontrons depuis, voici de cela, bientôt 11 annees.
Soutenir a tout prix les enfants de la misere, cela pourrait bien vouloir dire ceci : ne pas se donner a l’enfance desheritee de notre auguste, modeste et minuscule planete, et bien c’est se renier soi-meme !
Les enfants de par le monde, malheureux, desherites, martyrises, assassines par la guerre, la faim et la maladie sont nombreux ? OUI !
Nous n’en soutenons que quelques milliers ? OUI !
Nous ne sommes pas les seuls a aider ce enfants ? OUI !
Le plus gros reste a faire ? OUI !
La vie est a la fois belle et tragique ? OUI !
Nous poursuivons la route ? OUI !
Nous remercions du fond du coeur celles et ceux qui nous soutiennent ? OUI !

Quelques mots pour terminer ! C'est tout le plaisir de vous dire que les images que nous avons ajoutees a ce blog ce sont celles des ecoles des iles Sunderbans (dans la region de Raidigi dans l'Ouest Bengale) et celles des ecoles du district de Gaya (dans la campagne de Bodhgaya dans le Bihar). Elles sont toutes recentes, entre 10 et 15 jours. Marina n’etant pas encore rentree de Jaisalmer, nous publierons celles du Rajasthan dans un prochain blog.

BIEN CHERES, BIEN CHERS, nous vous disons a tout bientôt; nous ne manquerons pas de vous adresser un compte-rendu de notre prochain meeting national des 15 et 16 decembre prochain; nous joindrons a ce moment la les photos des enfants du desert que Marina emmenera avec elle.
Avec notre sincere merci pour votre interet et votre patience.

Martial Salamolard pour « ECOLES DE LA TERRE »

mardi 2 décembre 2008

DEUX SEMAINES INTENSES : DE LEMAN BLEU A LA TERRE DE BOUDDHA

A NEW DELHI ET AU BIDONVILLE DE DICHAON KALAN

Ma premiere semaine en Inde (du 17 au 23 novembre), je l’ai passee a Delhi. Elle fut tout d’abord consacree a la preparation du reportage d’ALINE INHOFER, realisatrice a LEMAN BLEU TELEVISION, Geneve. Ce fut bien evidemment une immense joie que de pouvoir presenter, a l’attention des telespectateurs de Leman Bleu, “notre” petit bidonville de Dichaon Kalan, situe au sud ouest de New Delhi. Et puis, avec Aline, tout fut plus facile !

C’est la que vivent, depuis un peu plus de 2 ans, une communaute musulmane, de la caste de “Mirasi”, qui a quitte son Rajastan natal en 1978, dans l’espoir de trouver travail et meilleure fortune dans la capitale indienne. J’aurais cette tendance de dire “mal lui en prit”, tant ces 30 dernieres annees qui ont suivi leur exil economique furent marquees par une sorte d’incapacite chronique a se trouver un lieu ou se poser, un endroit ou habiter. Ce fut tune longue suite de demenagements, de place en place, au gre et au bon vouloir de politiciens locaux, davantage enclins a lorgner les cartes d’electeurs de cette communaute qu’a leur proposer une solution d’habitat serieuse et permanente.

Aujourd’hui, en fin d’annee 2008, ce sont environ 70 familles, dont 150 enfants, qui s’attendent au cours de ces prochains mois a devoir quitter ce quartier de Dichaon, une promotion immobiliere etant en voie de demarrage a cet endroit.

J’ai rencontre la communaute des “Mirasi”, je vais l’appeler comme cela, en avril dernier. J’en suis tombe, comment vous dire, en affection. L’accueil de ses nombreux enfants du bidonville n’est sans doute pas etranger a ce coup de foudre.

Avec ECOLES DE LA TERRE nous nous engageons a mettre en place une structure educative pour les enfants. Nous sommes conscients qu’elle risque d’etre itinerante, dans un premier temps du moins. En effet, nous sommes decides de suivre le groupe, ou qu’il doive aller des sa prochaine expulsion; pas question donc de construire une quelconque batiment scolaire.

Quelle ne fut pas notre bonne surprise que de rencontrer Hasuda Dev, un voisin du bidonville qui, le jour meme du reportage d’Aline, est venu nous proposer de mettre a notre disposition une petite maison et un bout de terrain. C’est d’ailleurs la qu’Aline Inhofer m’a interviewe. Nous disposerons ainsi de 2 salles de classes (pour les plus grands) et construirons une tente a l’intention des plus petits. Et maintenant, au boulot ! Nous avons prevu d’organiser l’ecole avant mon retour a Geneve, le 20 decembre prochain.

Avec Pinky Karal, la responsible de notre brance “Ecoles de la Terre Welfare Society” a Delhi, ainsi que le soutien d’Abhishek Vyas, de Jaisalmer, et de Nadalal Baidya de Calcutta, nous allons travailler et nous relayer ces 2/3 prochaines semaines afin d’etre prets pour Noel. Cela sera pour nous une facon comme une autre de mettre le petit Jesus dans la Creche. Et puis Saraswati, la deesse hindoue des Arts et de l’Education, ma preferee dans le pantheon hindou, a deja pris place dans mon Coeur, juste a cote du nouveau-ne de Bethleem.

Etant devenue “Ecoles de la Terre Welfare Societ”, c’est-a-dire une ONG nationale, aujourd’hui reconnue par l’Etat central indien, nous comptons mettre a profit ce statut afin de contribuer a trouver une solution de residence permanente pour la communaute des “Mirasi” de Dichaon Kalan.


Pour terminer ce chapitre, je ne saurai oublier de dire, ici en Inde deja, toute ma reconnaissance a LEMAN BLEU TELEVISION, et a ALINE INHOFER en particulier, de nous avoir propose ce reportage sur ECOLES DE LA TERRE a New Delhi. Et je me rejouis deja de le leur rappeler, des mon retour a Geneve.

VISITES A CALCUTTA – AUX ILES SUNDERBANS – AU BIHAR – AVANT DE REMONTER SUR NEW DELHI POUR ACCUEILLIR MARINA DUPUIS QUI ME REJOINDRA LE 7 DECEMBRE PROCHAIN

Mon sejour, le deuxieme ici en Inde pour cette annee 2008, est sans conteste un peu court. Avec Abhishek de Jaisalmer, j’ai du me rendre a Calcutta, puis dans les iles des Sunderbans, durant la semaine du 24 novembre, afin de visiter les ecoles, controler l’ensemble des activites et encourager notre equipe du bengale, quelque peu derangee par une equipe de mafieux de Calcutta, tres irritee par notre refus de ceder a leur avidite criminelle et notre indefectible determination a ne pas vouloir du tout communiquer avec eux. Il est certain que notre travail n’est pas toujours facile.

Les attentats et le siege de Mumbai n’a pas accelere nos deplacements dans l’Ouest Bengale, la police etant, un peu partout en Inde, sur les dents.

Nous voici depuis 2 jours a Bodhgaya, au Bihar, ou nous apprecions le calme de la campagne indienne. Enfin nous pouvons respirer un peu et prendre le temps de rediger et publier ce Blog. Les visites de nos ecoles du Bihar deviennent un veritable regal. Tranquillite, douceur d’automne, joie immense des enfants, sont autant de raisons de souffler un peu, juste avant notre remontee sur New Delhi le vendredi qui vient.

Qui a dit que la vie etait un long fleuve tranquille ! Je ne connais pas ! C’est bien dans l’Etat du Bihar que cet ete dernier, ECOLES DE LA TERRE a participle a l’evacuation des milliers de submerges par une immense inondation de la vallee de la riviere Cosi, tout pres de la frontiere indo-nepalaise. Aux dernieres nouvelles, les habitants de cette zone sinistree ont rejoint leurs villages et beneficie d’un soutien financier du gouvernement pour reparer et/ou reconstruire leurs maisons.

Au chapitre des nouveautes, je vous dirai que j’ai vecu, ce matin 2 decembre 2008, a la prison du district de Gaya. Oui, c’est bien la qu’Ecoles de la Terre assure depuis quelques mois deja, un programme d’enseignement en faveur d’une centaine de prisonniers, tous ages entre 20 et 40 ans. Nous leur offrons des enseignements d’hindi, la langue nationale, d’anglais, de connaissances generales et d’informatique. Ce fut pour moi une experience autant emouvante qu’importante, que de pouvoir passer cette matinee avec ces personnes. Nos contacts avec le gouvernement du Bihar vont grandissant, ce qui nous rejouit dans l’optique du developpement de notre organisation centrale.

D’ici a vendredi soir 5 decembre, nous pourrons visiter les ecoles de Camijuli, dans le village d’Itra, et de Jolibigha, dans le village de Nain Bigha. Plus de 1500 eleves nous attendent, pour ces 2 ecoles seulement.

Notre prochain Blog, je le ferai a New Delhi que je rejoindrai ce samedi. J’y serai sans faute, avec Abhishek Vyas de Jaisalmer, afin d’accueillir MARINA DUPUIS, notre vice-presidente, qui nous rejoint pour la fin de notre sejour, ponctue par notre “Meeting national” les 16 et 17 decembre, le tout dernier de cette annee 2008.

CHERES AMIES, CHERS AMIS, MERCI de tout Coeur pour l’attention que vous portez a ECOLES DE LA TERRE.

Martial Salamolard – presentement a Bodhgaya, la terre du Bouddha

jeudi 6 novembre 2008

QUEL BONHEUR POUR ECOLES DE LA TERRE DE VOUS DIRE CES MOTS !


Oui ! Quel bonheur d'avoir Muskan dans son coeur ! MUSKAN est une petite fille, brûlée vive en avril dernier dans le bidonville de "Dichaon Kalan" à Delhi, en Inde. Elle est morte avant même que nous ayons pu la sauver ! A l'époque nous pensions ouvrir une école à son nom, pour son bidonville de Dichaon Kalan ! Et bien ! Ce sera chose faite avant même la fin de ce mois ! Nous vous réservons la surprise d'un blog afin de vous informer sur cet EVENEMENT !


Et puis nous profiterons de cette occasion pour visiter les écoles d'ECOLES DE LA TERRE, l'organisation indienne, récemment enregistrée comme "ONG NATIONALE INDIENNE" ! En deuxième coup de coeur, et bien nous vous présentons ci-dessous KARANTHI, l'autre petite fille indienne du Rajasthan, que nous avons réussi à sauver le printemps dernier dans son bidonville de Bootha, près de Jaisalmer ! Elle est pas belle la vie ?



Martial pour ECOLES DE LA TERRE - CAROUGE - SWITZERLAND

lundi 12 mai 2008

MERCI A CELLES ET CEUX QUI NOUS ONT SUIVIS

Nous "revoilà" à Genève après ces trois derniers mois de vie dans nos écoles du Rajasthan , du Bihar, de Calcutta et des îles Sunderbans, dans l'Etat du Bihar. Que de questions à écouter, que de réponses à donner ! Que de visites, que de programmes à mettre sur pied, à contrôler !

Nous avons passé en revue tous les articles de ce blog que nous avons publiés durant cette période. Il nous plairait surtout d'en faire un condensé, un résumé, aussi riche que complet. Nous nous y attèlerons ces prochains jours. Nous avons terminé notre périple à New Delhi en y organisant un grand meeting et en rassemblant tous les responsables d'Ecoles de la Terre. Ce fut l'occasion d'apprécier l'enregistrement définitif ,auprès du gouvernement de Delhi, de notre toute nouvelle organisation "Ecoles de la Terre Welfare Society" qui existe aujourd'hui en Inde, à l'échelon national.

Nous retrouvant ainsi tous ensemble, nous avons pu nous rendre à Dichaon Kalan Depot, un bidonville de New Delhi, où nous avons décidé d'ouvrir une petite école en faveur de 150 enfants complètement laissés pour compte dans ce triste et gris faubourg de la capitale indienne. Ce fut encore l'occasion de faire le point et de poser les jalons pour la suite de nos actions et de nos programmes.


Avec quelques unes de nos dernières photos, nous vous disons à tout bientôt et nous vous remercions de tout coeur de nous avoir suivis durant ces milliers de kilomètres, de la baie du Gange de l'Océan indien au désert du Thar du Rajasthan !


Martial Salamolard pour
ECOLES DE LA TERRE

samedi 26 avril 2008

“LE PROJET EAU” UN NOUVEAU PROGRAMME EN MARCHE

Je ne pourrais pas etre mieux situe, en Inde, que je ne le suis en ce moment, pour vous parler de notre nouveau programme sur l’eau. Je suis a Jaisalmer, dans le district du meme nom depuis une semaine et j’apprecie, a sa juste chaleur, l’arrivee triomphante et etouffante de l’ete indien ; je vous parle de l’ete indien en Inde, non en Europe, car la nuance est de taille, disons du simple au double, puisque le thermometre affiche en ce 25 avril 2008 les 45 degres brulants et tappants. Avant de vous parler de notre premiere experience sur le terrain, en ce qui concerne le demarrage du projet, je souhaite faire un clin d’oeil tout particulier a DANIELE ET JACQUES MARTIN, sans qui nous n’en serions pas encore ou nous sommes actuellement dans l’avancement de notre « Programme Eau ». Daniele et Jacques sont les geniteurs de la FONDATION « CEDRIC MARTIN », cree au mois de juin 2000, en souvenir de leur fils CEDRIC, assassine le 9 juin 1996 alors qu’il se trouvait en mission humanitaire en Afrique, precisement au Burundi. Si mon ame s’embellit de l’effort deploye pour cette noble cause, a savoir offrir a des populations particulierement pauvres de l’eau potable de qualite, c’est aussi grace a lui, Cedric, que je salue de mon coeur ! Le but de la Fondation « Cedric Martin » est de venir en aide a des communautes necessitant une urgente amelioration sanitaire, notamment en matiere d’assainissement et de distribution des eaux. Depuis maintenant pres de 8 ans, ils ont ainsi demarre et developpe differents projets, notamment au Nicaragua, en Roumanie, en Inde et meme en Suisse. Je crois savoir qu’ils vont prochainement se rendre en Armenie pour une nouvelle mission. A ce jour, nous avons deja la chance de beneficier de ses conseils et de son soutien.

L’eau c’est la vie ! C’est un peu comme l’air, nous ne nous rendons bien souvent peu compte de leur extreme importance, tant ces elements nous semblent couler de sources que nous pensons, a grand tort, inepuisables, voire inalterables. Et nous savons bien que ce genre de reflexion ne souffre d’aucune exception a travers l’ensemble de notre petite planete verte et bleue ! Il est clair, comme l’eau de nos montagnes, que les problemes lies a l’approvisionnement, la distribution et l’assainissement de l’eau dependent fortement du niveau de developpement des nos societes dans lesquelles nous nous trouvons. C’est donc bien sur ce point que je veux insister dans le present « blog ».
Je vous parlerai des difficultes, en ce domaine, recontrees dans les diverses regions ou « Ecoles de la Terre » travaille. Selon les regions de l’Inde ou nous nous situons, les problemes se posent souvent de maniere bien differente, compte tenu des elements geo-physique, climatique, geographique, voire geo-politique qui les caracterisent. L’eau s’infiltre, passez-moi l’expression, dans un contexte de developpement a l’echelle du systeme de vie dont chaque element est interdependant de tous les autres, et vice-versa. J’evoque ici ce postulat en l’illustrant de notre experience dans les districts indiens ou nous sommes. Faisons donc un petit voyage a travers une partie de l’Inde. Nous nous deplacerons du Sud au Nord et d’Est en Ouest ; soit des iles Sunderban dans la baie du Gange au district de Jaisalmer dans l’Etat du Rajastan, non sans nous arreter, a Calcutta et dans l’Etat du Bihar.

DANS LES ILES SUNDERBANS, le probleme majeur est lie au degre de salinisation des eaux. Par ailleurs, il s’agit bien d’iles entourees d’eau de mer, l’ocean indien venant embrasser de toutes ses forces les bouches du Gange qui etreignent les iles Sunderbans ; celles-ci s’etendent tout au long d’une grande baie, de l’Ouest Bengale jusqu’au Bengladesh. Au surplus, d’autres phenomenes naturels font que nombre de nappes d’eau contiennent des substances nocives ; en effet, depuis quelques années, une difficulté supplémentaire est apparue: les nappes phréatiques sont contaminées par une pollution à l’arsenic. Le problème est gigantesque et similaire à celui, plus médiatisé, du Bangladesh voisin. Ses conséquences sanitaires peuvent devenir catastrophiques. Je peux bien affirmer ici que les habitants des Sunderbans n’ont pas de chance: l’eau du Gange qui les entoure de toutes parts est trop salée pour être bue et l’eau de pluie collectée par les bassins est adaptée à l’agriculture mais n’est pas non plus potable.Sur un territoire tel que celui-la, les difficultes rencontrees sont liees autant a l’approvisionnement qu’au degre de qualite de l’eau. Et c’est cependant vers la solution de la collecte des eaux de pluie que certains organismes semblent a l’heure actuelle se tourner ; et a mon humble avis, a juste titre.. D’ailleurs, dans les Sunderbans, les habitants ont l’habitude depuis longtemps de creuser des petits trous dans la terre, mais jamais de manière systématique et seulement pour subvenir à leurs besoins domestiques. Il faudrait donc developper ce principe d’approvisionnement et la systematiser ensuite aussi bien pour les besoins domestiques que pour les travaux des champs et de la ferme. Durant les 3 mois de mousson il serait possible de remplir de grands bassins construits a cet effet et d’assurer ainsi davantage qu’une seule recolte annuelle, insuffisante pour subvenir aux besoins de la population durant toute une annee. Certaines organisations, je crois, ont deja planche sur ce sujet. En realite, le principe est plutot simple. Nous collecterions et stockerions l’eau douce de la mousson et nous l’utiliserions ensuite pour l’irrigation et l’usage domestique le reste de l’année. Dans cette région où l’eau salée est partout, l’application systématique de cette idée peut s’averer etre la meilleure solutions pour les habitants des Sunderbans.

DANS LA MEGAPOLE DE CALCUTTA, la situation est bien entendu fort differente. Le reseau de distribution du service gouvernemental des eaux existe bel et bien, cela meme s’il ne quadrille pas l’ensemble des quartiers et n’est pas toujours fiable du point de vue des canalisations. Et vous pensez bien, que dans les quartiers miserables, les bidonvilles pour ne pas les nommer, ou nous travaillons, les problemes lies a l’eau sont encore plus cruciaux. L’approvisionnement, provenant des grandes bouches (de stockage) gouvernementales, n’est d’une part pas assure convenablement et d’autre part, ne represente pas un gage de fiabilite quant a la qualite de son eau.
S’il me fallait tracer un portrait « rustique » de la vie dans un bidonville, vue sous l’aspect de l’eau, je pourrais vous dire ceci : L’eau provient des rivières que la municipalite purifie et stocke ensuite. Les points d’eau du bidonville se distinguent soit par un trou rectangulaire, d’environ 50 cm sur 70 cm, creusé dans le trottoir et muni d’un robinet, soit par une pompe a eau. Chaque point d’eau est utilisé par de nombreuses familles (pres d’une trentaine, ce qui représente 2 a 300 personnes). Les gens n’ont d’autre solution que de faire la queue plusieurs fois par jour afin d’obtenir de l’eau. Pour en avoir suffisamment pour toute leur famille, ils doivent faire plusieurs allers et retours avec des sceaux très lourds ; et ce sont tres souvent les enfants qui sont charges de cette corvee. Les périodes de distribution de l’eau sont souvent réglementées (3 a 4 fois par jour). A ces problèmes de distribution s’ajoute bien evidemment celui de la qualité. L’eau est est le plus souvent souillée car les conduites sont très anciennes et mal entretenues. Sans vouloir traiter ce sujet de maniere approfondie, nous devons bien admettre que cette eau impropre est à l'origine de nombreux problèmes de santé. C’est d’ailleurs la principale raison qui a motive « Ecoles de la Terre » a demarrer cet important projet. Par manque d’argent et de place, les gens n’ont pas de salle de bain; hommes et femmes se lavent au point d’eau le plus proche de chez eux. Il se retrouvent tout simplement sur le trottoir. Ils se lavent une fois par jour, mais vu le manque d’intimité, il leur est impossible de se déshabiller. Enfin, pour des raisons financières, ils ne peuvent utiliser du savon chaque jour. La lessive se fait par terre, où les déchets se mélangent à la poussière et à la pollution. De ce fait, la saleté du corps et des vêtements ne peut jamais être totalement éliminée. Les toilettes du bidonville consistent en un trou dans la terre, utilisé par plusieurs familles. Chaque matin les gens font donc la queue pour faire leur besoin, sauf les enfants qui eux, reglent tres souvent ce probleme ou qu’ils se trouvent. Il n’y a bien entendu pas suffisamment d’eau pour assurer une bonne hygiene des toilettes. Toute l’infrastructure sanitaire devient ainsi un terrain fertile au développement et a la transmission de nombreuses maladies, toutes infectieuses.

LA SITUATION AU BIHAR va nous paraitre paradoxale. Dans cet Etat de l’Inde, nous ne pouvons introduire un quelconque chapitre sans parler de la situation politique et sociale de cette region, consideree par d’aucuns comme la plus arrieree, la plus pauvre et la plus corrompue du subcontinent indien. On nous dit souvent que le Bihar n’a rien d’autre a offrir que son histoire. Corrompu et criminalise, le developpement a beaucoup de peine a prendre le pas sur la guerre des castes et des politiques qui n’ont d’autres interets que le pouvoir et l’argent. Cette region tres peuplee, a vocation essentiellement agricole (plus des deux tiers de la population active), est pourtant mieux desservie en eau que ne le sont les 3 autres regions ou nous avons des ecoles (Les Sunderbans, Calcutta et le Rajasthan).
Traverse d’ouest en est par le Gange, le Bihar possede une plaine alluviale plutot fertile. Certains grands barrages ont ete edifies depuis l’independance et on necessite des deplacements massifs de population. L’Etat demeure pauvre et les caste les plus basses, principalement les « dalits – les sans terre et les intouchables », souffrent particulierement de ce triste etat de fait. D’un point de vue domestique, l’infrastructure en matiere d’approvisionnement en eau n’a encore jamais presente un reel interet pour les autorites en place, davantage preoccupees par leurs luttes fratricides pour le pouvoir que par les conditions de vie de ses « sujets », passez-moi l’expression. Ecoles de la Terre travaille essentiellement dans les zones rurales ; la, nous observons effectivement le caractere feodal de tout ce qui concerne la distribution en eau. Certes, des ONG, comme Ecoles de la Terre d’ailleurs, forent chaque annee des centaines de puits dans la multitude de villages des districts du Bihar, mais ces actions demeurent desordonnees et n’entrent pas dans un veritable plan de developpement hydrologique. Ainsi, pour ce qui concerne les zones rurales ou nous nous trouvons, la seule issue pour l’instant est d’atteindre les nappes d’eau et de se procurer l’or transparent de maniere artisanale. Et le Bihar n’est pas a l’abri des phenomes de pollutions des nappes phreatiques rencontrees dans de nombreuses regions de l’Inde. Recemment de nombreux cas d’empoisonnement a l’arsenic ont ete signale dans cet Etat. Des equipes de chercheurs ont travaille a l’echantillonage de puits de villages. Il s’est avere que la moitie de ces puits contenait cinq fois la limite tolerable d’arsenic. Le Delta du Gange pourrait bien representer la partie visible de l’iceberg de la pollution de l’eau en Inde, mais encore dans toute l’Asie du Sud Est.

L’ETAT DU RAJASTHAN est bien connu pour son desert du Thar et les questions relatives a l’eau revetent un caractere des plus particuliers. Le barrage de Pong (situe dans l’Etat de l’Himachal Pradesh) joue un rôle essentiel dans l'irrigation du Rajasthan. Un canal, appele aujourd’hui « Indira Gandhi », assure le passage de l’eau du Penjab au Rajasthan sur une distance de pres de 700 kilometres dont environ 500 se trouvent etre au Rajasthan. La mise en valeur du Rajasthan, Etat semi-désertique, nécessitait la construction d’un tel canal afin d’approvisionner en eau nombre de districts desseches. Commencé en 1958, il n'a été achevé, pour l'essentiel, qu'en 1987, avec beaucoup de retard. Même si la qualité technique des réalisations laisse parfois à désirer, en partie à cause de la corruption, le canal n'en constitue pas moins une œuvre remarquable qui amène l'eau de l'Himalaya jusqu'au désert. Déjà des champs florissants apparaissent à l'emplacement d’anciennes dunes. En fait, les canaux de dérivation secondaires, sans lesquels l'irrigation ne peut pas être vraiment profitable pour l'ensemble de la zone, n'ont pas tous été terminés. Il faudra sans doute attendre encore quelques annees avant l'achèvement total des travaux. Les modifications apportées au projet, par exemple la décision de faire un revêtement de brique et non pas de terre, ce qui diminue les pertes par infiltration, ont engendré un surcoût. D’autre part, le gouvernement a construit des pipe-lines destines a approvisionner certaines regions difficiles d’acces. Au surplus des raccordements de pipe-lines prives se sont ajoutes aux gouvernementaux.
Vous comprendrez mieux l’inextricable puzzle qu’il s’agit de mettre en place au Rajasthan en ce qui concerne la distribution de l’eau. Les canaux et les pipes-lines n’acheminent l’eau qu’a certains points bien precis. Il s’agit ensuite, pour les villages les plus recules, de prevoir un autre type d’acheminement. Ainsi, l’eau est-elle distribuee par dos d’anes ou de chameaux, ainsi que par camions, dans nombre de villages de cet Etat. C’est d’ailleurs le cas pour deux de nos ecoles ou nous avons construit deux « tanks a eau » afin de la conserver pour l’usage courant. Si une ville comme Jaisalmer peut se targuer d’avoir une distribution d’eau dans la plupart des maisons, cela n’est pas le cas du tout dans la multitude de villages de son district. Comme dans toutes les autres situations depeintes dans ce modeste rapport, demeure bien evidemment reservee la grande question relative a la qualite. Cette question annonce la conclusion a ce present blog qui ne fait qu’un bref tour d’horizon de tous les problemes que nous pouvons rencontrer en la matiere.

EN CONCLUSION, je vous dirai que la tache est aussi grande qu’ardue et compliquee. Nous n’en sommes qu’a nos debuts. Durant ce sejour nous auront procede a une premiere collecte d’echantillonnages d’eau dans tous les points ou Ecoles de la Terre travaille en ce moment.
Grace a l’intervention de la Fondation « Cedric Martin », nous avons la chance de pouvoir remettre ces echantillons a l’analyse du departement des Sciences de la Terre – de la Faculte des Sciences de l’Universite de Geneve – afin d’avoir une premiere vue sur l’etat de qualite des diverses sources que nous aurons ainsi testees. Nous profitons de remercier le Professeur WILDI et son equipe des Sciences de la Terre de nous avoir si gentiment propose de proceder a cette premiere analyse. J’amenerai personnellement a Geneve les derniers echantillons preleves en ville de Calcutta et dans les iles Sunderbans, les premiers, concernant le Bihar et le Rajasthan, ayant deja ete remis par Marina Dupuis au mois de mars dernier.

Je vous remercie infiniment de suivre les projets d’Ecoles de la Terre.





Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE