Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

dimanche 17 février 2013

LES ÎLES SUNDERBANS OU LE CALICE DU GANGE SACRÉ


CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,



LE GANGE ET LA DÉESSE « GANGA »


Festival de verdure, îles et presqu’îles en accordéon, manifestation de faune et de flore sauvages, terres de mangrove qui câlinent et enlacent des côtes interminables, les îles « Sunderbans » nous accueillent, Marie-Elisabeth et moi-même, dans un ample et tortueux espace indompté que l’homme a domestiqué, juste ce qu’il faut, laissant  encore à la nature le droit d’exister par elle-même. Et sur cette terre encore vierge dans beaucoup d’endroits, les bras multiples d’une immense rivière à notoriété divine, appelée « Gangâ », le Gange, caresse les côtes de ce terroir à peine apprivoisé.

 
Le parcours du Gange, la rivière sacrée de l’Inde, est gigantesque. De sa source dans l’Himalaya, aux portes du Tibet, ce fleuve aux histoires mythiques et aux mille légendes parcourt plus de 2'500 kilomètres avant de se jeter dans l’océan indien. Le Gange sacré est l’incarnation de la déesse « Gangâ ». Les hindous n’utilisent pas le terme de fleuve mais « Gangâ Mataji », la « Mère Gange » ou de nombreux autres noms à caractère sacré, eux aussi. Le Gange traverse les grandes plaines de l’Inde du nord, de l’Uttaranchal, de l’Uttar Pradesh et du Bihar, avant de se scinder pour son ultime étape en de multiples bras au Bengladesh, pays voisin de l’Inde, et dans l’Etat fédéré du Bengale occidental.


C’est de cette ultime étape dont je veux vous ajouter quelques mots. Après le Bihar, le Gange traverse le Bengale occidental pour former le plus grand delta du monde. Et c’est à cheval sur l’Inde et l’Etat du Bengladesh qu’il s’offre à la mer, l’océan indien. Pour être plus complet, je me dois d’ajouter que ce delta est encore le résultat de la rencontre entre le Gange et le Brahmapoutre, cet autre fleuve venu de l’est qui rejoint « Mère Gangâ » dans la région de Dhaka, la capitale du Bengladesh.


« GeoVoyage », dans son édition magazine de novembre-décembre 2012, d'où nous avons retirés maintes informations, nous dit que ces "deux fleuves déversent chaque année dans le delta 2,9 milliards de tonnes de sédiments, l’équivalent de 400 millions de camions". C’est de ces amas d’alluvions que ce sont formées les îles des Sunderbans. En amont du delta du Gange et dans ses extrêmités, vous avez Calcutta, dans sa partie ouest, et Dhaka, dans sa partie est, ces deux grandes métropoles qui se situent à une centaine de kilomètres des grands bras du delta.


Dans un concert de chiffres énormes et d’histoires insolites nous évoluons en Inde avec Ecoles de la Terre, dans plusieurs régions dont celle de l’embouchure du Gange. Aujourd’hui j’ai eu envie de vous offrir cette part de mysticisme au voyage, comme tous les voyages que je vous invite à partager avec nous. Sans doute, est-ce parce que je reviens de cette exceptionnelle région, après un séjour d’une dizaine de jours, avec Marie-Elisabeth. En effet, nous étions tout récemment dans notre bureau de Raidighi, petite ville à l’ambiance villageoise, à l’architecture d’un autre siècle, une sorte de plate-forme adossée à l’un des bras de mer du Gange.


ECOLES DE LA TERRE AUX SUNDERBANS




Pour notre première visite 2013, nous y retournerons à la fin de ce mois de février, nous nous sommes rendus dans 3 de nos écoles des îles Sunderbans ; à l’école de « Srifaltala », à celle de « Purba Jatta » et celle de « Sonatikari ». Nous visiterons notre école de « Ramar Patshala », sur l’île lointaine de Gaga Sagar, lors de notre prochain séjour à fin février ou début mars 2013 ; nous y rendre nécessite un long déplacement de plusieurs heures,  en jeep et en ferry,  mais sa durée dépend surtout du niveau de la marée du bras du Gange qui nous sépare de l'île.


Notre bonheur de revoir les enfants et les enseignants est encore et toujours émouvant ; tous ces mois d’absence nous apportent leur lot de bonnes surprises. Progrès, assiduité, intérêt, discipline et ambiance agréable sont autant de traits distinctifs qui caractérisent nos classes et nos élèves des Sunderbans. Comme c’est le cas pour l’ensemble des écoles de nos branches indiennes, les professeurs font preuve d’assiduité et de disponibilité à toute épreuve ; rares sont ceux qui nous quittent pour une quelconque raison; le taux d’ancienneté de notre corps enseignant est ainsi au plus haut.


L’école de Srifaltala, dans le petit village de la même appellation proche de Raidighi, la petite ville aux allures rurales, compte 350 élèves et 9 enseignants. Celle de Purba Jatta, du nom de l’île qu’elle habite, accueille 270 élèves et 8 enseignants ; enfin, l’école de Sonatikari, sise sur l’île de Kultali, accessible seulement par bâteau, reçoit 255 élèves et est régentée par 8 enseignants. L’ensemble de nos écoles de l’Ouest Bengale, avec celles de Ganga Sagar et de Calcutta dont nous vous parlerons prochainement, compte plus de 1300 élèves.


Chacune de ces trois écoles comporte deux échelons, deux stades d’enseignement. Le premier échelon, que j’appellerai ici « les premiers degrés d’enseignement permanent » est intégralement administré par Ecoles de la Terre du point du vue de ses programmes. Cet échelon concerne les 3 niveaux d’enseignement maternel ainsi que les 4 premiers degrés d’enseignement primaire. Les élèves sont entièrement sous notre responsabilité et suivent nos propres programmes scolaires qui les préparent à passer à l'échelon suivant.


Le second stade - échelon - est celui du suivi scolaire, communément appelé ici le « follow up programme ». Une structure d’encadrement a été mise en place en faveur des élèves des degrés supérieurs – les classes de degré 5 à degré 10 – qui fréquent les écoles gouvernementales de la région. Chaque jour ces élèves se retrouve dans nos écoles afin d’assurer leurs travaux scolaires quotidiens et bénéficier de nos cours de rattrapage et de mise à niveau. Cette structure permet ainsi aux élèves ne bénéficiant pas de conditions convenables chez eux, de poursuivre leurs études en travaillant assidument avec le concours de professeurs compétents mis à disposition par Ecoles de la Terre.


Chères Amies, cher Amis, j’espère vous avoir diffusé quelques flagrances à l’arôme parfumé des îles Sunderbans, toutes baignées dans les eaux sinueuses de la « Mère Gangâ ». Et c’est encore avec allégresse et enthousiasme que je vous ai parlé une fois de plus de nos élèves, de nos écoles de cette région du Sud des Sunderbans, si belle et si pauvre à la fois ! Veuillez croire à l’expression de mon amitié douce et insulaire.

Martial Salamolard
Pour ECOLES DE LA TERRE

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