Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

dimanche 10 avril 2016

ECOLES DE LA TERRE AU DÉSERT DU THAR, AU RAJASTHAN, OÙ RUDESSE, BEAUTÉ, CULTURE ET PAUVRETÉ FONT MÉNAGE COMMUN ! QUOI DE PLUS NATUREL EN SOMME !




Après plus de 10 années de présence dans le désert du Thar, je me dis, qu’avons-nous fait, où en est-on ? Je me plais à rappeler ici que nous étions partis là-bas au cours de l’été 2005 sous l’initiative de Marina Dupuis, une suissesse de Nyon, habituée de la région et à ce moment-là déjà, membre de l’association Ecoles de la Terre.


Je me pose cette question tout au long de ce séjour 2016 où j’aurai passé la quasi-totalité du mois de mars entre Jaisalmer, Garfoorbattha, Rataria, Gala, Beldar, Meharajot, autant de villages parmi bien d’autres où Ecoles de la Terre gère ses écoles au profit des enfants les plus pauvres de ces régions éloignées des grands centres.


Au chapitre des bonnes réponses je peux dire qu’au Rajasthan, comme dans nos autres branches du Bengale et du Bihar, nombre d’anciens élèves sont devenus aujourd’hui nos enseignants. Abhishek, le responsable pour le Rajasthan et également président de l’ONG, s’est fait un réel plaisir, au cours de ce dernier séjour, de me le rappeler.


Nous commencions dès l’année 2005 par l’ouverture de nos deux premières écoles, l’une, Satyadev Vidya Mandir School, dans un quartier pauvre périphérique de la ville de Jaisalmer ; l’autre du nom de Nanufuji School, dans le village de Rataria Ki Dhani, à plus de 50 kilomètres dans le plein désert du Thar. En 2006 nous inaugurions l’école de désert de Vidya Sagar School dans la zone de villages de Gala Ki Dhani à 15 kilomètres de Jaisalmer. En 2007, nous découvrions les agglomérations de Garfoorbattha et de Billbasti, proche de Jaisalmer. Nous décidions d'’ouvrir notre quatrième école ; elle s’appelle Sunbeam School. Nous poursuivions ensuite notre marche dans les terres arides du Thar et découvrions en 2011 le village de Meharajot à 70 kilomètres de Jaisalmer ; nous y avons construit Uttam Aadarsh School, notre cinquième école. Nous souhaiterons bien sûr ouvrir de nouvelles écoles ; mais le manque de moyens financiers ne nous le permet pas pour l’instant. Par contre, le projet d’ouverture de notre premier centre d’apprentissage pour jeunes filles et jeunes femmes de la région de Jaisalmer est devenu réalité. Il sera concrètement réalisé cette année 2016 près de notre école de Satyadev Vidya Mandir. Je vous en parlerai plus tard.


La plupart d’entre nous connaît le désert pour y avoir séjourné tout au plus quelques jours en qualité de touriste consommateur de safari ou alors comme participant à un stage de méditation. Y passer sa vie au quotidien c’est autre chose. Ecoles de la Terre vous emmène dans ces coins inédits de l’Inde rurale, profonde et traditionnelle, où le touriste ne va jamais. En effet, c’est bien là que nous nous trouvons depuis plus de 10 années.


Je me suis retrouvé brûlant, absolument sec, souvent couvert de sable ; je me suis promené dans un espace dépourvu de végétation, inhospitalier et dans une première apparence, hostile à la moindre forme de vie. Au tout début je me représentais le désert comme un lieu exposé en permanence à un soleil de plomb et accablant, d'une luminosité aveuglante et éblouissante, parfois balayé par des vents desséchants et violents. Certes c’est bien ce que je vis lorsque je le parcours et je l’habite ; mais cette idée du désert demeure incomplète et erronée. Car le désert grouille de vie, mais celle-ci ne se voit pas. Nombre d’espèces animales y sont présentes, la faune s’étant adaptée à ces contraintes climatiques. L’homme s’est concentré près des points d’eau afin d’y travailler une agriculture de circonstance. La vie est bien là et nous nous en rendons bien compte dans l'exercice de notre mission.


L’école de Satyadev comprend deux sections biens distinctes. La première, dite école de jour ou permanente, accueille 160 éléves [87 filles et 73 garçons]. La deuxième, appelée section de soutien scolaire en faveur d’enfants nécessiteux inscrits à l’école publique, reçoit 100 élèves [62 filles et 38 garçons]. C’est à l’école de Satyadev qu’Ecoles de la Terre tient ses bureaux en annexe du bâtiment scolaire.


L’école de désert de Nanufuji est bien plus petite. Elle accueille 64 élèves [24 filles et 40 garçons]. Ces chiffres illustrent bien toute la difficulté que nous avons à convaincre les familles de ces lieux retirés à nous envoyer leurs filles. Nous espérons que pour la nouvelle année scolaire qui s’annonce, le déficit des filles s’atténuera. C’est en tout cas dans ce sens que nous travaillons lors de nos rencontres avec les familles des villages. Le respect des droits à l’éducation des filles demeure notre plus gros « challenge » dans nos programmes du désert.


L’école de désert de Vidya Sagar a un effectif total de 81 élèves [29 filles et 52 garçons]. La répartition par sexe est du même ordre que celle de l’école de Nanufuji. Rappelons ici qu’il s’agit des chiffres concernant l’année scolaire qui vient de se terminer [31 mars 2016]. Nous savons tous que parmi les principaux facteurs qui écartent les filles du cursus scolaire figurent la pauvreté et la persistance des préjugés socio-culturels, particulièrement forts dans cette région désertique.


L’école de Sunbeam accueille 126 élèves [59 filles et 67 garçons, soit une recherche d’équilibre en net progrès en comparaison des précédentes années]. Notre insistance auprès des parents lors de nos réunions répétées de ces dernières années sur la nécessité d’inscrire leurs filles, a commencé a porté ses fruits. Avec l’école d’Uttam Aadarsh dont nous parlons ci-dessous, Sunbeam demeure pour nous en exemple de travail et de détermination.


L’école de désert d’Uttam Aadarsh reçoit 116 élèves [54 filles et 62 garçons]. Notre petite dernière du désert du Thar nous apporte bien des satisfactions. Est-ce notre expérience dans les autres écoles qui nous a permis de faire passer le message auprès des familles sur le chemin de l’égalité d’accès à l’éducation ; peut-être ! Toujours est-il que nous prenons cette expérience en exemple et tâchons de l’appliquer au quotidien.


Je relèverai cependant un résultat encourageant et prometteur, toujours en ce qui concerne la répartition « filles et garçons ». Considérant l’ensemble des effectifs de nos écoles, les filles sont représentées à 48.7 %, les garçons à 51.3%. C’est dans le désert profond que beaucoup de travail reste à réaliser !


Chères Amies, Chers Amis, c’était un tour d’horizon de nos écoles du Rajasthan. Nous vous remercions de votre intérêt et vous souhaitons le meilleur, un beau printemps à l'abri de la bise noire. Amitiés !

Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE

Aucun commentaire: