Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !

Ecoles de la Terre un jour - Ecoles de la Terre toujours !
AIDE ALIMENTAIRE ORGANISÉE PAR ECOLES DE LA TERRE POUR LES FAMILLES DANS LE BESOIN, ÎLES DES SUNDARBANS, OUEST BENGALE, INDIA, JUIN 2020

vendredi 18 mars 2011

UN BOUT DU MONDE VU DEPUIS LE BIHAR ET UNE VISITE AUX ECOLES “DE LA TERRE”



CHERES AMIES, CHERS AMIS,

Tout d'abord je vous prie de m'excuser pour l'absence d'accent dans certains de mes blogs. Parfois, je ne dispose que d'un clavier anglais; parfois je peux me relier a internet avec un petit ordinateur a touches francaises. Je dois helas observer, qu'a la vue des textes, le confort de lecture est bien different selon l'utilisation du fameux clavier !



Aujourd’hui vendredi 18 mars 2010, je lis dans la presse helvetique et europeenne, via internet, que le dernier bilan du seisme et du tsunami qui ont frappe le nord-est du Japon le 11 mars dernier s’est etabli à plus de 16’600 morts et disparus, selon la police japonaise. 6405 deces ont ete confirmes tandis que le nombre de disparus se chiffrerait a 10’259, a egalement precise la police nationale. Ce sont de chiffres de catastrophe qui, malheureusement, se verifient toujours a la hausse !



Ici, je suis un peu perdu dans la campagne du Bihar, mais je partage a mon rythme les informations, dont certaines me parviennent de Suisse par e-mail ou par sms. J’essaie d’en parler avec les habitants de la campagne du Bihar qui restent bien eloignes des informations du monde "dit moderne". Tenez, pour la majorite d’entre eux, ils n’etaient pas au courant des recentes inondations en Australie.



J’ai eu aussi cette belle occasion d'informer nombre de gens du Bihar au sujet du mail d’Adrien, de Geneve, qui m’invitait tout recemment a faire passer, au moyen d’internet, l’invitation a une soiree de priere et de compassion, pour les victimes du Japon; la soiree etait pour hier jeudi 17 mars. Je n’ai malheureusement pas pu etre tres efficace de ce point de vue, l’internet et l’electricite ayant trop tendance a fuguer depuis quelques jours. Ici au Bihar, croyez-moi, les reserves de bougies demeurent une preoccupation quotidienne. A l'heure "energetique" qu'il est, sur la terre, cette question m'interroge !



J’apprends aussi, dans cette meme presse, que Pierre Lehmann, physicien nucleaire du canton de Vaud, qui a consacre la plus grande partie de sa vie a developper la filiere nucleaire en Suisse, considerait maintenant qu’il fallait sans plus attendre sortir de cette orniere catastrophique, ou le concept de produire toujours plus d’energie pour se developper represente un des plus grands dangers pour l’humanite.



Bizzarre ! Oui je vous dis qu’il m'est bizarre d’apprendre tant de chose en ces lieux ou j’ai parfois le sentiment de me retrouver a des annees-lumieres de nos concepts de developpement moderne. Et alors que dire de cette guerre que deux presidents fantomes se font en Cote d’Ivoire ? que dire de la derniere resolution de l’ONU visant a intervenir en Lybie ? Et tant d'autres choses encore !



Dans le monde ou je suis maintenant, ou la charrue fonctionne avec les boeufs, ou le mot “confort” se lit encore a la bougie, je ne trouve pas les mots pour exprimer mon emotion face a tous ces dangers; ces catastrophes et ces guerres qui empoisonnent la planete, au propre comme au figure. Dans ce monde, ou a vitesse n'a de cesse "de vouloir arriver avant meme d'etre parti".



Mais ce qui me parait le plus interesssant, maintenant, est que je vous propose d'entamer les visites de nos ecoles du Bihar. Toutes les photos inserees, des le debut de ce blog deja, vous donnent un petit apercu de l’ambiance de ces lieux dont j’essaie ci-dessous d’ajouter informations et anecdotes.



Je vous emmene aujourd'hui dans deux de nos ecoles de villages, nos deux etablissements les plus importants, en nombre d'eleves qui les frequentent et en quantite de villages concernes par nos programmes educatifs. Il s'agit de l'ecole de Camijuli et celle de Jolibigha.



Tout d'abord "Camijuli School", comme on l'aime a l'appeler ici. Pour celles et ceux qui suivent Ecoles de la Terre depuis longtemps, le mot "Camijuli" doit leur etre familier. Il s'agit de notre premiere ecole construite ici au Bihar, dans le district de Gaya, sur la commune d'Itra, en fin d'annee 2000.



Elle fut inauguree le 31 janvier 2002 et depuis lors, nombre de volontaires et de visiteurs ont eu l'occasion de s'y rendre, de rencontrer les nombreux eleves, d'apprecier la tranquillite de la campagne biharie, de s'immerger un peu dans cette typique region indienne, ou les habitants, les buffles, les poules et les cochons se partagent au quotidien les ruelles naturellement poussiereuses, mais tellement attachantes, de leur village.



L'ecole de Camijuli est souvent citee en exemple, non qu'elle soit la premiere nee au Bihar, mais parce que l'organisation de l'enseignement y est particulierement bien rodee et que son histoire laisse deja des empreintes solides qui nous font sentir que l'education a fait un bon bout de chemin dans la region. Je le percois tres bien lors de chacune de mes visites a Itra.



A Camijuli, les 13 niveaux de l'ecole obligatoire sont pleinement assures; soit des maternelles 1, 2 et 3, jusqu'au niveau de la classe 10 - pour bien plus de 800 eleves. Pour etre complet, je dois vous informer qu'une premiere volee de 15 eleves termine en ce moment meme la premiere annee de college du district, sous l'egide d'Ecoles de la Terre. Une deuxieme volee d'environ 25 eleves leur emboitera le pas des le mois d'avril prochain.



Je ne manquerai pas de vous dire egalement que notre dispensaire, qui se trouve dans le meme immeuble que l'ecole, fait le bonheur de tous les habitants de la region. J'ai deja eu l'occasion de donner quelques informations sur l'etendue de son activite. Je rappellerai qu’environ 25'000 traitements y sont assures au cours d'une annee.



Si Camijuli se trouve a une quinzaine de kilometres de la petite ville de Bodhgaya, soit a 30kilometres de la ville de Gaya, il faut aller bien plus loin dans la campagne pour atteindre le village de Nain Bigha, ou se trouve notre ecole de Jolibigha. Ce village se trouve a 40 kilometres de Bodhgaya, 55 kilometres de Gaya, la plus grande ville et la capitale du district.



"Jolibigha School" a ete inauguree au mois d'avril 2004. Nombre d'amis et de volontaires d'Ecoles de la Terre de Geneve etaient presents a cette manifestation haute en couleurs. Je ne les nommerai pas ici, de peur d'en oublier.



Cette ecole a mis un peu de temps pour prendre son envol. Son eloignement en est la raison principale; mais a force d'envie, de perseverance et de discipline, elle est devenue aujourd'hui un etablissement d'Ecoles de la Terre qui fonctionne fort bien.



Plus de 650 eleves la frequentent et ses locaux seront tout prochainement agrandis. Jolibigha est l'exemple typique de l'ecole rurale. Les conditions de vie sont plutot austeres a Nain Bigha et dans les villages environnants. Les habitants sont assez reticents, parfois un peu sauvages, lors des premiers contacts. C’est la raison pour laquelle nous organisons, plus souvent qu’ailleurs, des reunions de parents afin de les sensibiliser sur l’importance de l’ecole en general et de l’acquisition des connaissances en particulier.



L’enseignement y est assure jusqu’au stade de la classe 8 et nous esperons pouvoir atteindre le meme niveau qu’a Camijuli, ecole dont je vous parlais plus haut. Ce resultat pourra etre obtenu par nos efforts de persuasion lors de nos rencontres avec les parents. Essentiellement agricol et tres eloignee des centres d’activites pedagogiques, la population de ces villages est moins ouverte a la discussion. C'est tout pres de l'ecole de Jolibigha que nous avons mis en place notre premiere ferme pedagogique au Bihar, la "Rita Pedagogical Farm".



Avec les eleves, grace a leur immense curiosite et leur envie d’entrer dans le cercle de l’education, nous comptons bien, au fil du temps, atteindre l’objectif qui consiste a leur offrir la possibilit d’aller au bout de leur besoin d’apprendre.



Cheres Amies, Chers Amis, je vous emmenerai demain dans d’autres ecoles, bien sur. Je vous souhaite le meilleur en cette veille de printemps qui a deja montre son nez sur le vieux continent. Avec mes pensees les plus cordiales.



Martial Salamolard



Pour ECOLES DE LA TERRE

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